L’usure loin

L’usure du temps et ses laines au tendre mot oui comme à la grâce yeuse n'entrait dans la ruelle que lente et blanche comme ses yeux jamais ne s'ouvraient car il y avait avant et après des paupières peintes ou gravées, et encore à s'ouvrir jamais sur ses yeux, que des paupières qui tachaient dans mon coeur des impressions oui comme désimprimées sur mon âme des mots qui effaçaient nos mémoires. Nous savons laver par foi oui aussi parfois dans le besoin deux oublis.

 

Nos corps, nos âmes, et aussi nos peurs, rivées à l'abri des vases de la chandeleur, mais elles ont besoin de l’oubli car c'est de la soie qu'elles portent, même si aile est de plume rouge ou noire, des fois qu'elle découvre les vents de l'espoir c'est juste pour que chaque aube soit virginale, qu'elle ne soit plus que matinale, qu'elle ne soit plus entrouverte sur le jour, qu'elle devienne le chagrin de l'amour loin.

 

Juste pour que chaque matin naisse un chant, un chant loin comme la princesse qui coiffe sa longue chevelure, en lenteur, sous les yeux de la nova stella, près du mur d'Alep ou de Jérusalem, c'est ainsi, et c'est rude, oui, belle princesse, c'est aussi dans l'aveuglement que je fais l'apprentissage du tissage, c'est ainsi que je me devine plus chien qu'homme, c'est en se rêvant loin ou proche que l'on se découvre en soi,
Des siècles de baillons et des années de ballon au fers des chaînes, et des masques de fiers, des siècles des silences si lents quand on veut se dédire et qu'on ne sait qu'on ne peut pluie et parfois de l'aube à la réclusion, ou de l'an à l'éclosion, sensible mensonge comme le corps vidé… C’est notre histoire, celle des larmes c'est notre tisseur celui qui se porte en linceul, que l'on met sur le dos avant de partir en deuil, en tressant la corde des morts, et que s'envole l'enfant-fumée sous les airs doublement chantés des tambours et des sifflements de la nuit. Alors les as-tu suivies aussi ces étranges femmes sans yeux ?

 

 

Carl Jusek

 

 

 

Et sous la nouvelle étoile que fait le bruit du violon quand on s'en pince des cordes raidies sous le froid du désert ? Anatoly Tchervenko

2 pensées sur “L’usure loin”

  1. L’U sage du temps

    Mesure de l’attention seconde, perceptible à l’autre moi, ou comme à la grâce traqueuse face au temps qui vient, en face et non quand il s’éloigne, entre en conscience supérieure dans le tunnel de large heure infinie en sillons réfléchissants, comme ses regards intérieurs ouverts tournant de droite et de gauche, la peau pierre vaincue et ouverte en béance à un autre temps parallèle et à s’offrir toujours sur des yeux lumineux, prunelles marquant le cœur en imprimé ou comme en dé souvenir des barrières affectives sur l’âme des mots rapprochant les deux côtés.
    Nous savons briser les frontières par lâche (r) prise l’amnésie oui par lâcher prise dans le besoin de nos remparts d’illusions.

    Nos corps, âmes, peurs, désirs dans ce moi là, rivés au chaud à l’inconsistant, mais ils ont besoin de la raison car c’est folie qu’ils portent, même si aile plumée de sang et d’os, si par mégarde ils dévoilent le monde du vouloir, c’est juste pour que l’aube du corps en contrôle maximum de sa luminosité, en dépassement de la roue du temps, soit battante à la lucidité impossible à enfermer dans les morts jours en oubli de la terreur de l’amour lointain.

    Juste pour que de chaque crépuscule monte le son en summum émanation, un son ineffable là comme l’amour liant le et la chamanes, en douceur et perfection, dans la merveille de la présence, sous les yeux des Atlantes, au pied des pyramides de Tula.

    C’est ainsi et c’est ineffable, oui beau prince, c’est aussi dans la conscience que se concrétise l’enseignement du déploiement d’ailes de la perception, et c’est ainsi que je me découvre plus louve noire aux yeux ouverts que femme, c’est en prenant le chemin qui a du cœur, que je me découvre dans l’amour qui m’abrite.

    Des lunes de dépendance pensée, en somme de toutes les filles de l’egoïté, et les têtes de mort de la prétention si fières du fond de leur silence peuplé de concepts vains, que l’on peut se dédire en se maudire si l’on sent la non voie et parfois le vide de l’esprit englouti dans le monde objectif. Alors entrer en bataille acharnée et couper le cou de ce monde mensonge, le cœur plein dans l’impeccabilité du combat.

    C’est notre chemin de vivre en totalité et en tonalité de nous-même, en tisseur du mystère de la vie en éternité que la mort montrera en immortalité. Et que s’envole l’enfant-éternel sous les battements répétés des tambours du guerrier et des chants Icaros peuplant la nuit.

    Alors les as-tu suivis les yeux étrangement ouverts de cette femme « rêveur » ?

    Cat 2006

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