Quand le vent falaise

Comme tes yeux sur la route
et au milieu du silence les oiseaux noirs aux alentours
et tes doigts lents contre ma barbe

Le décor de décembre se couche vers l’horizon
et mes pieds se sentent longs
que la folie me cache voilà c’est là pourquoi pas
dis moi si toi tu me vois là
je ne suis pas l’aube pas l’incertain
je ne suis pas le sel qui se verse de ta main
mais je veux paresse loin
que ma drôlerie se gauche pour moi vaurien

Sur le mur décroche le soldat
sa peau est tendue par le soleil
et sa voix qui mue est une chanson d’ici bas

Dès la porte franchie c’est le matin seul
qui est témoin
là file la route de la lune et toilé
sur la fenêtre on voit presque gravé les ombres
comme un mausolée plein de cauchemars

Quand le vent de l’ancêtre laisse la danse des os
il nous rend bien seuls bien solitaires
il ne se voit que le soir en deuil
quand il poudroie c’est que dans l’air il te foudroie
que ta salive aussi est marquée de soie
que ta chair voilà se martèle
et d’autres caresses de bois
quand le vent falaise s’écrase sur tes doigts
j’ai le grand malaise orage vers moi
et je veux tes lèvres offertes
sur le grand voyage
un soir…

P. 06

Un commentaire

  1. cat dit

    Je la vois là la folie cachée au loin dans une aube incertaine et voilée humectant de larmes le sable du temps suspendu à la lisière des mots posès à même la stèle …

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