Guerre atteinte

Les mots la mort la boue et les rumeurs qui creusent le trou
désoccupant toutes les rivières veines acculées
mais je sais que tu perds tes larmes qu’il y a le plein dans les limbes
« kill » te plaît de survivre à toute attente et de venir toucher mes patentes
tu n’auras rien tu ne sais plus que le souvenir de toi m’a déçu
rien non plus rien ne te correspond sauf l’infime ou l’infirme lueur du reste de mes soucis
non ne pleure pas c’est bien inusuel
tu n’y arriveras pas nue tu ne te sais aviser que les mots sur ta chair à viande
des calamités sûr que tu trembles c’est le cancer pas les poissons c’est le taureau bientôt coupé
qui perd là lui aussi son venin comme toi le scorpion dans mes veines

Les mots la viande debout toi qui bascule à genoux
et tes larmes neuves à peine apprivoisés j’aimerai bien savoir où ça se vend tout
sur une montagne au bord d’un col au prix de quelques verres d’alcool
les mots les larmes tu crois connaître mais la croix de ton mépris ne coche que la case de l’incendie
les pleins de coton et de laine n’étoufferont rien des flammes que tu m’a lancées
guère atteinte
à peine reteinte
toi mes genoux une pale histoire de culs mêlés qui rivés entre deux clous ne t’ont jamais déshabillée mais les cauchemars ont mauvais goût de ton coté tu laisses l’haleine se charger elle même de mauvais colliers de perles bien inhabituelles qui coupent avant de se dissoudre dans ce vinaigre plein le verre à coudre toi pliée sur les coudes te voulant attachée plus qu’attachante attends t’es vraiment chiante et ton humeur thuriféraire me laisse des nausées légendaires façon proche de Noël oui tout ça approche comme le moment qui s’apprivoise non

Guerre éteinte
les mots la morts les boues les sanies que tu sors des rivières des veines des artères ce sang que tu ne vois que vert pourri sans tendresse sans rougeur presque saumâtre tu perds ton talent tu as la vision morte tu ne vois pas la rougeur de ma passion de mes alluvions en l’espèce du Nil sans la tentation non sans la teinte action guerre éteinte

« Kill » te plaît de me buter comme assoiffé je sais tu pleures au moins en mots tu crois éprouver les maux mais tu es morte cancer tu es morte vers solitaire tu es ivre vers légendaire tu files vers les enfers et s’il te plaît reviens le coeur repeint reviens le corps sali reviens l’âme en désordre tout au coin de la folie et en hiver encore atteinte que je te plaise à te mourir comme à te nourrir de foies macérés de bile
guerre atteinte,

Pant 2005

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Je joins ci-dessous une sublime réponse de Sara H. à ce texte, elle seule peut combiner la pensée pantienne et l’élégance du trait dans la chair du texte !
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guère à teinte de pas sans retour
ne
noeud coulant
coule en traîne
dans les flaques de boue
blanc maculé
debout

je perds bien plus que des larmes
mais tu essuies que mes joues
alors que l’humide s’écoule
au-delà des cuisses
à l’intérieur intestinal
un destin te pleure

je suinte d’attente
mais tu es plus près de moi
que tu ne le
croix de mon fardeau
je te porte au ventre
dans ma nudité viscérale
alors non
je n’aurai rien de toi
je l’ai déjà eu
et je le porte au creux de moi
ce toi que tu ne m’arracheras pas
ce reste de racine qui bourgeonne
dans les ténèbres de nos
graines félines
c-h-a-g-r-i-n STOP.

ma chair à viande
tu l’as aimée
l’as charcutée
à vide
puisque les bombes avaient déjà
tout dépecé
mes entrailles
comme pour guirlander la nuit
un plein délié de vents froids
pour réécrire nos erreurs
et ces lézardes que tu déchiquetais
de tes dents carnassières
pour fissurer ce que tu n’as jamais
atteint

éteins
cette guerre
que j’ai allumé
d’un regard khôlé
pour le feu aux poudrières
d’une bouche à canon
j’avais espéré
ton obus, tes boulets
pour en finir
mais c’est la baïonnette
qui m’a happée
alors oui
j’ai joué les dragons
mais c’était toi
qui était en eau

du mépris?
non
je t’ai pris
au collet
et tu ne l’acceptes pas
alors tu bouchonnes
des chiffons en compresse
pour étouffer mes mots
pour que les maux
restent
attachés à la chaise
comme tu m’as ficelée
jambes écartées
pour voir ces lèvres muettes
que tu crois se taire

mais tu ne sais pas l(‘)ire
car j’ai crié
hurlé
griffé
plante carnivore
elle t’a mordu
et le poison
se noie dans ton bocal
sans se souvenir

morte quand sert le poing
veine enflée
et seringue plantée
ton élastique claque
mais le crabe pince
même décapité
comme court le canard

je ne reviendrai pas
un coeur dissolvant
(se) décompose
qu’heures de pourriture
Tür*
je passerai une autre porte
entre mousse et humus
et j’emporterai
ton ârme*
circonflexe des ailes repliées
pour guillotiner ta plume

car qui de nous deux
était le ver de terre
amoureux d’une étoile*
si le ver luisait
l’étoile séchait comme
tesson écrasé

interstice cicatrisé
signaTür
et la porte claque
en joue

Féludorée via Sara H., live original du texte ici

* Tür = porte en allemand
* arm = pauvre en allemand
* souvenir de Ruy Blas de Hugo

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