Hiver 2

La ville c’est ce qui se déhanche ce qui s’en va vers la droite et comme cela
bascule

c’est la distance qui fait surgir ta chance et encore
là haut ça brûle et ça se tente quand les murs montent
il y a du bleu dans nos mémoires laisse les donc se vider
après quelques tentatives nos coeurs se seront pleins

il a une allure littéraire et pourtant c’est lent le matin quand le songe
d’hiver nous pousse vers le gel dès demain
alors c’est encore plus lent

la ville c’est ce qui se déhanse oui si l’on n’est pas même au Panier
et quand le vent se trotte que les feuilles fantômes dansent
je ferme encore les yeux

c’est une chance couleur d’opalence qui suit vraie cette danse
bien sur nous sommes forts couverts car le froid nous guette
des rumeurs oui dans nos humeurs oui dans nos coeurs oui dans nos pleurs
et j’abandonne loin nos peurs
blue life

Et la vie comme c’est l’hiver et que rien ne se tente tout est déjà monté
même ce que tu peux encore voir
est ce différent dans nos chambres est ce la lumière
qui sait où se tasse le soleil nous qui tant avons soif
mais la nuit c’est encore l’hiver et rien ne se cache même ce qui est tenté

P.06

Hiver

L’hiver tu ne fermeras plus les yeux non tu ne seras que frimas et nous prendrons du temps à sauver le chemin et ses quelques mots pour nous deux l’hiver nous irons dans un soleil se couchant et hautes les mille nuits aux sons des tambourins, et pourquoi cette envie de valser de s’envoyer tout dansant des mots comme dans une petite maison vide qui se voudrait ville et s’enchanterait fort Bragg et dans les batailles de neige nous courrons sauvages à redire encore « maille » quand dans tes yeux se tricotent des mensonges amoureux, oui l’hiver aux longs chemins de neige et tu te sentiras chaude au feu quand la flamme lèchera ta main comme l’amour loin

L’hiver et sa soif aux rides asséchant oui sous des caresses nos désirs brûlants quand dehors la sueur dans tes cheveux fait se perler les colliers aux alentours des branches, houx, houx, et s’ils s’embrasent tu le sais bien l’hiver c’est causer sans doloris juste se tasser à se pousser dans les flammes mais ça ne dit rien quand d’autres mots se cachent au fond de l’âtre l’hiver et toi qui rentres en catimini tapant du pied à s’allonger le vers survoltant cet air de tango sans ton corps qui va et ton coeur qui revient ça ne dit rien de plus que cela ne s’ôte de moins ou de moi sans danser oui et non sans danser pour rester seul sur la branche à se regarder tomber en flocons et non ne pas se voir isolé en flacons…

P.06

Mélancholia

Søren Kierkegaard

Emphatiquement dans La Maladie mortelle mais également dans Crainte et tremblement, Kierkegaard expose que les humains sont composés de trois parties : le fini, l’infini, et la relation entre les deux. Les finis (les sens, le corps, la connaissance) et les infinis (le paradoxe et la capacité à croire) existent toujours dans un état de tension. Cette tension, consciente de son existence, est l’individu. Lorsque l’individu est perdu, insensible ou exubérant, la personne est alors dans un état de désespoir. Notamment, le désespoir n’est pas l’agonie, c’est, au lieu de cela, la perte de l’individu.

Et je rajouterai bien modestement:

le pseudo équilibre que l’on peut qualifier d’harmonique entre le fini et l’infini se trouvera dans la relation entre deux, peut être une autre approche pour le nous donc, l’art dans sa mélancholia est à dix mille lieues du désespoir et de la dépression. Ce n’est qu’une saisie momentanée de l’écho du nous, et par sa pointe se grave, s’écrie, des impressions, désimpression, comme le tableau mosaïque du coeur qui se livre en tourne page. Il n’y a guère de place pour le geindre dans ce cas et celui qui dans mes textes croit voir cela ne fait que regarder au fond de son propre entre deux.

et pour éclaircir les quelques mauvais liseurs qui existent et s’excitent un rien tout seuls, ce que je nommerai de la masturbation paranoïde à forte dose, ce texte est une réponse à icelui et rien d’autre !

Delphes

Tu avais ouvert la porte
presque Égaillée
nous nous sommes égarés
près de Philadelphie

Même si sans promesses
nous nous serions aimés à Delphes
sans garantie il est vrai
mais que de promesses
tu n’as pas su tenir

Pourras tu me dire ce qui brûle entre nous
moi j’y vois tes propres mots
tu parlais de sagesse peut être par politesse
tu parlais de nos jeunesses il y a deux mille ans
peut être par insolence oui
par sapience non

Mais nos caresses sous le sable
et de ces murs du château ivres
tu y avais ouvert une porte
moi qui ne supporte pas ce feu
je me retire du jeu
de craie d’ardoise tu les as effacés
tes mots mais
pour les vite remplacer
pour les si vite remparer

Même sans promesses
il y avait du coeur
celui que l’on veut maintenir
dans l’idée du respect
sans garantie il est vrai
c’est un peu comme une demande en mariage
on ne sait jamais qui lui tire les fils
à cette marionnette
elle qui se dit libre est ce qu’elle se lie aussi
dans la liberté comme dans la sévérité

Tu avais ouvert la porte
presque Égaillée

Nous nous sommes égarés
il y bien trop de murs à Philadelphie

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Au nord

Je regarde encore tes yeux
mon rêve
si ton ventre naît de mes soupirs
le regard troublé
je vis ce soir encore un beau jour
nos baisers trop lourds encore
oui
encore
d’eux

Je souhaite en toi trouver ma vie
avec au nord
nos corps fresques alanguis
jeu
rêve et ce soleil qui là flamboie
rive au sol
nos chairs
nos envies nos larmes nos pas vers l’infini
oui encore
mes pas sur cette envie
à longer vers toi
le coeur loin qui plus rien ne subit
que nos désirs
c’est ainsi

P.06

Sous venir

Quelques jours et se souvenir
quelques jours et se soutenir
l’enfant qui n’a fait que s’enfouir
dans les limbes comme duels dans les livres à travers l’espace et les lueurs de mille pages dans les lueurs l’enfant apparaissait parfois dans quel espace oui dans quel espace se nicher ou se perdre ainsi la mémoire que l’on place que l’on déplace que l’on pose où dépose et quand donc tombe au fond d’un trou quand donc le moment s’efface pour lieu de protection de sauve garde qui se tient devant pour éviter le choc alors on ne peut que fuir
Quelques tours et s’en retourner toujours du dehors vers le dedans d’une chambre qui las n’est poing serré ni nuptiale juste lieu du sauve garde lieu que l’on sacrifie pour soi et mieux se retenir
Quelques moments où la lueur laisse derrière elle le festin pour ouvrir la grille ouvragée d’un jardin les fleurs ivres y dansent la sarabande cruelle qui douloie oui qui pousse la sourdine douleur à la loi naturelle lors la nature elle ne verse aucune larme dans ces moments où tout se larde dans l’envie de partir mais pas avant dix-huit ans oui tant à lui dire

Mais quelques murs loin nous éparpillent gomme ou poussière voilà les effets de la matière oui de la matière mais est-elle morte alors elle aussi ma mémoire enfuie ?

P.06

Mue

Elle est mue non qu’elle soit émue émue d’être nue ou nue d’être émue du soir au matin et de l’espoir qu’elle se perd en chemin lorsque de ses doigts oui comme elle le dit elle se doit elle oui donc comme elle le doit elle le dit et porte ses doigts à la bouche mal aussi mal qu’elle se fait en suite ou encore en fait mais pas dans le même sens car les mots sont des bulles de peinture pour elle et ses doigts qu’elle regarde sans cesse sans flemme sur ses doigts le regard essentiel oui des pinceaux comme des doigts et des toiles quand elle lève les yeux ce ne sont que des étoiles mais elle ne les rêve pas elle est émue elle était mue elle se tait elle se cale elle se casse de pleurs et ici par hasard ou à ce moment quand le regard perdu et levé vers les étoiles lorsque ici ou là par hasard la tasse se renverse et que le café n’y est pas lors la tasse était vide ou vie et même renversée elle ne peut que se révéler pas se relever pour toutes sortes de choses et d’autres encore

Elle s’enfuyait s’enfuyait et elle était nue comme elle le disait sans bouger ses doigts sur les pinceaux sur la toile le regard posé sur l’étoile du nord pas trop non pas trop elle était mue par elle ne sait plus rien ne sait car elle se sait émue alors elle s’enfuyait et les mots qu’elle se rêvait faisait couler des larmes comme elle était mue émue aussi encore alors elles coulaient de ses seins sur ses mains car elle les croisait ensuite avant de repartir de répartir de les poser les pinceaux sur le bord de la toile surtout quand elle est émue

Elle était libre tant qu’elle le voulait enfin elle le voulait surtout parce qu’elle le pensait qu’elle le voulait pas libre dans le sens de libre non dans le sens de l’idée qu’on se fait non pas de celle qui se fête c’était une vision de liberté voilà une vision comme celle que l’on se dit ou l’on se prête encore qu’une vision c’est personnel et qu’elle jamais elle ne prête elle donne plutôt des coups d’ailleurs ou d’ici par ailleurs elle est frappante quand elle arrive quelque part et quelqu’un part quand elle arrive c’est qu’elle est mue quand elle arrive qu’elle est émue aussi et qu’elle est encore libre d’être émue