Etoffe.

L’automne me rattrape et de bruyère en platanes
j’effleure j’attrape les mauvais souhaits de soie
prune ou grège
éclaboussés de tons incertains je t’attends

où est-il se saccage annoncé?

l’été a tout gommé reste
les bruissement de voiles le pourpre de tes vœux

je sais mais le temps s’est peuplé de boue et sur mes
lèvres j’ai perdu le désir

l’étoile se meurt de n’être regardé par toi, les
étoffes peuvent réchauffer n’importe quelle peau mais
quel miraculeux tissage chauffera ton cœur

tu n’en veux pas de mes mains, alors je les referme,
tu n’en veux pas de ma langue alors je l’use avec des
mots tu n’en veux pas de moi que tu agites les
phrases alors oui je suis une étoile qui se meurt et
qui se noircit

les étoiles que tu contemples sont déjà mortes, voila
pourquoi la nuit les protège, illusion de feux et de
lumière la vérité est sur terre au milieu de buissons,
de palissades a toi de les franchir

tu sais que je suis petit, que la palissade est haute
même si elle est pacifique, alors comment me donner le
goût de toi ?

ma main se tend elle chavire, et se perd, le goût de
toi marin d’une autre rive a cette profondeur salée
que les sirènes réclament autre étoiles autres chants
toujours le même mirage

je voudrai seulement comme le pauvre marin saisir un
pic un mat et de toi la livraison me donnerai la chair
de tes seins à gravir à hautes voiles pour bannir les
palissades

heureux le marin qui trouve son abri dans la gorge de
son aimée, mais les voiles sont hautes et les vagues
menacent chaque mot chaque présage

alors laisse moi me blottir encore plus près que le
vent ne me décroche pas de ta côte

n’as tu pas compris que tout comme ces mortes étoiles
et ces sirènes narval je ne suis que mirage
le temps m’a happé mais je reste à l’est de tes voiles au calme
là ou l’automne nous a rattrapé il y a longtemps déjà

il est des princes qui se nourrissent de plusieurs
mets, et qui connaissent plusieurs sources
et des marquises qui ne sont là sur le rivage des eaux
mortes que pour faire rêver

il est ma foi toujours temps de manier les mots d’en extraire le jus comme
le citron ou l’orange au sucre et à l’acide

Lisa-Anna/Pant

Une réflexion sur « Etoffe. »

  1. Vos mots coulent, se mèlent superbement, tels cascades, torrents qui se rejoignent, magnifique !

    Un réel régal que de lire votre complicité Bravo 🙂

    Bises à vous deux 😉

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