Mois  octobre 2006

extrait du Livre de Monelle de Marcel Schwob

[…]Et Monelle dit encore : je te parlerai de la formation. Le désir même du nouveau n’est que l’appétence de l’âme qui souhaite se former. Et les âmes rejettent les formes anciennes ainsi que les serpents leurs anciennes peaux. Et les patients collecteurs d’anciennes peaux de serpent attristent les jeunes serpents parce qu’ils ont un pouvoir magique sur eux. Car celui qui possède les anciennes peaux de serpent empêche les jeunes serpents de se transformer. Voilà pourquoi les serpents dépouillent leur corps dans le conduit vert d’un fourré profond ; et une fois l’an les jeunes se réunissent en cercle…

La bleue s’inonde

La marque était faite mais sans trop de sanglots et le loup s’était couché tout près de l’eau et tout près de l’autre elle lavait ses cheveux dans l’onde Lui marchait comme un lundi vers le dimanche sans lever le pied haut sans prier les mots de s’écarter et il mâchonnait dans sa barbe des outrecuidances étrangères Les papiers qui se prennent les mots suaves ou ruades se font aussi mâcher sans tristesse et l’ouragan ne se vêt pas Germaine ou Louise sous les toits et quand aux dents longues l’ex petit ramoneur noirci par le souvenir oui et quand…

Pas

Alors on la fait quand ? La paix pour être heureuse lorsque tu voudras ne plus trembler oui je sais la colère pour ne plus se salir les mains ne plus vouloir du noir de fumée A quand tu dis ? Tu peux plus me voir en peinture ça je sais moi deux même dans le miroir je m’égare Alors pour me dépeindre tu parles d’une histoire ne plus savoir si se ressembler c’est dommage ou pas encore une fois si c’était toi je ne dis pas oui pas encore car on marche on marche un pas après l’autre oui…