Mot de passe

« Votre mot de passe c’est à l’envers sur le décor de l’uniforme, en fermant l’oeil gauche et en bissant le regard qu’il vous laisse ». Mon mot se passe ? À l’identique c’est vrai Anatoly que les cordes de ton violon ont aussi le droit d’avoir des mains pour elles. Tout s’allie dans un sens contre un autre, tout se salit même dans les recoins d’ombres.
« Votre mot de passe c’est à l’envers sous l’uniforme décor, en close up d’un oeil sur l’autre et en laissant l’heureux gars passer sur l’autre ». Mes mots se passent ? Ou mes mots finissent par passer ?
Les lunes ont de la chair le gras qui coule au frein des ogresses, et les animalcules espérances du zodiaque ne laissent pas les poissons hors de l’eau.

Carl tu trembles ? Laisse laisse donc ces illusions à cette étreinte ciel, je ne vois plus d’autre si elle et ses odeurs n’en sont que sauvages illusoires et dansantes non ? Carl tu trembles ? Laisse en toi s’ouvrir les cordes de mon violon à t’étrangler comme un étranger à cette heure. Violons la chair qui laisse les os en berne, qui laissent nos coeurs se faire berner. Et buvons, buvons…

Tout se lasse en nous et tout se lisse comme aussi mes mains se tissent en crissant sur la nappe, nappant les flaques de schnaps tout autour du verre. Na, pan, dangereux, laisser une arme dans les yeux d’un enfant se mêler comme un arbre à l’acier de ses bleus iris. Juste une étincelle disais-tu ? Oui comme elle éteint le ciel à l’aube et à l’horreur vers le crépuscule, et ma Sara qui est encore si loin, occupée et lasse. Lasse de moi crois-tu ? Ou lasse de la réalité qui l’empêche de revenir vers nous ? Tout se cache en nous et penses-tu pour autant que nous soyons des ivresses et des lâches ?

« Votre mot de passe c’est à l’envers sur le décor de l’uniforme, en fermant l’oeil gauche et en bissant le regard qu’il vous laisse ». Mon mot se passe ? Se repasse à l’identique et à l’infini, se pare aussi quand il doit sortir comme quand il croit entrer, ou rentrer, en dedans, poussant deux dents pour se faire place entre les mâchoires. Pour se faire cache ma bouche ingère trop d’alcool et mon ventre las se vit comme un cancrelat rampant, oui, je me répète, tout à la fois, toutefois c’est indigeste je me sens ici bel indigène et la gêne ne fait que croître dans nos yeux quand on ose ramener des lames courbes ruisselantes de sang, oui de sang, sans égard, comme sang de mort au lieu de vie ici l’Afrique comme unique armature à mes désirs restants. Et buvons, buvons…

Carl JUSEK

La mort est rose et la vie est douceâtre/ les violons sur la paume plutôt les cordes et le vin plutôt que les palmes seules/ la vie dans l’eau et le combat de trop/ un/ deux / trois/ c’est ça ferme les yeux je n’y crois pas/ non ne plus croître après tout on ne croit plus rien———Anatoly TCHERVENKO

Laisser un commentaire