Archives de janvier, 2006
Oeil
Ce matin oeil sec fermé presque à la fin de la vie je sais tout est noir quand on se voit mal quand on prend le flou autour de soi comme une obscurité intérieure qui sort qui s’ingère, et qui se digère mal, car le mal de ventre est las bien là ici apportant la nausée elle vagabonde sur mes lèvres sans aucune place restante pour le désir juste tenter de retrouver la détente celle qui permettra l’évacuation du dégoût qui s’inscrit en lutte sur ma peau voulant forcer sans lune ma chair à cette nouvelle infortune.
On se demande alors quel serait le dernier mot à poser sur une page oui le dernier celui qui clôt le chapitre de l’éternité qui ouvre le chemin lui de l’évacuation du solide vers le glaireux et enfin vers le liquide oui ce chemin qui ouvre la porte de la liquidation fermeture âpre et licenciement usinage qui se termine dans les flots des pleurs autant que dans les fosses des peurs.
Karma qui s’engouffre dans la vision d’une lune insane oui quand il y a la santé qui chancelle on se porte pâle et on entend rire les obus tombant ivres sur sa propre tête aux éclats gris.
Karma qui se supporte comme les mots refusent de se poser alors comment trouver le dernier en fait car je le voyais un temps en fête et là c’est plutôt la défaite qui s’empale sur l’instant identique on se respire mal on se prend en odeur avant peut-être de prendre en horreur et les chemins de rondes restent pour temps vide à toutes espérances
Vous qui entrez ici.
C’est le chien qui gronde pas la main c’est le matin qui pleure pas la pluie c’est l’empilage correctif de la situation sur l’autre ivresse qui crame le sol de mes innocence à défaut de mes insolences oui en hiver c’est pas le soleil qui s’emporte c’est moi qui préfère le faire et le battre tant que je n’ai pas chaud au coeur.
Vous qui errez ici.
J’ai plus l’esprit de la rue j’ai prisonnier à la nuée encadrés enfin mes sauvetages n’ayant plus d’esprit pour une ultime sauvegarde.
Ce matin oeil sec en gommage qui se graisse et qui ne se fraise guerre en grosseur petite pas tumorale mais tout à fait tue moral(e) graisseuse.
Pant 2006
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Mot de passe
« Votre mot de passe c’est à l’envers sur le décor de l’uniforme, en fermant l’oeil gauche et en bissant le regard qu’il vous laisse ». Mon mot se passe ? À l’identique c’est vrai Anatoly que les cordes de ton violon ont aussi le droit d’avoir des mains pour elles. Tout s’allie dans un sens contre un autre, tout se salit même dans les recoins d’ombres.
« Votre mot de passe c’est à l’envers sous l’uniforme décor, en close up d’un oeil sur l’autre et en laissant l’heureux gars passer sur l’autre ». Mes mots se passent ? Ou mes mots finissent par passer ?
Les lunes ont de la chair le gras qui coule au frein des ogresses, et les animalcules espérances du zodiaque ne laissent pas les poissons hors de l’eau.
Carl tu trembles ? Laisse laisse donc ces illusions à cette étreinte ciel, je ne vois plus d’autre si elle et ses odeurs n’en sont que sauvages illusoires et dansantes non ? Carl tu trembles ? Laisse en toi s’ouvrir les cordes de mon violon à t’étrangler comme un étranger à cette heure. Violons la chair qui laisse les os en berne, qui laissent nos coeurs se faire berner. Et buvons, buvons…
Tout se lasse en nous et tout se lisse comme aussi mes mains se tissent en crissant sur la nappe, nappant les flaques de schnaps tout autour du verre. Na, pan, dangereux, laisser une arme dans les yeux d’un enfant se mêler comme un arbre à l’acier de ses bleus iris. Juste une étincelle disais-tu ? Oui comme elle éteint le ciel à l’aube et à l’horreur vers le crépuscule, et ma Sara qui est encore si loin, occupée et lasse. Lasse de moi crois-tu ? Ou lasse de la réalité qui l’empêche de revenir vers nous ? Tout se cache en nous et penses-tu pour autant que nous soyons des ivresses et des lâches ?
« Votre mot de passe c’est à l’envers sur le décor de l’uniforme, en fermant l’oeil gauche et en bissant le regard qu’il vous laisse ». Mon mot se passe ? Se repasse à l’identique et à l’infini, se pare aussi quand il doit sortir comme quand il croit entrer, ou rentrer, en dedans, poussant deux dents pour se faire place entre les mâchoires. Pour se faire cache ma bouche ingère trop d’alcool et mon ventre las se vit comme un cancrelat rampant, oui, je me répète, tout à la fois, toutefois c’est indigeste je me sens ici bel indigène et la gêne ne fait que croître dans nos yeux quand on ose ramener des lames courbes ruisselantes de sang, oui de sang, sans égard, comme sang de mort au lieu de vie ici l’Afrique comme unique armature à mes désirs restants. Et buvons, buvons…
Carl JUSEK
La mort est rose et la vie est douceâtre/ les violons sur la paume plutôt les cordes et le vin plutôt que les palmes seules/ la vie dans l’eau et le combat de trop/ un/ deux / trois/ c’est ça ferme les yeux je n’y crois pas/ non ne plus croître après tout on ne croit plus rien———Anatoly TCHERVENKO
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Ciller
« Tu as les paupières gonflées dés toiles liquidant des lunes en cernes,
eau de noix bleutées
gomme les éraflures qui frottaient le géant fleuve
saoulant mes yeux » et les lunes caniveaux qui savent parler aux étoiles retombant leur soif veine dans un carnaval où souffle les vents de la samba du samedi baron. Léon s’en était frotté de ces fleuves et des ces dames amazones aussi liquides et liquidées que leurs eaux savent tuer et couler sur l’aube salissante de la boue. Tu te lisses entre mes cuisses comme un serpent comme un boa constrictorant le sel de ma peau pour en faire des livres et des sacs en peau M. Allez Sara, crépitent les pépites soulevant le sable et la variole sur un vent de table. Ils les aiment regarder mourir en suaves litotes, elles n’aiment pas le cancer, pas plus que la cabri corne n’aime à se laisser manger ni ne veut prêter sa corne tunique qui la vêt ciment.
« Tu as les paupières gonflées dés toiles liquidant des lunes en cernes,
eau de noix bleutées
gomme les éraflures qui frottaient le géant fleuve
saoulant mes yeux » Dos de noix, dos de toi, doux dos grâce à l’abricot de ta peau qui se lave à l’eau qui se réveille halée qui se préfère haletante même dans les yeux de ma soeur dont tu n’es pas la fille dont personne ne sera ta tante ni te couvrira de sève ni te conservera de plumes pour te coller au sol. Ailes les aimaient les aimantaient même si l’acier n’est pas le meilleur conducteur de cette apparition du soir. Léon a laissé la balle venir vers lui sacrifiant le soleil lui même si celui ci n’est pas une étoile rouge comme Achernar. Mourir valait presque plus que tes yeux ni rouges ni verts
Signe comme cille Arthus au rebord de la Pierre en parant l’axe, axer donc tous les mots pour retard comme au ras bord sur le cotre et l’esquimau qui gèle sur l’axe nord au loin Thulé qui se glace sur un effet néfaste de funeste race. Cil parce que oui, ciller de ton regard c’est comme des mots saignés comme des maux signés par ton regard, même s’il ouvre la bouche il n’y a pas d’égout.
« Tu as les paupières gonflées d’étoiles liquidant des lunes en cernes,
eau de noix bleutées en désirade comme en mots créole
gomme les éraflures qui frottaient le géant fleuve et les motions du désir
saoulant mes yeux fossiles »
Carl JUSEK
Je ne sais plus dormir mais plus calmer mes peines non plus ni savourer l’amertume du chêne ni prendre en bouchon le liège pour fermer la bouche et ne plus affronter les mots ni laisser le violon prendre son temps ni ne plus arrêter mes doigts je ne sais plus mais je le rêve——Anatoly TCHERVENKO—————
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Et l’ivre ?
« Écriture tache
de sang
qui se dilue ?
sous la peau des chagrins,
bleue comme une orange,
sous la feuille,
dans nos yeux. Caméléon
entre vert et bleu,
comme le ‘glas’ breton.
Couleurs de la mer se confondant avec le ciel.
Le continent du firmament en horizon et un arbre à la verticale » prie-t-elle
et l’ivre au continental lire aux ires comme ces mots qui savent plus fuir qui salivent âne en plus finir meurtrir l’hirondelle et les ailes caravelle qui rimaient en suite avec l’idée de poursuite comme celle de poursuivre soûle la peau des chats grains aux cents mots par livre haussant émaux vitrifiés sur l’ire aux cents calendriers à la tonne sidérant les mystères comme ces lumières aux hivers retournent le gaz des réverbères au bec des corbeaux des pas sages.
Couleurs de la mer se confondant avec le ciel.
Le continent du firmament en horizon et un arbre à la verticale » prie-t-elle
Entre vert et eux comme le rat breton
aux fondamentales comme au fond de la cale
entre mots verbeux qui salissent le fond
et
qui punissent les lamentations
rire aux lamantins hyènes des mers
rire aux adamantins calvaires
et les zodiaques amers j’ai hissé des voiles vers des livres à des espars comme à des esters
qui se dilue ? qui se dit lut en sauteur ou en sautoir l’orange sous l’an vert de la feuille et le funeste ciel aux rumeurs de carnassières aux dents de carbone et c’est dans cette ire que ceci se considère et erre là ou les aubes les matins où se clame l’après où se porte l’espérance errance ou chance du changement ma petite madame du meilleur au sourire comme des mots qui n’en finissent qu’au pire à la veille des murs des empires elle s’emporte quand elle voit que sur la porte j’ai fait quelques desseins hauts traits surréalistes sur l’image animale de nos coeurs sous vide/a/vide.
Couleurs de la mer se confondant avec le ciel.
Le continent du firmament en horizon et un arbre à la verticale » prie-t-elle
Et je lui dis paraître même en mots même de haut paraître n’est que soupirs
paraître n’est que souffle sur l’air
mais hélas ne sera jamais Ruah
même pas dans l’idée
même pas si c’est sur le chemin
même pas.
Pant 2006
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Cancanent errent.
Quand il pleut
les rimes haut havre
s’isolent errent
Quand il peut
les rames aux dames
s’enfument errent
Quand il peur
garni d’eau funêbre
s’enferme erre
Pour quelles races
d’autres lettres
s’isolent errent ?
Pour quelques traces
d’autres gens
se retournent errent.
Pant 2006
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Coquille
« Coquille vide/ vidée/ sous vide ? Surtout aVide.
coquille creuse qui a faim et qu’une fin dévore. »
coque ile où le vent souffle sans enfer trop
coque illustrée qui dans le froid s’étire comme elle s’écrie as another like boogie boom boom
canon du désir so likely
et qui tonne et qui te tonne t’alourdit et en vin t’assourdit give all the keys
canon qui s’allonge comme le vin par déf-eau.
Les ombres étirantes de la nuit sur les ombres parant de désir un devenir de tuyau afin de revernir tes naseaux jument tu dis je mens comme dans un miroir se voile
comme dans un mouroir se dévoile nos déveines ires.
Coquille humide qui s’efface
galante
qui sur cette face
sent pile
cadmium et les radiations électriques
s’adore dans les relations éclectiques et les nuages antennes qui font parler les voix aux allures de muse à reigne
aux allures de gaveuses de baisers aux haletantes lèvres
aux attentes de son Eve
hosanna le tente.
Il me faut un but précis beaucoup de réalité pour me redresser
il me faut plus que du temps et des vents de sable
quelques gRains
pour parer mes reins d’un vrai pagne
et là dans l’amour ma compagne
tu seras la vérité
la vérifiée
phRas(é)e au logis d’un unique instant
institutionnalisée aux hivers et aux mots sads et aux vierges d’été ré
la page du calendrier qui finit dans le bois tiers si
faut pas grand chose rechercher
et jamais se retourner si on veut se relever.
Coquille creuse qui a faim et qu’une fin dévore.
coque ile où le vent souffle sans enfer trop
coque illustrée qui dans le froid s’étire comme elle s’écrie as another like boogie boom boom
canon du désir so likely
et qui tonne et qui te tonne t’alourdit et en vin t’assourdit give all the keys
canon qui s’allonge comme le vin par déf-eau.
Pant 2006
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Francopolis janvier 2006
Mouture janvier 2006 de Francopolis
où mes textes sont superbement présentés. C’est de bonne augure juste avant la parution de mon premier recueil de poésie. Je les remercie de toujours être disponible pour analyser finement et avec délicatesse les oeuvres que l’on envoie. La qualité du site et de l’équipe ne fait que favoriser l’envie d’être dans les auteurs sélectionnés il est vrai.
Donc tous mes voeux à Francopolis. Filez tous le lire, mettez le bien sur dans vos favoris, et pourquoi pas, envoyez leur des textes !
Nous accueillons également quatre textes de Patrick Duquoc. Textes au genre inclassable de prime abord, mais dont l’écriture poétique est bien présente. L’auteur n’hésite pas à alterner vers et proses. C’est la main qui semble guider ses mots.
Le premier texte P(R)ENDRE est un « émouvant cri d’un amour fervent et tendre » selon Ali Iken. Il suffit de « prendre l’ échelle et monter tout en haut de tout en s’accrochant à la chaîne de la vie » ajoute Alain Le Roux. Gertrude Millaire semble apprécier aussi « le titre donne bien le ton et le rythme se maintient… ses mots dessinent beau le paysage ». Idée que partage Teri Alves « Un texte qui alterne le bien et le moins bien. J’aime bien le titre, lourd de sens. »
Mais il y a aussi simplicité, originalité et rythme.
« Une écriture assez solide, de la simplicité aussi » (Gilles Bizien)
« les mots ici ont une façon étrange de prendre corps, le corps a de drôles de devenirs flottants. Le rythme rêve et danse, tout jaillit. Une grande originalité se crée, on en redemande, le cœur conquis, en résonance. » (Juliette Schweisguth)
Philippe Vallet conclue « il faut lire ces mots, ils nous portent à regarder, à inventer même ce que nous ne savons pas scruter avec l’acuité présente et passé d’un livre où les traits sont à prendre pour les découvrir sans restriction »Le deuxième texte Intimes.Mités, « titre accrocheur » dit Gertrude Millaire. Texte qui alterne prose et vers. C’est d’ailleurs ce que souligne Juliette Schweisguth « Etrange poème ou la prose et les vers sans rimes se mêlent pour nous faire entendre la rime du dedans, l’invisible qui balbutie, grelotte en donnant rythme aux mots toujours changeants, flottants, identique identité masquée se démasquant, se déplumant… La plume des mots dépose son mystère. » C’est aussi « une écriture pleine de colère contenue, qui ne tarde pas à se faire jour. L’oubli (volontaire) de certaines ponctuations dans le premier paragraphe accentue cette impression. J’aime cette alternance vers/prose, qui joue avec le souffle. Et ce crescendo qui nous emmène au dernier paragraphe, au point d’orgue. » selon Teri Alves
« un texte d’où se dégage une profonde amertume et de l’espoir aussi » ajoute Ali Iken. Et encore où « on sent la souffrance derrière les mots » selon Gilles Bizien.Le troisième texte, Uppercut, témoigne une nouvelle fois que Patrick Duquoc « est à l’aise avec les longues distances, et jamais ne s’essouffle » (Teri Alves) Même s’il a eu du mal à adhérer, Gilles Bizien pense que « ce texte est plus réussi ». Ali Iken semble avoir apprécié « images insolentes, texte colérique avec un prenant jeu d’assonances et un cœur au bord des larmes. » De même pour Juliette Schweisguth « On a l’impression d’entrer en effraction dans un rêve éveillé, de prendre un bain de couleurs, de sang et de douceur, drôle d’odeur qui entre en nous et ces mots qui vont parfois d’une ligne à l’autre comme un poème et d’autres fois se laissent aller, sans plus aller à la ligne comme si un fil les unissait, jaillissant bondissant dans le rêve… »
Dans le quatrième texte, Feuille et acier, « Les mots sont en prose, avec rimes accrochées aux résonances, les mots jouent à saute-mouton, courent et se cachent pour mieux vous surprendre en un registre surréaliste… les mots se prennent par la main, par la pensée pour nous emmener dans le “mobil-arbre” de l’auteur, sa maison de mots, de rêve, maison flottante et stable… » (Juliette Schweisguth) et toujours ce rythme « et voilà ça continue, le rythme nous prend sous sa lame d’acier et colore le temps. La vie qui s’étage en silence comme par adhérence multiple et féconde. » (Gertrude Millaire) comme une « longue chaîne de la vie continue sur le sol en béton » (Alain Le Roux)
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Lavallière
Lavallière
là voilà cette volière
elle avala
les ibis et les
valets
ont eu beau chercher
là
ou ici pour enfin revenir las
la volière
s’était éteinte
finalement c’était un abat jour
la nuit l’a abattu
chasseuse d’ennuis
Pant 2006
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Stradivarius
Stradivarius
comme une strate qui varie
us
car usagée
habituelle
comme elle habitue
ses elles à en-feinter
les cordes
franchir les autostrades
vairons
us et os
tensibles
en hic et hoc
arrachant la fiere stramoine
enfuie vers les sources
Pant 2006
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