Archives de octobre, 2005
Lettres à Alex-2-Lettre à Grégoire

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Grégoire, ainsi tu souhaites partir et tu comptes sur moi pour te lancer une corde de secours … Attention tu pourrais bien t’y pendre. Je doutes que tu aies frappé à la bonne porte, mais comme tu le sais elle n’est jamais close, alors je vais te répondre.
Rester pour l’amour dis-tu ? Excellente raison, je reste parce que je t’aime, tous les deux nous allons tout vivre et tout partager, sans jamais nous quitter … Joli scénario qu’on nous fout en tête avant même qu’on soit en âge de procréer … Qui passe sous silence les doutes, la lourdeur du quotidien, les tentations et le dégout de l’autre … On ne peut vraiment détester que ce qu’on a profondément aimé. Alors, non, l’amour n’est pas une raison de rester, c’est un virage incontournable de dérapages, et comme tout le reste il nous faut le traverser.
Alors quoi d’autre ? L’amitié ? Les amis sont là, oui … mais pour quoi ? Pour tendre des mains qu’ils retirent le lendemain, après que l’élan de générosité ait été tari par la réflexion, l’égoisme et les mauvais conseils que portent leurs nuits … Tu le sais comme moi, le seul lien qui les unit à nous se résume à un cordon ombilical, tuyau qui nous vide de l’intérieur et qui se détache quand ils ont fini de nous prendre ce qu’ils attendaient de nous. Après c’est le cordon sanitaire, éloigné du groupe pour des pretextes anodins, « pour ton bien » … l’amitié c’est une autre forme de corde au cou. N’en espère rien, ne reste pas pour eux … n’oublie jamais que dans leur univers tout tourne autour d’eux-mêmes, qu’ils sont tous forgés de la sorte. Ne commet surtout pas l’erreur d’avoir plus d’estime pour eux qu’ils n’en ont pour toi. Même s’ils sont bons, même s’ils sont là.
Rester pour les sensations … après tout, oui, elles sont tout ce qui nous reste quand on se rend compte qu’on n’a jamais été habité par une âme, une morale ou un esprit … Oui, elles restent notre dernier plaisir, notre ultime satisfaction, mais peu sont ceux qui acceptent cette animalité, ce constat d’échec total de notre civilisation, qui fait qu’après la science, la religion et la philosophie, ce qui nous fait continuer reste encore et toujours l’instinct de survie.
Moi je te dirais de rester simplement parce le bouton « stop » que tu désires enfoncer n’existe pas, parce que ce n’est pas une fin en soi mais une ouverture vers un « je ne sais-quoi » qui me fait bien plus peur que tout cela. Et, appelle ça de la lacheté si tu veux, je me suis toujours accrochée à la vie comme si j’y tenais … peut être simplement parce que je suis programmée pour ça. Parce que j’ai toujours trouvé plus grand celui qui se relève que celui qui reste à terre et que celui qui reste droit.
Ecris-moi.
Alex.
By Nala 2004
Lettres à Alex-Lettre Une
Alex, tu le sais, ces images ne sont que fortuites. Le stress et ma condition littéraire font que ma folie, mes raisons n’en sont plus. Alors les pensées fugaces par instant, quand le trop plein ne laisse comme envie que de trouver le bouton stop.
Le silence, le repos, la quiétude, alors oui peut être le néant, peut être.
Prendre le dernier train, le laisser approcher, toutes lumières allumées, et sauter… s’écraser sur les rails comme une compote de chairs unifiées. Y a pas de points de suture pour ce genre de blessures. Prendre un train, comme on prend une gifle, comme le sang monte à la joue, fouette l’émotion. En finir ou recommencer d’ailleurs.
C’est la fuite, c’est l’esprit de la fuite, de l’abandon, de la sortie du décor, de faire une belle dernière scène, un adieu qui sera encré. Pleine de bruit et de fureur, et après ? Mes forums et mes sites me survivraient ils ? Aurai je insufflé cette vie consciente à mes mots, suffisante à perdurer sans l’être que je suis, si petit. Si mortel. Aurai je des esprits créatifs qui sauraient sur moi construire ?
Peu importe, peu importe, le souci de rester in fine laisse la place à l’unité des chairs sur les rails collés. Purée voilà les vers. Les mouches leurs mères. Au moins reprendre place dans le grand palace de la Nature, moi l’immature. Cœur qui ne sait pas aimer et cherche pourtant partout ce que peut être l’amour.
Etonne moi, maintenant.
Quels seront tes mots en réponse, y a-t-il une réponse à l’insolence de la vie qui veut disparaître ? Paradoxe inutile d’un poète qui chasse encore le concept dans la moribonde pensée, dans le calame pourri qui laisse crever les mots et les portent en berne.
Alex, mes mots ne sont que posés sur l’escalier, et ma peur de tomber aussi. Encore que, encore que. En substance, comme en errance, mon coeur s’est laissé prendre par les charmes déposés sur le chemin de mon âme. Mais les souffrances sont telles que la réalité transparaît, et réapparaît unique et multiple, dans toutes les errances de mon sang.
Alors Alex, prendre le train, c’est prendre la fin, c’est finir, c’est terminer, c’est peut être recommencer, mais ailleurs, d’ailleurs peut être j’aurai le temps de recomposer l’émotion, et les sens, et le sens.
Car Alex, c’est surprenant mais c’est une perte de sens, de repères pour moi, pour nous, poursuivre le chemin, courir après le destin. Circuler à l’aube avant le lever de rideau, la fin de la pièce laissera place à un autre auteur, et à une autre hauteur.
Et rester c’est quoi ? S’allonger sur le sable et attendre les esclaves de la temporalité. Leur tempes grises masquées par le beurre salé de ma Bretagne adoré. Alors hisser la voile et partir vers l’occident, vers le froid de l’inconnu, c’est le même départ. Alors voilà, voilà…
En fait rester pour quoi ?
L’amour ?
Oui c’est une bonne raison, c’est magnifique l’amour, c’est grand, mais c’est compliqué, c’est intense et souvent caché, c’est surprenant mais souvent dur à vivre à l’air libre.
Et air libre ?
Regardons de plus près cette qualité d’air, pollution, résidus voraces qui ne font que nous dévorer un peu plus.
Rester pour les amis ?
Oui ils sont là, ils sont bons.
Mais la qualité des relations suffit elle à faire autre chose que créer des liens ?
Le lien est il suffisant même s’il est clairement nécessaire ?
Alors nos relations ne sont elles autres choses que des mains tendues, des gestes fait les mains ouvertes, doigts offerts ?
Le grain d’une peau, une caresse, un soupçon de pêche, une tempête sculpturale qui laisse le pas à un cyclone scriptural, pour ça je pourrai continuer de vivre. Ivre effectif à toute autre réalité. Alors le réconfort est il juste un affleurement des sens, une exacerbation ?
Centurion carcasse inutile, paumé dans une époque fébrile, qui n’a plus de repères, qui n’a plus d’opinion sur le temps, ni d’options pour dedans. Refermer la porte, alors qu’en fête elle est toujours ouverte, chaos énigmatique d’une solution acide.
Prendre le dernier train, ou ne pas laisser passer le premier, lutte fiévreuse de possibilités qui dansent dans ma cervelle. Des si, des non, des chaleurs, des glaces parfum figue. Famélique cet aspect de l’homme, je perds vraiment ma densité, ma consistance. Et surtout mon envie de poursuivre.
Cyclone, vainqueur des lenteurs inaltérables, cyclope serpent de métal qui fonce et me précipiterait dans un monde de silence et de repos. Hum, encore que c’est juste une conne d’idée, comment sait on ce qui se passe après ? C’est peut être bien pire, et comme je le sens, le silence et le repos n’existent pas.
Alors fureur, laisse toi aller, les actions ne valent rien, les regards se posent sur le néant, mais les soupirs ne viennent pas de l’innocent, non, le coupable est celui qui les mots manipulent. Et peut être que finalement entre les mots et l’amour je retrouverai la raison…
Grégoire.
Pant 2004-09-20
Les oiseaux.
Quelqu’un d’autre que moi, pour brasser les mots. « on peut pas sauver le monde » chacun de ses mots me frappent Anatoly. J’ai croisé cette enfant hier soir, le sang avait séché sur sa robe bleue, j’ai croisé cette enfant et ses yeux dans les miens, j’ai croisé cette enfant et sa main dans la mienne. Anatoly que faire ? Sara ? On patrouillait dans les décombres, on marchait nos bottes dans les cendres, on regardait plus, on fermait presque les yeux, les corps s’entassaient partout, femmes, hommes, enfants. Enfants, tu entends Anatoly ? Non justement les oiseaux sont partis, ils se cachent, ils se tassent au fond de leurs nids.
« on peut pas sauver le monde » alors gardons la nuit, et posons les lettres sur le papier, faire une lettre à Ded Moroz, une lettre avec des maux, une lettre à la mort. « on peut pas sauver le monde » Anatoly… Sara mon oiseau du Dniepr, seras tu mon oiseau s’il n’en reste plus ? Anatoly…je veux encore entendre ton violon s’il te plait, un violon sur les décombres de nos vies… « on peut pas changer le monde »
Carl Jusek
Jouer de ce violon plein de cendres, jouer avec les oiseaux sur la crête, jouer avec Sara comme avec toi Carl, jouer pour ne pas rêver, oui jouer, ne pas rêver pour ne pas aimer, oui jouer, ne pas aimer pour ne pas souffrir, oui jouer, et se perdre, encore
—————Anatoly Tchervenko—————-
Depeche Mode- Lillian

Oh, Lillian
Look what you’ve done
You’ve stripped my heart
Ripped it apart
In the name of fun
Oh, Lillian
I’m a poor man’s son
And precious jewels
Weren’t found in schools
Where I came from
Pain and misery always hit the spot
Knowing you can’t lose what you haven’t got
Oh, Lillian
I should have run
I should have known
Each dress you own
Is a loaded gun
Oh, Lillian
Oh, Lillian
I need protection
I hear your voice
And any choice I had is gone
Oh, Lillian
Once I begun
I couldn’t stop
‘til every drop of blood was sung
Pain and misery always hit the spot
Knowing you can’t lose what you haven’t got
Oh, Lillian
Look what you’ve done
You stripped my heart
Ripped it apart
In the name of fun
Oh, Lillian
Oh, Lillian
Oh, Lillian
Oh, Lillian
A mi mots
Ce que tu m’apportes
le vent lui l’emporte
alors pourquoi encore
se regarder comme ça
amis mots
ce que tu apportes
le temps lui s’emporte
alors on sait encore
se quitter c’est trop peu comme ça
à mi mots
je sais que tu pleures
les fleurs
c’est plus vieux à l’intérieur
y a pas que l’enfer qui mouille
y aussi le vent qui nous fout la trouille
je sais que tu es forte
assez pour bien fermer ta porte
que t’as pas peur du sang quand il coule
même si le mien fait des vagues de la houle
ce que tu m’apportes
le vent lui l’emporte
alors pourquoi
se regarder seulement
à mi mots
amis mots
Pant2005
Flocons
Flocons hauts sur lune
frémissants las las
fontaine au loin coulant
le temps le temps
s’oublie en continuant
Pant2005
Vomir
Vomir comme honnir
vomir
et blemir
enfance dis tu
enfance
et certains usent de la chance
chance dis tu
certains usent trop de transes
ainsi bloqués enfermés
au fond du trou prisonniers
ils étouffent respirant trop de boues
trop debouts
enfance enfance
comme j’aimerai enfin dormir
reposer
me reposer
te reposer
enfance
sur mes étagères
qui sont plutôt mes étrangères
même si jolies
même si jolies
avec elles et moi et toi errent
nos enfances
innocence dis tu
innocence
folie que tout ça
folie
Pant2005
Lacérer
remonter le minuteur
calmer le silence
remonter jusquà plus d’heure
calmer le silence
froisser tous les blancs
les jeter aux coeurs aux feux
les jeter aux feux tels des fleurs
mortes
fanées
abimées
les regarder bruler en souriant
chaleur des flammes sur nos corps
chaleur de l’âme qui s’échauffe
froisser
déchirer
lacerer les mots qui ne viennent pas
je ne sais pas
le faire je ne sais pas
lacerer les maux les peaux les coeurs les peurs les honneurs les erreurs les rancoeurs
ah les rancoeurs au premier du rang coeur
lacerer
ah les peaux au dernier rang des peurs
caresser
laisser monter la confiance
et regarder les mots tomber
en pluie
fine
drue
ou en tempête
ou en fête
lacerer ou fêter
on n’a jamais le choix
aucun droit
lacerer comme gagner
par défaut
par défaut
Pant2005
Sur
Flaque gercée ruine la lande jeu comme une croûte de soleil rouge noire ignée large humeur mon empreinte figée sur le sol de mes songes hors l’audace. Je brume aux rivières gommant la sentence la pestilence aux étames aux entames trouver la si brève frénésie. Jeu de brume jeune brume. calcine elle calme elle effleure jardin lune tige écarlate subvient devient revient lente encore lourde légère. Jeu. Fleur. Fleur comme peur comas pleure sourire larmes aux lanternes des orifices.
Flaque lande au jeu gercée gomme écarlate une route soleil rougie. Rougir. Maussade haut message. Standard gomme au silence gomme aux tempes goémon étron. Dans les danses aux indolences aux mystères ne plus voir le blanc se laisser happer saper laper comme un déjeuner. Comme un dé jeune roulant comme foret rampant insidieux dans la torpeur crânienne. Dé jaune.
Flaque la lande aux pneus percés Rome disparate une soute au soleil rougie. Alanguir comme alanguir comme distancer car dit stance dit parler disparate gomme gomme sur m’effaçant. Sur lanterne pour remplir l’ancre remplir d’encre surfaçassent limitent limites Lilith aux lèvres gercées ruine sur lande rouge noire moteur sans surprise reprises multiples. Empreinte empreinte figée peu de brume peu de lune peu de mots peu de lune peut de brume peut de lard pour de la graisse remplir emplir. Ce que tu vois autour ce que tu sembles regarder comme choses comme étalage comment je comment je pourrais saurais aimerais le/te regarder en/de face en deux faces Janus le tempo du texte du tien du tien comme du mien le miroir se cache reflet le miroir comme cache.
Pant2005
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