À la chair II

Richard Morgiève in Vertig, Denoël

à écouter ici

« Un

Cette autre idée aussitôt effacée que somme toute j’étais programmé pour tout effacer et je me disais il y a la guerre en moi INTERPOL me flique à mort et je vais en crever et je me disais en luttant contre le blanc – ça y est c’est la guerre civile! Ça devait arriver ! J’étais.

Zéro

J’étais un palimpseste ? C’est ça ? J’étais effacé pour écrire et je pouvais toujours effacer pour écrire m’écrire être écrit ? Mais je ne voulais pas m’effacer pour donner la place à ? À qui à quoi ? Je voulais ce que j’étais ? Je voulais qui j’étais ? Mais .

Un

Ça parlait de mort depuis toujours ou presque de mort de peine de terreur et de folie le. »

Que nous sommes car deux coeurs voir même des yeux en soi tout se mélange et on ne se connaît jamais. Dans la chair il y a le prix à payer qui se manifeste, il y a la passion qui fait couler le sang, carmine passion liée aux cordes de nos attachements, tout nous attache tout nous attaque et ce n’est jamais vin car l’eau n’est pas à transformer elle est larmes.

Elle est l’arme celle du cou rage comme celle de la gomme aromatique, délivrant les caresses comme les parfums de menthe. Alors oui ode à la chair, car la chanson du sang est celle qui nous fait perdurer, et quand l’on se teinte d’encre les mots prennent aussi la couleur sombre du sang, du sans retour, du sans recours, du sans arrêt car on avance on s’efface certes mais jamais les mots tracés. Eux pour ailes. Si on ne s’efface pas on s’envo-i-le donc.

C’est dans l’écrit tür que se pose le Vertig et dans la perte qu’il se manifeste, mais comment dans le principe faire la fête à ce vide à ce manque qui ne comble pas le mot ? Dans l’ouverture de l’écrit se teinte une rupture des feintes, un ap-porte de mémoires en fuites comme en suites comme elles en suinteraient sans fin. Et dans ce suint quelle nautique cuisine ferait voguer l’Argonaute ? Même dans la belle époque moderne de l’induction rien ne remplacera l’incarnation, car il est part de l’Un dans sa carnation, dans son acceptation, dans sa vision de combler un vide d’air, et un vide d’R donne enfin à vider, non ?

P.06

2 pensées sur “À la chair II”

  1. chair incarnée, désincarnée, au delà se trouve l’homme assis et debout, blotti et à blottir, pensé et insensé, enfermé et libre dans les mots, au delà du temps et dans le temps, manquant la source à trop s’assoiffer, ratant l’autre à trop se regarder, ne comblant ni le plein ni le vide car étant tout cela à la fois …

  2. Autour de l’axe tout s’enroule, et le soi n’est pas nécessairement au centre mais plutôt voletant comme un satelitte encore dans une folle orbite. Alors la chair oui comme nid ou axe de l’écrit, et dans quels autres éclairs d’être ?

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