Archives de septembre, 2006
Hiver 2
La ville c’est ce qui se déhanche ce qui s’en va vers la droite et comme cela
bascule
c’est la distance qui fait surgir ta chance et encore
là haut ça brûle et ça se tente quand les murs montent
il y a du bleu dans nos mémoires laisse les donc se vider
après quelques tentatives nos coeurs se seront pleins
il a une allure littéraire et pourtant c’est lent le matin quand le songe
d’hiver nous pousse vers le gel dès demain
alors c’est encore plus lent
la ville c’est ce qui se déhanse oui si l’on n’est pas même au Panier
et quand le vent se trotte que les feuilles fantômes dansent
je ferme encore les yeux
c’est une chance couleur d’opalence qui suit vraie cette danse
bien sur nous sommes forts couverts car le froid nous guette
des rumeurs oui dans nos humeurs oui dans nos coeurs oui dans nos pleurs
et j’abandonne loin nos peurs
blue life
Et la vie comme c’est l’hiver et que rien ne se tente tout est déjà monté
même ce que tu peux encore voir
est ce différent dans nos chambres est ce la lumière
qui sait où se tasse le soleil nous qui tant avons soif
mais la nuit c’est encore l’hiver et rien ne se cache même ce qui est tenté
P.06
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Hiver
L’hiver tu ne fermeras plus les yeux non tu ne seras que frimas et nous prendrons du temps à sauver le chemin et ses quelques mots pour nous deux l’hiver nous irons dans un soleil se couchant et hautes les mille nuits aux sons des tambourins, et pourquoi cette envie de valser de s’envoyer tout dansant des mots comme dans une petite maison vide qui se voudrait ville et s’enchanterait fort Bragg et dans les batailles de neige nous courrons sauvages à redire encore « maille » quand dans tes yeux se tricotent des mensonges amoureux, oui l’hiver aux longs chemins de neige et tu te sentiras chaude au feu quand la flamme lèchera ta main comme l’amour loin
L’hiver et sa soif aux rides asséchant oui sous des caresses nos désirs brûlants quand dehors la sueur dans tes cheveux fait se perler les colliers aux alentours des branches, houx, houx, et s’ils s’embrasent tu le sais bien l’hiver c’est causer sans doloris juste se tasser à se pousser dans les flammes mais ça ne dit rien quand d’autres mots se cachent au fond de l’âtre l’hiver et toi qui rentres en catimini tapant du pied à s’allonger le vers survoltant cet air de tango sans ton corps qui va et ton coeur qui revient ça ne dit rien de plus que cela ne s’ôte de moins ou de moi sans danser oui et non sans danser pour rester seul sur la branche à se regarder tomber en flocons et non ne pas se voir isolé en flacons…
P.06
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Mélancholia
Søren Kierkegaard
Emphatiquement dans La Maladie mortelle mais également dans Crainte et tremblement, Kierkegaard expose que les humains sont composés de trois parties : le fini, l’infini, et la relation entre les deux. Les finis (les sens, le corps, la connaissance) et les infinis (le paradoxe et la capacité à croire) existent toujours dans un état de tension. Cette tension, consciente de son existence, est l’individu. Lorsque l’individu est perdu, insensible ou exubérant, la personne est alors dans un état de désespoir. Notamment, le désespoir n’est pas l’agonie, c’est, au lieu de cela, la perte de l’individu.
Et je rajouterai bien modestement:
le pseudo équilibre que l’on peut qualifier d’harmonique entre le fini et l’infini se trouvera dans la relation entre deux, peut être une autre approche pour le nous donc, l’art dans sa mélancholia est à dix mille lieues du désespoir et de la dépression. Ce n’est qu’une saisie momentanée de l’écho du nous, et par sa pointe se grave, s’écrie, des impressions, désimpression, comme le tableau mosaïque du coeur qui se livre en tourne page. Il n’y a guère de place pour le geindre dans ce cas et celui qui dans mes textes croit voir cela ne fait que regarder au fond de son propre entre deux.
et pour éclaircir les quelques mauvais liseurs qui existent et s’excitent un rien tout seuls, ce que je nommerai de la masturbation paranoïde à forte dose, ce texte est une réponse à icelui et rien d’autre !
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Delphes
Tu avais ouvert la porte
presque Égaillée
nous nous sommes égarés
près de Philadelphie
Même si sans promesses
nous nous serions aimés à Delphes
sans garantie il est vrai
mais que de promesses
tu n’as pas su tenir
Pourras tu me dire ce qui brûle entre nous
moi j’y vois tes propres mots
tu parlais de sagesse peut être par politesse
tu parlais de nos jeunesses il y a deux mille ans
peut être par insolence oui
par sapience non
Mais nos caresses sous le sable
et de ces murs du château ivres
tu y avais ouvert une porte
moi qui ne supporte pas ce feu
je me retire du jeu
de craie d’ardoise tu les as effacés
tes mots mais
pour les vite remplacer
pour les si vite remparer
Même sans promesses
il y avait du coeur
celui que l’on veut maintenir
dans l’idée du respect
sans garantie il est vrai
c’est un peu comme une demande en mariage
on ne sait jamais qui lui tire les fils
à cette marionnette
elle qui se dit libre est ce qu’elle se lie aussi
dans la liberté comme dans la sévérité
Tu avais ouvert la porte
presque Égaillée
Nous nous sommes égarés
il y bien trop de murs à Philadelphie
P.06
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Au nord
Je regarde encore tes yeux
mon rêve
si ton ventre naît de mes soupirs
le regard troublé
je vis ce soir encore un beau jour
nos baisers trop lourds encore
oui
encore
d’eux
Je souhaite en toi trouver ma vie
avec au nord
nos corps fresques alanguis
jeu
rêve et ce soleil qui là flamboie
rive au sol
nos chairs
nos envies nos larmes nos pas vers l’infini
oui encore
mes pas sur cette envie
à longer vers toi
le coeur loin qui plus rien ne subit
que nos désirs
c’est ainsi
P.06
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Sous venir
Quelques jours et se souvenir
quelques jours et se soutenir
l’enfant qui n’a fait que s’enfouir
dans les limbes comme duels dans les livres à travers l’espace et les lueurs de mille pages dans les lueurs l’enfant apparaissait parfois dans quel espace oui dans quel espace se nicher ou se perdre ainsi la mémoire que l’on place que l’on déplace que l’on pose où dépose et quand donc tombe au fond d’un trou quand donc le moment s’efface pour lieu de protection de sauve garde qui se tient devant pour éviter le choc alors on ne peut que fuir
Quelques tours et s’en retourner toujours du dehors vers le dedans d’une chambre qui las n’est poing serré ni nuptiale juste lieu du sauve garde lieu que l’on sacrifie pour soi et mieux se retenir
Quelques moments où la lueur laisse derrière elle le festin pour ouvrir la grille ouvragée d’un jardin les fleurs ivres y dansent la sarabande cruelle qui douloie oui qui pousse la sourdine douleur à la loi naturelle lors la nature elle ne verse aucune larme dans ces moments où tout se larde dans l’envie de partir mais pas avant dix-huit ans oui tant à lui dire
Mais quelques murs loin nous éparpillent gomme ou poussière voilà les effets de la matière oui de la matière mais est-elle morte alors elle aussi ma mémoire enfuie ?
P.06
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Mue
Elle est mue non qu’elle soit émue émue d’être nue ou nue d’être émue du soir au matin et de l’espoir qu’elle se perd en chemin lorsque de ses doigts oui comme elle le dit elle se doit elle oui donc comme elle le doit elle le dit et porte ses doigts à la bouche mal aussi mal qu’elle se fait en suite ou encore en fait mais pas dans le même sens car les mots sont des bulles de peinture pour elle et ses doigts qu’elle regarde sans cesse sans flemme sur ses doigts le regard essentiel oui des pinceaux comme des doigts et des toiles quand elle lève les yeux ce ne sont que des étoiles mais elle ne les rêve pas elle est émue elle était mue elle se tait elle se cale elle se casse de pleurs et ici par hasard ou à ce moment quand le regard perdu et levé vers les étoiles lorsque ici ou là par hasard la tasse se renverse et que le café n’y est pas lors la tasse était vide ou vie et même renversée elle ne peut que se révéler pas se relever pour toutes sortes de choses et d’autres encore
Elle s’enfuyait s’enfuyait et elle était nue comme elle le disait sans bouger ses doigts sur les pinceaux sur la toile le regard posé sur l’étoile du nord pas trop non pas trop elle était mue par elle ne sait plus rien ne sait car elle se sait émue alors elle s’enfuyait et les mots qu’elle se rêvait faisait couler des larmes comme elle était mue émue aussi encore alors elles coulaient de ses seins sur ses mains car elle les croisait ensuite avant de repartir de répartir de les poser les pinceaux sur le bord de la toile surtout quand elle est émue
Elle était libre tant qu’elle le voulait enfin elle le voulait surtout parce qu’elle le pensait qu’elle le voulait pas libre dans le sens de libre non dans le sens de l’idée qu’on se fait non pas de celle qui se fête c’était une vision de liberté voilà une vision comme celle que l’on se dit ou l’on se prête encore qu’une vision c’est personnel et qu’elle jamais elle ne prête elle donne plutôt des coups d’ailleurs ou d’ici par ailleurs elle est frappante quand elle arrive quelque part et quelqu’un part quand elle arrive c’est qu’elle est mue quand elle arrive qu’elle est émue aussi et qu’elle est encore libre d’être émue
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Tycho ter
Et si on marchait, lui dit elle en inclinant la tête
Oui quelques tours de l’enceinte, avec toi et pour toi
Papel lui prit la main, serrant entre ses fins doigts les siens longs et plus nombreux
Opium comme il est fumée ce temps qui nous enlève
Nos mots comme du sable, on marche, et il est si fin, pourtant parfois il est ainsi : tambour.
Qui sont ces gens autour de notre dé tente, dis le moi Tycho.
Ce sont les bleus, ils apparaissent après un mauvais coup, du sort, comme de nos chimères, de nos plus merveilleux mensonges, surtout quand ivres on marche et faisons des tours, la fin comme le recours ne nous laisse que le temps de nous aimer, fumée.
Et que font ils ces bleus autour de notre dé tente, espèrent-ils la retenir ? Comme je sens la tempête nous apporter un peu d’humidité; ou peut importe le prix est payé. Et elle sert encore ses doigts et se colle, elle est enceinte pour lui avant tout.
Combien tu veux, est ce que tu veux encore, le vent ne me chassera pas de toi, tout de foi. Jamais plus m’effacer de ta mémoire, oui je suis dans mon enceinte, je suis aussi en toi en ce la adorée.
Si toi tu es en moi, prisonnier à l’intérieur de cette enceinte, est ce ainsi que se fait nous la rencontre ? S’envoyer vers les étoiles des mots comme des baisers aux alentours.
Encore des tours…
Où suis-je en toi ? Moi qui ne me quittant plus ne te laisse pas ailleurs.
Le vois-tu ici ou là ce sable, il est moi en toi, il est de ma part en nous, se mêlant comme le souvenir lors de l’union, des lieux ivres aussi dans les airs, l’exil de notre danse, a déposé des coeurs comme les nôtres si ce ne sont.
P.06
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Tomber
Tomber d’une fleur automne
même pour toi
c’est tomber d’une peur de l’homme
ici la sainte croix
Pleurer d’auteur en somme
même pour moi
c’est pleurer une douleur qu’on gomme
là ainsi le saignement c’est toi
Brûler c’t'ivresse qui bourdonne
mes mains au plein coeur
lourdes mes tempes
tenants² comme maintenant
mes dégoûts du temple
Tomber d’une fleur tristesse
ma fée qui se blesse
se retient à peine aux rideaux
si tu ris d’elle
toute cette eau glisse sur ma peau
aime là si d’un mot je porte plume d’une aile
P.06
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