Archive for octobre, 2005

Je ne vais pas dormir cette nuit alors autant blanchir du papier au lieu de froisser noir mon oreiller. Il y a toujours du rimmel qui pleure sur les draps et mon papier suinte de silence. Si, lance tes chutes de lettres ! L’être, comme si tu ne pouvais pas aimer que je me taise ou que j’en dise trop. Ou pas assez, c’est du pareil au m’aimes. Tu veux ta brise et moi tu me brises glace pour des miroirs trépassés. Si lent ce murmure en moi, si lourd que tu te fracasses sur mon mur mur de lamentations, là où je crache l’humus sans digérer, toutes ces choses que tu me fais ingérer, avaler parce que je te bois au goulot, tu as oublié. Alors comment ne pas être lourde de toi, lourde de blanc. Tu as peur, peur des neiges entre les encres alors qu’entre tes cristaux d’ancre, il y a des tonnes de poudre qui explose. Tes mots tremblent, crépitent et m’amputent. Alors je hurle, je hurle à en faire frémir l’horizon jusqu’à l’érection, un horizon vertical qui se glisse entre mes cuisses, contre lequel je me plaque, que je lèche au collier pour qu’il me dise encore et en corps jusqu’à en vomir les six lances que tu n’es pas là entre ces barreaux. J’ai les paupières enflées d’étoiles liquides et des lunes en cernes, bleutées, comme les froidures qui flottent sur le grand fleuve, sous mes yeux. La fenêtre est grande ouverte et j’ai froid. Il y a des gerçures à la commissure de mes lèvres. Ca te laisse de marbre. Ca ferait un joli titre dans les journaux : « les amants cryogéniques ». Elle avec ses silences plein de mots et lui avec ses maux plein de silex. Parce que oui tu me jettes la pierre, comme si ça ne suffisait pas de me noyer. Cil comme signature. Ex pour départ. « Wiem że umrę cały * » Tu crois pas qu’il y a assez de cadavres ? Cas d’havre : moi et mes rêves. Je porte tes silences et je pèse trop sur ton corps-texte. Mais tu as les mains trop petites pour soupeser cette chair qui regorge de lait. Ta bouche est bien trop carnivore pour caresser le moindre blanc parce que ça t’étouffe mais c’est toi rien que toi et tu ne veux pas regarder dans ce trou lacté parce que ça fait trop mal. Alors je te porte et tu me flagelles. J’halète de spasmes parce qu’à force de te voir sans te voir tu ne me vois plus. Le blanc tourne, pour mes pourritures de chairs à venir. Venin déroute.

Sara H.

* polonais “je sais que je meurs toute entière”


Tags:

1-Paupières, tout n’est que paupières.
Des mots posés sur du vide, et de l’huile sur un essieu. et des trous pour mieux percer, et des langes pour mieux cerner.
pauper, pauvre en esprit, pauvre de mots , mais riches de rides dues aux maux.
tout n’est que mots, les rires que je pose là sur trois lettres, aha. et les sourires que je ne sais poser en plus de trois mots. alors et les pleurs ? jamais ils dissolvent, ils affadissent, désépaississant la miction faite de l’huile et de meurtrissures.

Meurtrissures, en être vous si surs ? de meurtres il n’y a que le corps et le mort de sur, et des fois rien ne vaut la mort sure par morsure. Les dents cariés, les dents acérées, les dents à briser sur la chair, ne rien faire à moitié. Peupler de l’art, des corps ivres de lard, peupler avec effet retard, par dérision, plus que par décision. Car rien n’est décisif, qu’il n’est quelque part incisif, incisif de quartier, en traversant la rue, et ceci afin que la mort tue. Renversé par un lourde Volvo souveraine. non non je confirme pas par cette féline qui porte le nom de souveraine, mais celle plus lourde et massive qui se fait discrète et écrasera plus fort et plus plat.

2-Paupières c’est aussi une fin de carrière, lorsque l’arène se referme en un presque cercle, le point d’expulsion. Le point de chute, point de chute, tout se laisse en cercle à reprendre sur un autre, pas en inclusion, pas en occlusion, mais sur décision, alors l’espace n’est que sortie, pas respir, l’espace c’est l’anti-mot, le néant du langage.

Paupières, car là oui, si on ferme les yeux, fermons les yeux, et oui, les mots s’espacent, mais s’étirent plus qu’ils disparaissent, s’étirer, élongation d’un espace, en collusion avec le temps. Respir.

Paupières, car si j’ai peur du silence, c’est aussi pour ça que j’écris, par peur de l’entre mot, qui n’est pas le mot. Le non langage en fait, car comment de l’espace vierge peut naitre un langage ? la langue ne peut y penetrer.

C’est le souffle qui y est avant les mots. Bien en avant. Ruah.


Tags:

Voilà une chanteuse, une artiste avec laquelle j’adorerai écrire, et c’est pas peu de le dire, mais elle n’a pas besoin de moi, snif.

Sous les shorts des garçons (Axelle Renoir - Sylvie Bonnet / Axelle Renoir)

Faire diligence
Pour pister les cow-boys
Rencontre du troisième trans
Enfin naître frivole

En toute innocence
Renverser l’auréole
Inverser les tendances
Faire couler les gondoles

Libre jamais masquée
Enfin libre de regarder
Libre de se pencher
Enfin libre partir casquée
Sous les shorts des garçons

Des journées dans le sable
Avec vue sur coquillages
A compter les tatouages
Lancer l’abordage

Mettre des robes les robes d’Al Capone
Ah je m’étonne je m’étonne je m’étonne
Autoriser des versions silicones
En la matière je tâtonne


Tags:

Nos rêves et nos suées
comme des organes sectionnés
au fil à couper réconfort honni d’espoir
à basculer comme ivre sous l’horizon électrique
là où le cauchemar s’est vidé agacé par les électrodes qui ont absorbé
comme tu me l’as dit cet « ensoleillons le sommeil » paradoxal

J’ai des saccades oculaires et des morts en parade
sous les paupières à la hâte trop refermées
comme des pupilles empalées sous la section d’un mur de fer
à se broyer les cils comme abîmer
sur le scalpel de l’horizon ton nom

Je me froisse lin laine et hasard
dans les soirs aveugles et bien trop noir
comme se recroqueville une étoile sur elle-même
sur un poème barbouillé d’éclats de peines beaux dommages
bats le cœur sous la montagne ici en sourdine
pour des fouets habiles et nubiles en chairs caresses
parer à ta soif mon encre mon mausolée ma faiblesse
colle à ta plume mes rivets d’acier rougissants à la lune

tes rêves par leur noir dessein m’électrocutent
avec l’aiguille le mouchoir sous la peau
à éveiller des désirs si intenses et nouveaux
ébouriffés assoiffés
hérissés assourdissants
sous la carcasse emmêlés par la soif et la fin
d’une pile rouillée affolée mugissante
morte à tout au revoir et à demain

Tes morsures lentes pincent la chair opportune
tes seins lourds et mon coeur en panne
le délice de l’eau sur ma peau diaphane
l’opacité des frissons et l’offrande de la tentation
suintent une mutilation une chaîne haute portée
profonde par la morsure des maillons
dans les tréfonds et bas rebonds des mots surs

Tes mains en foire perverse sur mon ventre
et des fils entrelacés entre là et lacs d’amour
hoquettent comme sous des soupirs ma maîtresse
sous tes spasmes se libèrent d’autres maux
pour des calligrammes en fête qui font fuir
en perles des nues nos troubles au caniveau

Mes rêves crépitent aux pâleurs du soir
d’étincelles avides de flammes accaparantes
sous le glacier d’un corps qui fond toute la nuit
inerte noire et suspecte
ignifuge sauvage et offerte en toute innocence
que lèche ma langue sous les hospices du sel
ta langue-buvard s’acharnant à la mienne
pour des volcans cachés et des montagnes carnassières
à m’hurler du fond de la cour la vraie menace
à m’ourler du bout des doigts
amour laid au juste ou étincelle qui sert l’amour
et ne s’enfouit pas toujours dans le malaise
même si le malentendu fait que l’on n’y voit que
milles baisers
et quand ivres et savoureux
on se regarde encore à dévorer
il y a des chances que l’on recommence
des chances que l’on recommence…

Féludorée/Pant2005

ps: ce texte a droit de cité comme continuité de la salle des ombres.


Tags:
  • Catégories

  • Commentaires récents

  • Textes Choisis

  • Amazon cadeau !

Creative Commons License