Somesthesie.

Nos rêves et nos suées
comme des organes sectionnés
au fil à couper réconfort honni d’espoir
à basculer comme ivre sous l’horizon électrique
là où le cauchemar s’est vidé agacé par les électrodes qui ont absorbé
comme tu me l’as dit cet « ensoleillons le sommeil » paradoxal

J’ai des saccades oculaires et des morts en parade
sous les paupières à la hâte trop refermées
comme des pupilles empalées sous la section d’un mur de fer
à se broyer les cils comme abîmer
sur le scalpel de l’horizon ton nom

Je me froisse lin laine et hasard
dans les soirs aveugles et bien trop noir
comme se recroqueville une étoile sur elle-même
sur un poème barbouillé d’éclats de peines beaux dommages
bats le cœur sous la montagne ici en sourdine
pour des fouets habiles et nubiles en chairs caresses
parer à ta soif mon encre mon mausolée ma faiblesse
colle à ta plume mes rivets d’acier rougissants à la lune

tes rêves par leur noir dessein m’électrocutent
avec l’aiguille le mouchoir sous la peau
à éveiller des désirs si intenses et nouveaux
ébouriffés assoiffés
hérissés assourdissants
sous la carcasse emmêlés par la soif et la fin
d’une pile rouillée affolée mugissante
morte à tout au revoir et à demain

Tes morsures lentes pincent la chair opportune
tes seins lourds et mon coeur en panne
le délice de l’eau sur ma peau diaphane
l’opacité des frissons et l’offrande de la tentation
suintent une mutilation une chaîne haute portée
profonde par la morsure des maillons
dans les tréfonds et bas rebonds des mots surs

Tes mains en foire perverse sur mon ventre
et des fils entrelacés entre là et lacs d’amour
hoquettent comme sous des soupirs ma maîtresse
sous tes spasmes se libèrent d’autres maux
pour des calligrammes en fête qui font fuir
en perles des nues nos troubles au caniveau

Mes rêves crépitent aux pâleurs du soir
d’étincelles avides de flammes accaparantes
sous le glacier d’un corps qui fond toute la nuit
inerte noire et suspecte
ignifuge sauvage et offerte en toute innocence
que lèche ma langue sous les hospices du sel
ta langue-buvard s’acharnant à la mienne
pour des volcans cachés et des montagnes carnassières
à m’hurler du fond de la cour la vraie menace
à m’ourler du bout des doigts
amour laid au juste ou étincelle qui sert l’amour
et ne s’enfouit pas toujours dans le malaise
même si le malentendu fait que l’on n’y voit que
milles baisers
et quand ivres et savoureux
on se regarde encore à dévorer
il y a des chances que l’on recommence
des chances que l’on recommence…

Féludorée/Pant2005

ps: ce texte a droit de cité comme continuité de la salle des ombres.

2 réflexions sur « Somesthesie. »

  1. *Se marre*

    Sinon le texte. Brûlant, effleurant le glauque, malaise naissant dans la fumée noire, les clous, rivets et autre perforations, ça sent le stupre et le souffre. Et l’ex-communication! Vade retro Pantanas!! ;o)

    Il est bon malgré quelques surcharges à MON goût.

    Bises en chaînes ;p

  2.  » Va demeure l’horreur du sommeil dans le songe cette peur de mes yeux de se fermer sur moi
    J’apprends à te parler de tout ce qui me brise à te détruire au nom de tout ce qui me lie . » Joe Bousquet, donc. In Le Meneur de Lune.

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