Soupente

Vlangue ! de bois, de pierre, de merde… plaqué comme ce moustique, hier, contre le mur d’en face, le ciel n’entend pas ma plinthe, mon lit, trop mad, trop bien. Vlangue ! Tire-toi, qu’elle dit, là-bas au fin fond du monde, j’essuie ! Et moi j’y vais. Parti droit, stop, bateau, stop, train, avions tout le temps, qu’est-ce que c’était bien. Au début. Je pensais à elle, la nuit sur tout, bois, pierre, herbes, elle se love partout, son ombre comme un sommier, une moustiquaire, un voile de l’une à l’autre, on semait, croyant s’aimer, nos chances d’aimer le quotidien bâtard. J’ai hurlé sous l’aile d’une chouette. Pleuré à croupir dans l’eau d’un étang. Tanguant, je pense à elle, plus-plus-plus fort que toi. Tumeurs. Douleurs. Rémouleur aiguise tes malheurs en guise de déguisement. J’emporte tout dans ma valise-balise. Et puis ? Tchin !

J’en ai marre de la rage, collé dans mon sillage, je regarde passer, voire même me dépasser, tous ces malentendus, peuplés de déjà vu, des je ne t’aime plus, la lune s’en est cachée, au fond d’une antre, je reconnais ma peine, je la regarde vivre, habiller tous mes mots, en décorer le style, à effleurer ma peau, ma chair presque à niveau, des fois je sais, le corps foutu au caniveau, je sais, mais les tempes sont grises, au hasard de la ville, suffit de sillonner le trottoir, pas de traces de fleurs, aucune n’a résisté, à l’odeur des lieux, Istanbul ou Paris, Londres ou Karachi, là même merde dans les rues, et aussi dans nos coeurs. 40 000 Kilos le mètre à se coltiner sur le dos, les souvenirs voyagent gratos. J’ai vu tout le gratin pataquès, fouteurs d’ambivalences d’urgence, drôles de zèb, rayée soir et blanche ma peau est corps Che. D’ailleurs, le monde est un bocal de corps nichés sous la dynamite de leurs sous liés. J’ai vu l’envers d’Anvers, le crac o vie, et ici les moulinets. J’ai brûlé mes yeux à dépenser des songes mensonges, europe, asie monde à fric, mon afrique noire de monde aux yeux si blancs. J’ai tout oublié. Surtout toi, je n’arrête pas de t’oublier. Bye, ciao, calamité Jane. Attends…

Alors que te dire d’autre, sinon que j’en ai marre, marre de voyager, valise vide accrochée, au mur à l’étagère, et dans quel été j’erre, voilà et même là, je me suis pas laissé prendre par le jeu de mot, non, je pose juste ma détresse, c’est pas pour vous ôter le stress, trop facile, je fais pas le travail à votre place, j’ai juste la trajectoire, je fournis pas la balle, n’y croyez pas, même par mémoire, je mettrai peut être le feu, mais restera rien à visiter, non, pas de mausolée, juste une flamme éternelle qui fera fumer le ciel, dans un goût de Havane, le cul bas sous le soleil, on y restera tous, trop secs pour continuer, nous ne pourrons que nous enflammer, trop de flemme, pas assez de femmes, non pas assez de coeurs en somme, que des ôtez vous de là que je ne vous y revois pas, c’est ça ? Tchin !

Boaz/Pant

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1 réflexion sur « Soupente »

  1. Je aime bien. Vos mots s’épousent, le décalage n’est pas énorme, c’est cohérent dans la forme, le style et dans le fond. Enfin je trouve, ce texte-ci ne me cause pas de malaise comme c’est souvent le cas des duos.

    Et puis étant friande de jeux de mot, je me trouve fort gâtée de cette lecture.

    Félicitations Messieurs

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