extrait du Livre de Monelle de Marcel Schwob

[…]Et Monelle dit encore : je te parlerai de la formation.

Le désir même du nouveau n’est que l’appétence de l’âme qui souhaite se former.
Et les âmes rejettent les formes anciennes ainsi que les serpents leurs anciennes peaux.
Et les patients collecteurs d’anciennes peaux de serpent attristent les jeunes serpents parce qu’ils ont un pouvoir magique sur eux.
Car celui qui possède les anciennes peaux de serpent empêche les jeunes serpents de se transformer.
Voilà pourquoi les serpents dépouillent leur corps dans le conduit vert d’un fourré profond ; et une fois l’an les jeunes se réunissent en cercle pour brûler les anciennes peaux.
Sois donc semblable aux saisons destructrices et formatrices.
Bâtis ta maison toi-même et brûle-la toi-même.
Ne jette pas de décombres derrière toi ; que chacun se serve de ses propres ruines.
Ne construis point dans la nuit passée. Laisse tes bâtisses s’enfuir à la dérive.
Contemple de nouvelles bâtisses aux moindres élans de ton âme.
Pour tout désir nouveau, fais des dieux nouveaux.[…]

2 réflexions sur « extrait du Livre de Monelle de Marcel Schwob »

  1. Aller de l’avant, ne pas se retourner, transcender les cendres, tel le phénix, faire du nouveau à partir de l’ancien, la nuit génère le jour, bannir la nostalgie et cultiver l’espoir. Se dépouiller pour ne garder que l’essentiel, il en faut du temps et des ans pour en arriver là ! Et y croire….

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