Elle la rive

La rive est loin
c’est aussi revenir et les mots
vers ce vieil Empire
mais que cachent nos mains
si aile lance comme des ides et
mes audaces
pour mes eaux rases
quelle mal a dit ce silence
c’est l’hôpital qui repousse ma voix

La rime est là
car s’enliser c’est mon chemin
loin au loin
comme les six mots là et là qui se posent presque
j’ai de l’eau Dace même si la Grèce n’y est plus
que j’ai perdu le souffle et que je m’exaspère

Alors auquel tango vais je m’abandonner
celui qui passe ou celui qui parle des miens
j’en aurai les miettes de sa faim
même si elle m’use en tentant de m’araser

Quel est donc cet idiot si ce n’hait moi
qui se neige et se mouille comme un soldat
loin de sa toile tendu pourtant

Vers quel hôpital mes doigts se vautrent
et dans quelle famine ma faim me porte
tu voulais que je les excuse que je leur pardonne
mais même si je peux et je le sais là ça me saigne
pourtant je l’ai fait avant de poser ces doigts

Vers quel temple se transformera cette tombe
mourir n’est rien quand on perd ses mains
sa mémoire ou ses dentelles
et que l’on sait vers quel tempe tendre un baiser
si ce n’est que le mien.

Pant 2006

5 commentaires

  1. cat dit

    Je te montre la rive à deux doigts de ton cœur pour que ne reviennent pas les mots de cet empire en friches, en offrande à tes mains ouvertes en ailes déployées au vent des audaces de l’amour …

    Je t’offre mon corps pour que tu t’y accroches quand la boue se fait plus dense et enlise au loin …

    Je te donne ce que j’ai en moi de plus beau et de plus joyeux pour que les murs de l’hôpital soient repeints aux couleurs roses pétales en sanguine …

    Je t’embrasse là au creux de tes soupirs pour que se déploie ton souffle,

    Je t’aime là pour que le tombeau se transforme en palais aux mille saveurs parfumées,

    Je te réchauffe de mes baisers ardents pour que ta mémoire s’illumine de l’éclat nouveau de l’oubli …

    Cat 2006

  2. pant dit

    Quelle envolée 🙂
    on ne sait sur quelle vague tu as pris cette ode, si c’est de mes mots tristes et glacés j’en suis toutefois heureux et étonné agréablement.

  3. mg dit

    j’en trouve moi la lecture excitante, saccadée, houle « é-freinée », dodeline chantant.
    il fait oublier ce conte d’une Fille aux Mains Coupées, pourtant si bénéfique, sans ses regrets.
    j’en aimerais d’autres…

  4. S. dit

    Ici, c’est le vol que l’on retient de l’élan… en cet achèvement qui me laisse bouche bée,
    Beauté pure
    Intacte :
     » Vers quel temple se transformera cette tombe
    mourir n’est rien quand on perd ses mains
    sa mémoire ou ses dentelles
    et que l’on sait vers quel tempe tendre un baiser
    si ce n’est que le mien. »

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