Mon recueil « Écri(T)s dans la nuit et g(R)ains de lumières »

Voilà !!!!!!!!!!!!!!!!!! C’est mon voeu le plus cher qui se produit dès le début de cette année !
Imaginez ma joie… (je remets cette news sur la première page pour motif de visibilité)

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je vous mets à la suite la préface qu’a acceptée de me faire Emilie Notard, merci de tout coeur à elle pour sa gentillesse, sa disponibilité, et son talent. Je vous mettrai quand il sera disponible le cummuniqué de presse qu’est en train d’établir mon agent Lisa de St Thibault, merci à elle pour son soutien.

Pant. Quatre petites lettres. Timides. Discrètes. Recroquevillées. Un A et un N pelotonnés dans les bras d’un P et d’un T. Coquille vide/ vidée/ sous vide ? Surtout aVide. Coquille creuse qui a faim et qu’une fin dévore. Sa faim/ fin, c’est l’écriture. Carnassière, mortelle, cette faim/ fin est une suite. Tel est le sens des deux premiers pan(t)s de ce recueil. La fin comme suite, comme fuite : « la fuite/ ou l’enfer/ la fin/ ou l’envers », dit-il. Un envers infernal qui n’est rien d’autre que les profondeurs de son être. Pant retourne sa peau comme on retourne une peau d’orange ; il se considère de l’intérieur. Tout est blanc. Page vierge, et pourtant il faut y voir des émeraudes : « et tout habillé de vert, je m’effeuille de soupir ». Lire Pant, c’est l’entendre soupirer. Soupirs de plaisir, de désir mais surtout soupirs spasmodiques. Car ce vert – ou devrais-je dire ses vers ? – ont la couleur des ecchymoses. Ecriture tache de sang qui se dilue sous la peau des chagrins, bleue comme une orange, sous la feuille, dans nos yeux. Caméléon entre vert et bleu, comme le ‘glas’ breton. Couleurs de la mer se confondant avec le ciel. Le continent du firmament en horizon et un arbre à la verticale : l’histoire d’une page infinie et d’une plume. Pant se veut invisible ; il s’écrit pour disparaître : « Les mots eux s’effacent/ Au moins sur la page ». Les mots/ maux comme l’écrin d’une plume brisée, un sarcophage, une véritable crypte où il s’enterre : « Envie de pourrir et de mourir de prose », parce qu’il est « las d’être là ». Cœur épuisé, brisé, condamné, « vieilli, fané, ruiné », il se meurt de n’être pas né (« je ne parle jamais pour moi qui n’existe pas, qui ne suis pas né ») ; il est un cœur qui parle pour la femme qui lui échappe, dont le corps lui glisse entre/ sous les doigts : « rien ne restera de lui ou d’ailes à la fin ». Constat délibérément noir, désespéré. Mélancolie froide comme l’acier. La femme (l’écriture ? la muse ?) le gomme (« redevenir/ moi/ un peu moins toujours/ jamais plus ». De lui : juste quelques miettes cendrées, des brisures coupantes comme tessons. Quelque chose râpe dans ses mots : «Rigueur continentale », « America », « Âpre en moi » « A rugir ». Des mots sur le fil du rasoir. Veines sectionnées. Recueil-cercueil qu’il porte comme on porte sa croix. Fardeau que « tous ces mots qu[’ il] traîne ». Recueil-épave où coule une « encre […] pleine de sel » et pas un corail pour retenir le noyé entraîné vers le fond du flacon où il a plongé.

« A quoi sert la mer l’océan l’eau
Puisque nous avons tant de larmes ? »

L’écume aime les miroirs pour se souvenir quand les vents et les brumes balayent les perles de la mémoire. Et ses poèmes nous entraînent souvent dans un labyrinthe éolien où le brouillard nous aveugle.

« J’ai confié mon âme
à une taupe qui priait à l’aube
devant la cathédrale de mon cerveau »

Plus de chemin, plus d’espoir, juste du sable à vau-l’eau sur un « nuage de carbone ». Pas étonnant qu’à la lecture de ECRI(t)S DANS LA NUIT ET G(r)AINS DE LUMIÈRES , on se sente dériver, chavirer : « j’ai lu des mots en déroute pour exprimer le sens », « relire tous ces mots en délire ». « Nous sommes des naufragés », scande-t-il dans « « Brisures » rime bien avec « ordures » ? ». Tout s’inverse, se fragmente et les frontières éclatent, « upside down ». Le geste d’écriture se fait alors hybride ; il transgresse le discours poétique institutionnalisé, subversion qui a lieu dans les jeux de langue et de sonorité (« belle à régner », « îles »/ « ailes », ou cf. encore la 3ème strophe de « A l’ancienne » et la 1ère strophe de « Si, ment. »), dans la présence de langues étrangères (l’anglais et l’espagnol), dans sa façon d’exploiter la polyphonie par la graphie, comme en témoigne de manière spectaculaire le titre du recueil, sans compter l’étrange musique de sa syntaxe démantibulée où l’on trouve parfois des refrains. La transgression est clairement mise en exergue dès le titre, paradoxal : l’opposition nuit/ lumières, l’humidité de l’encre et la sécheresse des grains de sable, un impératif tel un ordre extérieur alors qu’il s’agit d’une nécessité intime (« ECRI(t)S »), le gain dans la perte incarnée par le sable (« G(r)AINS »). Cette transgression se poursuit dans tout le recueil dans la figure du Je. Ce mort, qui s’étrangle pour mieux vomir ces maux, se suicide pour naître : « Je crash mes mots cent/ Comme mille heures à survivre ». Voilà, ce qu’il appelle une « naissance sous acides », celle du poète sacrifié sur son propre autel : « je suis venu me sacrifier sur l’autel de l’auteur ». C’est ainsi que l’on peut expliquer la dernière phrase du recueil : « Car là c’est enfin clair, c’est à toi que j’écris, mon cœur qui s’enlise aux rives, les infinis de la passion, in fine peut-être même moi-même, pauvre con. » Alors qu’il disait ne pas écrire pour lui, l’autodérision finale refait surgir un Je perdu dans les limbes de son « déversoir » de vers. En faisant tomber ce masque derrière lequel il se protégeait pour ne pas se dénuder, alors même que l’écriture est tout ce qu’il y a de plus exhibitionniste, le Je nous invite à tout reprendre depuis le début : « On découvre autant de mots cassés parce qu’envers/ contre tous ça finit souvent comme ça/ Comme ça… » recommence est à lire dans les pointillés.

À « [c]es mots/ si secs qui [m]e font pleurer », je souhaite des océans crissant de larmes, autant d’yeux pour mouiller le sable de ces pages aux encres phréatiques, car moi aussi « j’ai peur du vent qui fait tout s’envoler ». « J[e t’] espère en le sable pris ».

Emilie NOTARD

5 pensées sur “Mon recueil « Écri(T)s dans la nuit et g(R)ains de lumières »”

  1. Une superbe écriture envoûtante…! Je suis sous le charme de tes mots qui t’accompagnent comme une ombre sans fin… qui t’enlace en voiles transparents pour mieux saisir l’impénétrable…lisière de toi écorchée et nue dans le ressac d’écumeuses brisures toujours en devenir……..
    Cordialement à toi
    JADE

  2. C’est gentil Madame Jade, aux yeux verts ? comme le reflet des eaux sur mon océan, comme les reflets dans mes yeux aux bordures du réel ? merci 🙂 lisière ? nue au delà du nu, écorchée ? au paradis de la chair enfouie, déchirée, des souvenirs aux mondes sombres d’Hellraiser enfuis dans des mémoires d’autres vies peut-être…

  3. Tout simplement Pant … encore rôdé chez toi pendant ta nuit … te féliciter pour ce recueil … j ai aimé et j aime toujours … !!!
    Entre autres deux de tes textes quis sont dans l Anthologie de Mille-Poètes …  » CRASH  » et  » CHAT GRIS  » … superbes … !!!

    En attente de ton second livre tres bientôt … je souffle mes couleurs sur toi  » Poète  » … !!!

    Baiser

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