Archives de décembre, 2005
Aux dents l’aube
Quand d’une main
pleine de soucis
non pas les fleurs pas les soucis
non pas les leurs pas les ennuis
quand dune nain
je me sens si petit
que j’ôte les grains de poussière
sur les rochers
quand je perds mon ombre sans me coucher
les lieux sont si sombres je veux pas crever
Quand d’un geste lent tu me souris
j’ai presque hâte
j’ai besoin de chaleur
j’ai presque peur
je suis trop a vide à l’intérieur
que je perds mon désir sur le chemin
deux
ce Damas
contre toi Dallas
J’étaie
le parchemin
j’étais son arbre
pas son lit couvert de lin
j’étaie
le papier
cru par bandes
et mes yeux
aux taies bien lourdes
à perdre haleine
contre aiguille
raccommoder les vieilles bordures
des oreillers
ces vieilles ordures
Quand d’un presque là
je serai mort
voir déjà dehors
à coups de trop mauvais sorts
je n’ai pas peur non
mais si c’était l’heure à quoi refaire
les conditions sont décisives
et les mots qui se présentent sont déjà loin
dans leurs débords
pompe maladroite mauvaise soupape
dans cette veine se déguise
ma déveine et mes sous papes
à paire d’ailes
les hirondelles
aux arondes elles
couleur gironde pas au bord d’elle
je sais tu
bleu dans les rives
bleus
le sable à détaler
sur les rives hier
le sable a détalé
plumes à moitié
paumes si nulles et moites
Quand dans cette laine
à trop danser
je perds ses ailes
je peux plus pleurer
je peux plus saigner
José fidèle lundi aussi
j’ose être fidèle le samedi et toute la nuit…
Pant 2005
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Guerre atteinte
Les mots la mort la boue et les rumeurs qui creusent le trou
désoccupant toutes les rivières veines acculées
mais je sais que tu perds tes larmes qu’il y a le plein dans les limbes
« kill » te plaît de survivre à toute attente et de venir toucher mes patentes
tu n’auras rien tu ne sais plus que le souvenir de toi m’a déçu
rien non plus rien ne te correspond sauf l’infime ou l’infirme lueur du reste de mes soucis
non ne pleure pas c’est bien inusuel
tu n’y arriveras pas nue tu ne te sais aviser que les mots sur ta chair à viande
des calamités sûr que tu trembles c’est le cancer pas les poissons c’est le taureau bientôt coupé
qui perd là lui aussi son venin comme toi le scorpion dans mes veines
Les mots la viande debout toi qui bascule à genoux
et tes larmes neuves à peine apprivoisés j’aimerai bien savoir où ça se vend tout
sur une montagne au bord d’un col au prix de quelques verres d’alcool
les mots les larmes tu crois connaître mais la croix de ton mépris ne coche que la case de l’incendie
les pleins de coton et de laine n’étoufferont rien des flammes que tu m’a lancées
guère atteinte
à peine reteinte
toi mes genoux une pale histoire de culs mêlés qui rivés entre deux clous ne t’ont jamais déshabillée mais les cauchemars ont mauvais goût de ton coté tu laisses l’haleine se charger elle même de mauvais colliers de perles bien inhabituelles qui coupent avant de se dissoudre dans ce vinaigre plein le verre à coudre toi pliée sur les coudes te voulant attachée plus qu’attachante attends t’es vraiment chiante et ton humeur thuriféraire me laisse des nausées légendaires façon proche de Noël oui tout ça approche comme le moment qui s’apprivoise non
Guerre éteinte
les mots la morts les boues les sanies que tu sors des rivières des veines des artères ce sang que tu ne vois que vert pourri sans tendresse sans rougeur presque saumâtre tu perds ton talent tu as la vision morte tu ne vois pas la rougeur de ma passion de mes alluvions en l’espèce du Nil sans la tentation non sans la teinte action guerre éteinte
« Kill » te plaît de me buter comme assoiffé je sais tu pleures au moins en mots tu crois éprouver les maux mais tu es morte cancer tu es morte vers solitaire tu es ivre vers légendaire tu files vers les enfers et s’il te plaît reviens le coeur repeint reviens le corps sali reviens l’âme en désordre tout au coin de la folie et en hiver encore atteinte que je te plaise à te mourir comme à te nourrir de foies macérés de bile
guerre atteinte,
Pant 2005
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Je joins ci-dessous une sublime réponse de Sara H. à ce texte, elle seule peut combiner la pensée pantienne et l’élégance du trait dans la chair du texte !
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guère à teinte de pas sans retour
ne
noeud coulant
coule en traîne
dans les flaques de boue
blanc maculé
debout
je perds bien plus que des larmes
mais tu essuies que mes joues
alors que l’humide s’écoule
au-delà des cuisses
à l’intérieur intestinal
un destin te pleure
je suinte d’attente
mais tu es plus près de moi
que tu ne le
croix de mon fardeau
je te porte au ventre
dans ma nudité viscérale
alors non
je n’aurai rien de toi
je l’ai déjà eu
et je le porte au creux de moi
ce toi que tu ne m’arracheras pas
ce reste de racine qui bourgeonne
dans les ténèbres de nos
graines félines
c-h-a-g-r-i-n STOP.
ma chair à viande
tu l’as aimée
l’as charcutée
à vide
puisque les bombes avaient déjà
tout dépecé
mes entrailles
comme pour guirlander la nuit
un plein délié de vents froids
pour réécrire nos erreurs
et ces lézardes que tu déchiquetais
de tes dents carnassières
pour fissurer ce que tu n’as jamais
atteint
éteins
cette guerre
que j’ai allumé
d’un regard khôlé
pour le feu aux poudrières
d’une bouche à canon
j’avais espéré
ton obus, tes boulets
pour en finir
mais c’est la baïonnette
qui m’a happée
alors oui
j’ai joué les dragons
mais c’était toi
qui était en eau
du mépris?
non
je t’ai pris
au collet
et tu ne l’acceptes pas
alors tu bouchonnes
des chiffons en compresse
pour étouffer mes mots
pour que les maux
restent
attachés à la chaise
comme tu m’as ficelée
jambes écartées
pour voir ces lèvres muettes
que tu crois se taire
mais tu ne sais pas l(’)ire
car j’ai crié
hurlé
griffé
plante carnivore
elle t’a mordu
et le poison
se noie dans ton bocal
sans se souvenir
morte quand sert le poing
veine enflée
et seringue plantée
ton élastique claque
mais le crabe pince
même décapité
comme court le canard
je ne reviendrai pas
un coeur dissolvant
(se) décompose
qu’heures de pourriture
Tür*
je passerai une autre porte
entre mousse et humus
et j’emporterai
ton ârme*
circonflexe des ailes repliées
pour guillotiner ta plume
car qui de nous deux
était le ver de terre
amoureux d’une étoile*
si le ver luisait
l’étoile séchait comme
tesson écrasé
interstice cicatrisé
signaTür
et la porte claque
en joue
Féludorée via Sara H., live original du texte ici
* Tür = porte en allemand
* arm = pauvre en allemand
* souvenir de Ruy Blas de Hugo
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Ses yeux
Dans ces yeux
que je t’embrasse
comme je t’enlace
et les mots bleus jamais ne
s’effacent
et pour moi
sourire n’est une fois
non ce n’est pas me perdre sans toi
juste encore toi
mais les yeux bleus d’ardoise sur un toit
et des étoles de ce même vison que je lisse de mes doigts
Dansez yeux
que je t’embrasse
comme je temps lasse
et les maux bleus jamais noeuds
se lacent
et ses faces
et pour moi
mourir n’est pas une loi
non ce n’est que perdre le souffle encore une fois
juste une fois
alors je souris fort quand tu me parles de foi
agitant la laine beige comme on fait une croix
je sais que ton coeur est le mien
encore essieu ce bel axe pour vivre bien
agite aussi tous les remous du rêve j’aime quand tu me reviens
Dans ces yeux
que je t’embrasse
comme je t’enlace
et les mots bleus jamais ne
s’effacent
Dansez yeux
que je t’embrasse
comme je temps lasse
et les maux bleus jamais noeuds
se lacent
et ses faces
Pant 2005
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Bon Noël !
Je souhaite un bon réveillon et de bonnes fêtes de Noël à tout le monde, et un petit plus supplémentaire à mes lecteurs. Bonnes fêtes à vous, qu’elles soient littéraires et en famille, qu’elles soient surtout pleines de joie et de bonne humeur.
Je sais que tu ris à cette heure
que tu trinques aussi
et que tu le mérites c’est la vie
le plaisir on aime l’offrir comme le regarder
comme le savoir ailleurs même loin de soi
car l’univers n’est pas que pour soi
et dans Noël il y a plus nous et vous que toi
c’est le moment de prendre le recul dans son intérieur
d’en ouvrir tout grand les portes
de mettre les petits plats dans les grands
de donner sans attendre à ses hôtes
et de recevoir sans faillir
l’amour est à ce prix
Bon Noël !
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Diptyques composés
Pourquoi trembles-tu mon coeur ?
C’est ta main qui l’effleure
Pourquoi alors ce pluriel ?
Par singularité ma fleur c’est d’abord ton ciel
Voilà alors pourquoi tes doigts sont bleus ?
Oui pour toi j’ai de la lune enfreint les jeux
Alors dis moi en quoi est tendre le bel effet de tes yeux ?
Mes pardons n’y laissent traîner que les enfants du feu
Pant 2005
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Six mille
Quoi que je vois
est là devant
soi
Quoi que ce soit
reste là avant
soie
Beige
et finasse comme baigne
baise
efficace et doux comme un baiser
Soleils
ou étoiles
explosions si nombreuses
tes yeux
et mes membres
en feu
Dentelle
et ma nuit pour se réveiller
donc elle
et ma vie pour m’envoler
d’une ombre longue
partir participer partitionner
des morceaux de vie
des grains de riz
des gains de lumière
Et des vitesses à repasser
peut-être
si errait las ce levier
fidèle à la tornade
et mes rêves eux
aux platanes
S’emporter dans le vent
et finir ici et
mains tenants
nos coeurs
si vieux d’enfants
Si mille et mille vies
une seule rencontre avec toi
six mille et mille lits
et nos deux corps toujours collés
Pant 2005
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Claque
Chaque regard
un mot
et tes yeux encore plus beaux
et mes soupirs par défaut
et par milliers
fermer ta bouche de mes lèvres
je sais
c’est trop idiot
Chaque regard
comme une claque au renard
rusé funeste dans le coin du vide
et ma vie qui se dérive ici
dans une vague éternité sans flux
Tu es d’ici comme je suis de là
et tes sourires
comme je me dois
De rêver
ne serait-ce qu’une seule fois
laisser passer la trêve
et finir la nuit sur la grève
ensemble
De dormir
l’une contre l’un
y a pas d’idées
c’est pas un mensonge
juste une rivière de dire
que parfois aussi savoir lire
fait aimer les mots
dans les calendes comme dans nos mains
des poupées sur nos doigts aux ongles rongés
J’ai jeté là toute ode au calendrier
Audace
your life
Tu es une femme qui se veut
ivre dans l’infini
celui de mon coeur qui fuit l’ennui
plus de sombre sang pour faire couler ma veine
non je n’y pense même plus
tu es ma sirène
tu es ma sereine
et moi l’idiot d’amour servi
et encore trop peu c’est dit
Time your love is gone my baby
and your lies
just hang out all your distress
and pain and suffer well no more stress
Pant 2005
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Peter Gabriel “Blood Of Eden”
with Sinead O’Connor
I caught sight of my reflection
I caught it in the window
I saw the darkness in my heart
I saw the signs of my undoing
They had been there from the start
And the darkness still has work to do
The knotted chord’s untying
They’re heated and they’re holy
Oh they’re sitting there on high
So secure with everything they’re buying
[Chorus:]
In the blood of Eden
Lie the woman and the man
With the man in the woman
And the woman in the man
In the blood of Eden
Lie the woman and the man
We wanted the union
Oh the union of the woman
The woman and the man
My grip is surely slipping
I think I’ve lost my hold
Yes, I think I’ve lost my hold
I cannot get insurance anymore
They don’t take credit, only gold
Is that a dagger or a crucifix I see
You hold so tightly in your hand
And all the while the distance grows between you and me
I do not understand
[Chorus]
At my request, you take me in
In that tenderness, I am floating away
No certainty, nothing to rely on
Holding still for a moment
What a moment this is
Oh for a moment of forgetting, a moment of bliss
Heyyyyyyyyyyyyyyyyy
I can hear the distant thunder
Of a million unheard souls
Of a million unheard souls
Watch each one reach for creature comfort
For the filling of their holes
In the blood of Eden
Lie the woman and the man
With the man in the woman
And the woman in the man
In the blood of Eden
We wanted the union
Of the woman and the man
In the blood of Eden
Lie the woman and the man
I feel the man in the woman
And the woman in the man
In the blood of Eden
Lie the woman and the man
I feel the man in the woman
And the woman in the man
In the blood of Eden
We’ve done everything we can
In the blood of Eden
Saw the end as we began
With the man in the woman
And the woman in the man
It was all for the union
Oh, the union of the woman, the woman and the man.
[extra lyrics from the "film mix"]
The blood of eden keeps running through me
running through my veins
the blood of eden keeps rushing through me
when I’m sure there’s none that remains
the blood of eden keeps running through me
I can feel it in my bones
that blood of eden keeps rushing through me
taking back what it owns
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Rire
Rire et s’éprendre,
et voir les mots comme des sourires à se surprendre,
rire et lever les voiles de la soumission du rien sur le rien.
Ne plus vivre sans comprendre,
mais vivre sans con plainte
sans calendrier à cocher
comme nos groins se posent inarticulés de mots « sads » en retour,
des gigognes comme des amours et des perles à rebours,
qui lâches loin et si près des bombes,
nos regards mêlés comme des soupirs
voir de larme,
oui voir,
loin de tout voir,
et s’enfuir.
Rire et s’épandre,
et ne plus croire les mots,
las de surprendre comme à se souvenir idiot,
dans des rimes délicates à priori beurrées de fers,
de rivières,
de tonnerres,
et de sentiments amers,
calés sur les plaines,
Hélas
à plaisanter comme des rives en jachère
sur un champ de bruyère,
et les mots en calanques
sur les bords de Cassis,
dans les criques où ça me croque
et que tu t’envoies encore idiote
mes primeurs étiques d’un vieux bronzé antique.
Rire et s’éprendre,
et voir les mots comme des sourires à se surprendre,
rire et lever les voiles de la soumission du rien sur le rien.
Pant 2005
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