Oeil

Ce matin oeil sec fermé presque à la fin de la vie je sais tout est noir quand on se voit mal quand on prend le flou autour de soi comme une obscurité intérieure qui sort qui s’ingère, et qui se digère mal, car le mal de ventre est las bien là ici apportant la nausée elle vagabonde sur mes lèvres sans aucune place restante pour le désir juste tenter de retrouver la détente celle qui permettra l’évacuation du dégoût qui s’inscrit en lutte sur ma peau voulant forcer sans lune ma chair à cette nouvelle infortune.

On se demande alors quel serait le dernier mot à poser sur une page oui le dernier celui qui clôt le chapitre de l’éternité qui ouvre le chemin lui de l’évacuation du solide vers le glaireux et enfin vers le liquide oui ce chemin qui ouvre la porte de la liquidation fermeture âpre et licenciement usinage qui se termine dans les flots des pleurs autant que dans les fosses des peurs.

Karma qui s’engouffre dans la vision d’une lune insane oui quand il y a la santé qui chancelle on se porte pâle et on entend rire les obus tombant ivres sur sa propre tête aux éclats gris.

Karma qui se supporte comme les mots refusent de se poser alors comment trouver le dernier en fait car je le voyais un temps en fête et là c’est plutôt la défaite qui s’empale sur l’instant identique on se respire mal on se prend en odeur avant peut-être de prendre en horreur et les chemins de rondes restent pour temps vide à toutes espérances

Vous qui entrez ici.

C’est le chien qui gronde pas la main c’est le matin qui pleure pas la pluie c’est l’empilage correctif de la situation sur l’autre ivresse qui crame le sol de mes innocence à défaut de mes insolences oui en hiver c’est pas le soleil qui s’emporte c’est moi qui préfère le faire et le battre tant que je n’ai pas chaud au coeur.

Vous qui errez ici.

J’ai plus l’esprit de la rue j’ai prisonnier à la nuée encadrés enfin mes sauvetages n’ayant plus d’esprit pour une ultime sauvegarde.

Ce matin oeil sec en gommage qui se graisse et qui ne se fraise guerre en grosseur petite pas tumorale mais tout à fait tue moral(e) graisseuse.

Pant 2006

3 pensées sur “Oeil”

  1. J’entre ici…pour y rester un instant…moment doux…j’erre ici un petit instant…celui de Vous lire Monsieur…sourires..Vous découvrir aussi un instant…mais il est vrai que N/nous sommes dans des nuits sans lune donc il me faut vite disparaitre…sortir..déjà à regret…mais sortir quand même…sourires…

  2. ah ces nuits sans lune, je les préfère presque à ces nuits sans l’Autre, quand on erre vraiment seul, et qu’apparait une petite lumière au loin, qui arrive et qui s’installe. Comme cette lampe qu’on usait sous la couverture pour lire la nuit de nos rares jeunesses. Vous êtes un peu de cette lumière Luuna, et la lumière à sa place partout où règne la nuit. Merci à vous. Et je ne sais pas si je mérite du Monsieur avec majuscule 😉

  3. Nous n’en aurons jamais fini avec cette obsession du dernier mot…
    Bien heureusement.
    Il serait fouttu de mettre en péril celui là qu’on a sur le bout de la langue…

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