Archives de octobre, 2006

Nos pas

S’il y avait une morale les mots nous rendraient riches au rythme où on les pose s’il y avait une histoire on ne prendrait plus le temps réel d’y mettre majuscule le temps encore que les gens ces pauvres comme ces riches se tassent dans un avion lune

S’il y avait un véritable mensonge qu’il fallait se cacher à jamais ce serait que le souvenir n’est rien l’enfer lui même par définition se brûle et rêve de cendres le paradis éloigne les flammes mais léthé y est la boisson éternelle

Et nos pas alors ?

Pas de proximité sans le vouloir briser la distance pas de silence sans le dommage de la parole pas de présence si je ne voulais gommer le simple mot absence pas de caresses sans nos regards qui se chargent et se cherchent

Nos pas

Nous construisons tant et tant sur nos pas oui toi que je ne veux plus c’est aussi dans tes pas que je me trouve une fois pris le chemin on ne sait le désengager il n’est même pas lui dans le souvenir ni dans le soutenir

Il est volage car il ne veut plus voler il est collage mais ne sait plus coller il est espace mais ne veut que couvrir toute trace de vide

Il est dans les mots le coeur dans les actes nos peurs comme nos espoirs et des les bris comme les effets de nos mémoires

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extrait du Livre de Monelle de Marcel Schwob

[...]Et Monelle dit encore : je te parlerai de la formation.

Le désir même du nouveau n’est que l’appétence de l’âme qui souhaite se former.
Et les âmes rejettent les formes anciennes ainsi que les serpents leurs anciennes peaux.
Et les patients collecteurs d’anciennes peaux de serpent attristent les jeunes serpents parce qu’ils ont un pouvoir magique sur eux.
Car celui qui possède les anciennes peaux de serpent empêche les jeunes serpents de se transformer.
Voilà pourquoi les serpents dépouillent leur corps dans le conduit vert d’un fourré profond ; et une fois l’an les jeunes se réunissent en cercle pour brûler les anciennes peaux.
Sois donc semblable aux saisons destructrices et formatrices.
Bâtis ta maison toi-même et brûle-la toi-même.
Ne jette pas de décombres derrière toi ; que chacun se serve de ses propres ruines.
Ne construis point dans la nuit passée. Laisse tes bâtisses s’enfuir à la dérive.
Contemple de nouvelles bâtisses aux moindres élans de ton âme.
Pour tout désir nouveau, fais des dieux nouveaux.[...]


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La bleue s’inonde

La marque était faite mais sans trop de sanglots et le loup s’était couché tout près de l’eau et tout près de l’autre elle lavait ses cheveux dans l’onde

Lui marchait comme un lundi vers le dimanche sans lever le pied haut sans prier les mots de s’écarter et il mâchonnait dans sa barbe des outrecuidances étrangères

Les papiers qui se prennent les mots suaves ou ruades se font aussi mâcher sans tristesse et l’ouragan ne se vêt pas Germaine ou Louise sous les toits et quand aux dents longues l’ex petit ramoneur noirci par le souvenir oui et quand écarté par le rêve il s’emporte et s’embrase on le cherchera au matin…

Dans les nuées du soleil…

Certaines de mes idées y sont notées fragiles où sur la page quand elle flotte et là s’ôte le sens quand l’air efface le trop de peu qui se garait pour se parer d’espace et ô delà de ses mensonges elle a posé ses jolis pieds pour atteindre le bord du vers sans se parer d’isthme…

Dans les vagues du ciel…

Respirer, respier quand las se mélange ou se mésange en chant les deux mots que dans le souffle se cage ou se cache l’expier le respier qui pose le poison du souffle dans le regret de vie qui pose le regret de souffle comme un objet de vie ou de vice et que d’autres ceinte d’outre celle d’ici plus que les autres non préparée du vide à la vidange alors le respier qu’on se le garde quand il est de si peu quand même le premier aspect manifeste du créateur…

Et dans les aubes de Mani…

Quand le théo se crise et que les déo se disent aux monstres des paroles parées préparées que l’on note que l’on botte loin de l’isolement c’est la fin fatidique…

Là dans les nuits de la Fata… les nuées blondes la Morgana…

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Pas

Alors on la fait quand ?
La paix pour être heureuse lorsque tu voudras
ne plus trembler
oui je sais
la colère
pour ne plus se salir les mains
ne plus vouloir du noir de fumée

A quand tu dis ?
Tu peux plus me voir en peinture
ça je sais moi deux même
dans le miroir je m’égare

Alors pour me dépeindre tu parles d’une histoire
ne plus savoir si
se ressembler c’est dommage
ou pas
encore une fois si c’était toi
je ne dis pas
oui pas
encore
car on marche on marche
un pas après l’autre
oui l’autre
qui naît pas moi

Ensuite encore en peinture ?
Je mets trop de couleurs ?
Je m’en vais je m’en vais ce n’est plus que de la douleur
et les étirements au couteau
ça me fait mal
saigner même si c’est d’un beau rouge
c’est encore toute une histoire

Il faudra qu’on la prenne cette image unanime
qu’on la pose ici
entre nous
deux
j’ai des raisons non ?
Une bonne guerre ou après
une rencontre duale
Tout s’enfuir en des baisers pour mes bombes
à reposer nos désirs…

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