Archives de juillet, 2005

Faux

Des faux, comme des calumets, que l’on balance hors de fumée
Des faux qui grimacent sous le linceul bleu nuit de nos envies, mais toujours huées
Des faux courageuses mais solitaires, vaincues même si parfumées

Des faux orages pour faux sourires, fausses souffrances cause faux courages, faux amours voir faux
Soupirs en fausses colères, fausses couches là fausses communes, fausses maladies pour fausses
Considérations.

Tout n’est qu’acier qui fauche nos élans, nos vies
Et tout cela ne fait que transformer en ombres
L’abri de nos baisers

Baisers pour l’ombre
Rivaux de l’occultation
Nouvelle prime pour une mémoire
A défaut de celle du vice, celle des larmes nouvelles en action
Baisers en nombre
Scruter le monde devient si dérisoire

L’amour qui vient n’efface jamais rien
Des douleurs tues
Même s’il a la soie douceur du vrai lien
Celle de nos vies ingénues
Tant et peu.

Pant 2005


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Boston Teran- Satan dans le désert

http://www.librairiepantoute.qc.ca/fichelivre.asp?id=180582″

Bob Hightower, flic croyant et plutôt terne, sort de sa léthargie le jour où son ex-femme est massacrée avec son compagnon noir, et sa fille Gabi kidnappée. Pour tenter de la retrouver, Bob accepte l’aide de Case, ex junkie qui porte des cicatrices indélébiles à l’âme et sur le corps. À travers les playas désertiques du Nouveau-Mexique, elle le conduira jusqu’à Cyrus, chef d’une secte satanique dont elle fut jadis la victime.

Leur traque fait alterner des scènes atroces, speedées, qui plongent au plus profond de la barbarie humaine, et d’étonnantes conversations sur la foi en Dieu et les justifications morales du passage à l’acte. Au bout du chemin Bob, dont les certitudes ont volé en éclats, découvrira que le Mal était assis devant sa porte. La prose extrêmement personnelle de Boston Teran, mélange de violence âpre et de lyrisme déchirant, harponne le lecteur avec des dialogues au poignard

et un passage que je recopie :

“puis elle se laisse glisser dans ce petit coin fou du cerveau où chacun d’entre nous sombre de temps à autre.La souffrance qu’elle ressentait a disparu pour ne laisser que le sang qui tambourine au niveau de son oreille, tel un coeur arraché de la poitrine mais continuant de battre à l’intérieur d’une boite à musique. Elle se lève. John Lee continue de démolir Arthur, détail apres détail. Maureen aperçoit le holster de son mari, rangé dans sa veste.

Elle marche dans cette direction. Les secondes qui suivent se déroulent aussi lentement qu’une perfusion de valium. John Lee se tourne vers elle, et quand elle a droit, en gros plan, à ce ricanement moqueur qu’elle a appris à détester au fil des années, le carcan des lois qui contraignent s’abolit .”

Le poids de l’humain sur le mal, sur la vie, sur le corps, le poids du mal comme compagnon indivisible à l’humain, qui chemine et qui frappe les veines comme les corps, chassant Dieu comme on chasse un moustique, chassant la famille comme on écrase une mouche, hurlant comme un Coyote dans un désert où son coeur est ivre du vent sec.

Il est de ces livres indispensables parce qu’intolérablement cuivrés comme le goût du sang qu’il nous reste dans la bouche, et pourtant l’on continue jusqu’à notre propre mort dans l’ombre des mots, et cela pulse encore loin après. Très loin comme le temps sait emporter.


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Je 2

Je tremble pas
Je chêne pas
Je hêtre pas
Je bois pas
A pas la rivière fluide qui dérange
Et qui voile comme tes mots lents sur le Gange

Je dors pas
Je mort pas
Je sors pas
A pas et
Je rentre de guingois
Dans l’envers de ce monde qui demeure le choix

Putain d’endroit

P.2005


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PAUPIERES,

« C’est dans l’ombre que l’on cache
les paupières de guerre lasse
en miroirs nuits qui aussi se cassent
aux dents longues de la vie belle garce »

Les paupières encore collées, par le sable, collées, je le répète comme je le pense, histoire de poser les mots, histoire d’en dire encore trop, mais des mots collés comme des paupières, ça reste encore des mots qui tentent de voir, alors je sais parfois, je sais hier, je savais demain, le temps est un miracle, et je pose là des concepts, des idées, qui collent aux mots, qui collent aux paupières, qui collent à nos paumes, et voilà, nos paumes, même que c’est n’est pas un jeu, ni un jeudi, car savez vous pourquoi je dis tout cela ? Rien n’a de sens en effet, je ne fais qu’aligner mes peurs, mes cris, mais comme ces cris sont assez inarticulés, à quoi voulez vous que mes mots ressemblent ? Qui sait le sens de la peur ? Qui sait la couleur de la peur ? Bleue ? Non la peur est noire, la peur est cendres, la peur c’est de s’éteindre, de se perdre, dans les feux qui crissent, qui se griment, qui s’éteignent, dans ma mémoire. Occultation.
Pauvres cons ! Pauvres cons ! Prenez, élisez ! Prenez ! Vous comprendrez jamais mes peurs, vous ne verrez jamais mes cendres, vous ne saurez jamais que mon coeur est une pomme, que le vent me pardonne, mais que la nuit me condamne, vous ne saurez jamais, vous ne savez même pas lire, vous ne savez même pas comprendre, vous ne savez même pas vivre, maison des morts ai je lu quelque part, excusez moi pour la reprise de l’expression, maison des morts, mais oui, et plutôt y a t-il une vie avant la mort ? Pour tant de joies derrière les masques, pour tant de gestes qui crispent nos doigts, pour tant de mains qui se veulent riches et douces, combien de coeurs qui brillent, un pour mille ? ou combien de coeurs qui brûlent ? Ou combien de coeurs qui ont brûlés ? Nos histoires à tous ne sont souvent que des cendres, que des cendres. Nos mémoires ne valent pas mieux, et l’occultation vaut mille inoculations de poisons.

P.2005


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Vacances, absence.

je serai donc absent du 9 au 23 juillet pour cause de villégiature dans le sud (sejour entre Joyeuse et Six Fours, avant de remonter par Saint Varent)

Donc à la prochaine, j’espère revenir avec quelques textes dans la tête, ou sur mon balladeur comme je peux enregistrer. Voilà donc, ne m’oubliez pas, je reviendrai…


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Salées.

Les mots salés sur le coeur de l’aube, les mots isolés sur l’épaule du ciel, et Paul, et Céline, et Julie, encore tant de belles et d’un prince la vie qui grandit, en sortant de l’enfance, comme il entre à la nuit, comme il découvre le coeur en coupant la chair, promise comme une faim de promesse, un duel en vitesse, qui se perpétue de lui-même et sans nous, encore qu’en décalage, on décale l’age, et l’on s’enfuit, comme Léon, le paon, se matte à la roue, écartelé par les sentiments paradoxaux. Les mots qui se parlent, s’évitent parfois aussi, et c’est contre les masques que l’on porte les coups, et c’est des lèvres que l’on cherche à embrasser, pas un simple masque de verre. Alors entre Julie et Paul, ce fut comme entre moi et Céline, tout se déroula pendant une soirée portée par les nuances de l’air et du ciel marin.

C’était un soir de billet textuel en absence de courage, j’avais regardé ce nuage, et cette brise lointaine apportait sur ses yeux de sel, un air marin, salé aux embruns. C’était un billet brun sensuel, qui me porta à sa rencontre. Elle n’était pas spécialement belle, non. Elle était spatialement jolie. c’est à dire que sa beauté éclectique remplissait d’un rivage électrique tout l’espace qu’elle occupait. Et c’est dans cette nuit textuelle qui venait, bordée d’un billet rouge, que le désir naquit, qu’il prit corps, qu’il se donna à prendre, et à tout, bien considéré. C’était un soir de billet bleu pareil que mon coeur avait déjà explosé, et que les quelques morceaux ruisselants étaient partis explorer quelques sourires.
C’était un billet de sel où j’avais laissé quelques baisers, pour elle. Quelles traces aurais-je pu laisser de mon passage, quelles traces plus généralement laisse-t-on sur le chemin que l’on prend ? Quinze ans dans ce bureau, à fréquenter un groupe de personnes, à rire, à moins rire, à déjeuner parfois ensemble. Quinze ans, et l’on part vers d’autres cieux, et que reste-t-il de nous, que reste-t-il comme souvenirs de notre passage. Des amis, des amours, des amitiés qui débutèrent, qui ne finirent pas mais pourtant prirent le chemin du rien d’autre. Alors quand j’avais recroisé Céline, c’est comme ce que tu m’avais raconté concernant Julie. Il y a des histoires qui se feront en Histoire, et d’autres qui naîtront en Géographie, en Absurdie, où sur la presque-île du Tendre.

Alors l’essai de l’écriture pour éviter l’oubli de son visage, de ses lèvres, des lisières de sa lumière ? Parce que cette peur est là native en fait, déjà pour engager cette angoisse, elle ne pouvait qu’être là, tapie. Mais cette tentative étroite d’écriture nous engage-t-elle inévitablement dans la littérature ?
C’est aussi pour ça que je brandis là un étendard, où s’écrit en lettres de fer « la littérature ou la vie ?» . Si l’on plonge dans la littérature c’est au détriment de la vie, et c’est pourtant aussi un moyen de l’exalter. De choisir l’apprentissage du tissage, de trouver le chemin du Jadis, l’envers du silence, l’endroit où le langage prend naissance et lors modifier l’agencement des armes, des larmes, des errances. Calmer le silence, le masquer, et sur ses côtes marquer au feu, les empreintes individuelles, les primautés de l’instant Jadis.

Là où tout s’inscrit rien ne reste visible, et le chemin littéraire impose de se cacher dans le silence pour retrouver la paix, la différentiation du soi sur l’autre. Julie ou Céline, deux images, deux soeurs, deux coeurs, et un seul souvenir en fait, une seule histoire, un moment d’unicité dans une pluralité d’instants. Comme si le temps en fait avait fait un bond, un grand bond en avant, masquant toute raison en dehors de celle culturelle qui me fait prendre la plume ce soir. Alors comme mes neurones semblent partir en croisade, facilitons le raisonnement, le « descartisme » de ma triste configuration cérébrale.

Argument I. la littérature prend le masque de l’amour, de fait, lors, la recherche amoureuse s’appuie sur la litera.

Corollaire. L’amour échappe lui aussi à la vie ordinaire, qui elle s’efface dans les deux cas, et ce qui fait que le temps et surtout la durée devient l’empêcheur de réalité. Que la durée augmentant la longueur, devient génératrice de langueur, langueur qui déchire à petits morceaux la relation. Au mieux, les brisures entament une recomposition autour du noyau étendu s’il existe, noyau moléculaire, polynucléaire, qui autour des enfants, va tisser sans attiser la relation prime nucléaire, va tisser par glissement des néo-relations qui in principe se caractériseront par un équilibre à l’état initial. Mais je glisse loin sémantiquement, les enfants ne sont que nos pensées filles, celles ici qui naquirent d’un regard, d’un baiser, d’une étreinte, sans feinte.

Argument II. Amour/littérature, si cela doit s’écrire en secret, alors cela peut s’effacer.

Corollaire. Si je tiens une belle histoire, si je veux l’écrire, si elle l’entame en force, en clair, et sans obscur, si les personnages lumineux avancent vers un prévisible. Alors pourquoi dois-je refuser de l’écrire? Pourquoi doit-on s’empêcher d’écrire ces nouvelles pages, qui pourtant s’engagent comme de la belle littérature ?
Car peut être il y a l’existence pré-initiale d’une autre histoire avec parties d’autres personnages, qui s’est développée dans autant de beauté, et l’emmène dans un instant de tranquillité mais non de sérénité.

Ce corollaire se refuse lui-même, il n’y a aucune logique dans cet état des mots.
Car la litera ne s’impose pas de limites dans ses manifestations. Elle se pose juste dans une volonté intrinsèque de la création même de ce lien. L’imposant de fait à la multi-réalité de l’un et de l’alter. Et je pose là encore valeur identique entre litera et amour. Et je pose identité entre Julie et Céline comme je l’ai déjà dit, je pose identité entre Paul et moi, et ainsi entre toute la communauté des hommes envers celle des femmes, universalisons encore, identité complète entre tous les coeurs de cette humanité aimante.

P.2005


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Joe bousquet

Je remercie Franck, qui dans un de ses textes, m’a poussé vers cet auteur que je ne connaissais pas.

A PRIX D’OMBRE

Loin des autres, il se trouble. La solitude l’effraie,
elle lui apprend qu’un homme n’est jamais seul.
Il se salit dans un duel sans adversaire dont la
fatigue corrompt les traits qu’on lui voit. Sueur
et souillures, il a le goût du mal qu’il fait et n’a
même pas le mal dans le sang.

On l’a rencontré nu-tête, couvert de sciures et
de salives, il courait en hésitant, les yeux vides.
Personne ne reconnaît les chemins où il s’est
perdu. Il veut être partout à la fois comme pour
y devancer quelque espérance. Vêtu à tâtons dans
sa hâte de gagner la rue avant l’aube ; il ne voit
pas plus le jour que s’il en était la chute. Avec la
fureur d’exister, il ne craint rien autant que d’apparaître.

Il fuit la lumière parce que la lumière lui ressemble ;

et, lui-même, il est né de cette ressemblance.
Pourquoi se masquerait-il, à tout ce qui s’enfonce,
ce lutteur est lié par la haine de ce qui grandit. A
peine seul, il sent une menace ; il se cherche, ne
se trouve personne. Il retrouve sa vie et elle se
passe de lui. S’il veut courir son existence lui fait
obstacle.

Marche, on dirait qu’il va faire beau. Rivage ou
rocher, lave du flot ou la pierre à ton cou, même
un baiser des mers, tout ce qui prend une forme
se pénètre d’un devoir.

Tu as craint l’eau dont on n’apercevait pas le fond
et les endroits où le jour s’était noyé pour te donner tes jours.

Pleure,pleure ta nuit blanche de larmes, tu portes ton
mal sur le visage et le matin que tu déchires est
entré dans ton coeur.

Pleure, forme qui brille sur l’ombre humaine
que tu es, tes yeux pleurent une autre clarté de
qui ton visage et ton corps promènent l’ombre
tremblante.

Joe Bousquet

http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/bousquetjoe.html


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Scat

Une
Rue droite à peine
Porter loin sable et deviser
Opening the door again
and the alien get love after
play comme tu rimes

Deux
Artères comme éther
As the sky is blue
Je traine mes faiblesses
Dangereuses saisons
je perds l’aube et l’amitié
et je prie encore que tu me blesses
Valise
Avaleur
Avec
Libre
Acces

Trois
without the sky and you
Futur d’étoiles
Ecole des cendres comme décembre
Porte là idiotie
Voisine de la calomnie
Etranger qui s’incrimine
De sa première beauté
W
Gomme
Wagon
V
Plume
Foison
Frein de la rumeur
Crie donc comme une pute
Alliée
Alliénée
Alien est libre d’ivresse
Dans la mort
Danser
Sur nos corps
Retournés
Marcher sur les culs
Pour gagner le Gange
Empailler le courage
In the USSR like the Great USA
Bel Etienne est usé
Alors
Rugosité pilosité frilosité
Citez
Les ruines de m’a cité
Gomme colère
Peut plus se mouiller
Finir crever
Peau brune blonde à peine
Lavé lune délavée
Take your promise
Garde alarme
Dizième zone
Pruneau lavande Grand Control
Alpha Hotel Tango
Nuit d’inuit aux glaces
Nos coeurs souillés
souillés.

P.2005


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David Bowie - Loving The Alien

Parce qu’au final sur cette terre injuste, tout se résume à savoir aimer l’étranger. Pour la paix , pour l’amour, dès que l’autre n’est plus du tout comme toi, il est étranger, et tu as peur, tu ne le comprends pas, tu le tortures, tu le rejettes, même si lui il veut t’aimer, te comprendre, t’aider. Aimons l’étranger, et peut être guérir le monde, et nous…

David Bowie - Loving The Alien

Watching them come and go
The templars and the saracens
They’re traveling the holy land
Opening telegrams oh ho

Torture comes and torture goes
Knights who’d give you anything
They bear the cross of coeur de leon
Salvation for the mirror blind oh ho

But if you pray all your sins are hooked upon the sky
Pray and the heathen lie will disappear
Prayers they hide the saddest view
(Believing the strangest things, loving the alien)
And your prayers they break the sky in two
(Believing the strangest things, loving the alien)

Thinking of a different time
Palestine a modern problem
Bounty and your wealth in land
Terror in a best laid plan

Watching them come and go
Tomorrows and the yesterdays oh ho
Christians and the unbelievers
Hanging by the cross and nail oh ho

But if you pray all your sins are hooked upon the sky
Pray and the heathen lie will disappear oh ho
Prayers they hide the saddest view
(Believing the strangest things, loving the alien)
And your prayers they break the sky in two
(Believing the strangest things, loving the alien)
You pray till the break of dawn
(Believing the strangest things, loving the alien)
And you’ll believe you’re loving the alien
(Believing the strangest things, loving the alien)
Believeing the strangest things (loving the alien)


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