PAUPIERES,

« C’est dans l’ombre que l’on cache
les paupières de guerre lasse
en miroirs nuits qui aussi se cassent
aux dents longues de la vie belle garce »

Les paupières encore collées, par le sable, collées, je le répète comme je le pense, histoire de poser les mots, histoire d’en dire encore trop, mais des mots collés comme des paupières, ça reste encore des mots qui tentent de voir, alors je sais parfois, je sais hier, je savais demain, le temps est un miracle, et je pose là des concepts, des idées, qui collent aux mots, qui collent aux paupières, qui collent à nos paumes, et voilà, nos paumes, même que c’est n’est pas un jeu, ni un jeudi, car savez vous pourquoi je dis tout cela ? Rien n’a de sens en effet, je ne fais qu’aligner mes peurs, mes cris, mais comme ces cris sont assez inarticulés, à quoi voulez vous que mes mots ressemblent ? Qui sait le sens de la peur ? Qui sait la couleur de la peur ? Bleue ? Non la peur est noire, la peur est cendres, la peur c’est de s’éteindre, de se perdre, dans les feux qui crissent, qui se griment, qui s’éteignent, dans ma mémoire. Occultation.
Pauvres cons ! Pauvres cons ! Prenez, élisez ! Prenez ! Vous comprendrez jamais mes peurs, vous ne verrez jamais mes cendres, vous ne saurez jamais que mon coeur est une pomme, que le vent me pardonne, mais que la nuit me condamne, vous ne saurez jamais, vous ne savez même pas lire, vous ne savez même pas comprendre, vous ne savez même pas vivre, maison des morts ai je lu quelque part, excusez moi pour la reprise de l’expression, maison des morts, mais oui, et plutôt y a t-il une vie avant la mort ? Pour tant de joies derrière les masques, pour tant de gestes qui crispent nos doigts, pour tant de mains qui se veulent riches et douces, combien de coeurs qui brillent, un pour mille ? ou combien de coeurs qui brûlent ? Ou combien de coeurs qui ont brûlés ? Nos histoires à tous ne sont souvent que des cendres, que des cendres. Nos mémoires ne valent pas mieux, et l’occultation vaut mille inoculations de poisons.

P.2005

3 réflexions sur « PAUPIERES, »

  1. Yes !!!
    Je deviens fan !
     »
    Pauvres cons ! Pauvres cons ! Prenez, élisez ! Prenez ! Vous comprendrez jamais mes peurs, vous ne verrez jamais mes cendres, vous ne saurez jamais que mon coeur est une pomme, que le vent me pardonne, mais que la nuit me condamne, vous ne saurez jamais, vous ne savez même pas lire, vous ne savez même pas comprendre, vous ne savez même pas vivre, maison des morts ai je lu quelque part, excusez moi pour la reprise de l’expression, maison des morts, mais oui, et plutôt y a t-il une vie avant la mort ? Pour tant de joies derrière les masques, pour tant de gestes qui crispent nos doigts, pour tant de mains qui se veulent riches et douces, combien de coeurs qui brillent, un pour mille ? ou combien de coeurs qui brûlent ? Ou combien de coeurs qui ont brûlés ? Nos histoires à tous ne sont souvent que des cendres, que des cendres. Nos mémoires ne valent pas mieux, et l’occultation vaut mille inoculations de poisons. »

    J’aurais bien remis le tout! mais ce passage est un précieux de profondeur, de cri étouffé … d’etouffement crié… et pourtant …
    Comme j’aurais voulu l’écrire celui-ci!

    Merci pour ce partage

    Amitiés

    Cat

  2. Parfois on lit et on se retrouve en plein, ça m’est arrivé aussi chez toi, résonance non ? souvent nos échos partent de l’enfance, du moins chez moi, je le sens chez toi aussi, très fort même…Merci de lire mes vieilleries.

  3. L’enfance … ce termes à lui tout seul fait écho à la vie… Le puits de notre destin… l’origine.
    La vie est une école … je pense que l’enfance est ni plus ni moins le livre qui nous offrira l’apprentissage. Sans elle nous ne saurions « être ».
    Même s’il me semble puiser d’Aujourd’hui mon inspiration, mon encre est faite d’Hier, en effet.
    « Résonance » … ça résonne bien avec ce que je ressens en te lisant et tes vieilleries ne me semblent pas démodées 😉
    cool !
    Amitiés
    Cat

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