Angoisse lancinante, obsédante, à toute fin, aussi câlinante, elle ronge et lacère nos ventres tourmentés. Pris dans les mâchoires du doute, comment s’en sortir sans être déchiré? Elle enfonce ses doigts glacés, prend ses racines et ses marques dans notre âme en peine. Et à chaque battement de cœur s’infiltre dans nos veines. Il est, par foi, trop tard. Monter au bras de lune, comme un lundi, pour y garder le ventre lourd comme on garde le sang libre. Tare.

Sensation amère d’être passé à côté. On ne court pas après un train en marche. Prendre le suivant ne serait qu’illusoire. L’anxiété paralyse, fige, nous laisse comme un automate dont on a perdu la clé. Pensées embouteillées. Il est trop tard. Une minute, ou deux de plus, il est trop tard, le train ne recule jamais, s’arrêterait-il sur nos chairs intimes ? Comment paralyser un serpent de fer de cinquante tonnes ? Suffirait-il des odeurs fortes sur nos mains, quand elles ont fouillés les antichambres de l’inutilité ou celles de l’aube alourdie de nos désirs ? Il s’en faut des litres de musc, il s’en faut des langueurs de sueurs matinées des autres liqueurs. Embouteillées, comme une abîme où l’on tente de se retrouver si l’on jouit encore, figés, l’image de la serrure unique qui se ferme comme elle s’ouvre, en s’offrant, en ouvrant un pas sage. Sensation amère de passer loin de tout, comme on se court parfois trop. Après.

Le spleen impose sa cadence despotique. Le remord, son fidèle lieutenant tyrannique, comme un talent purement académique, triture en maudites tortures le grand fouillis de nos entrailles. Longues complaintes déchirantes, les sirènes y jouent le jeu de la séduction, de passage. Cessez vos mélodies larmoyantes! Qui croit encore à vos tentations? La morne réalité est plus puissante encore que la lyre d’Orphée contre vos chants ensorceleurs. Il est trop tard. C’est dans les corps que l’on baignera cette image, c’est danse d’espoir comme on cause d’angoisse, la pâleur de la douleur externe s’enivrera d’elle même. Tard.

Comment apaiser cette confusion? Prendre la fuite? Mais fuir vers qui? Vers où? Vers un autre mirage, une autre utopie? Ou sombrer dans la folie. Plonger dans l’ivresse en espérant s’y noyer. Pour l’ultime danse, il n’est jamais trop tard. Oui, consommons, comme nous sommons les astres de nous répondre, consommons comme des danses malhabiles ou des sarabandes infernales, dans une action des corps purs, dans une action au décor nu. Prendre la fuite, aussi s’éprendre de suite encore, une fois de plus pour une fois de trop. Tard.

Même si ta nuit dimanche efface mon samedi et qu’elle ouvrira en notre cette semaine. Causons comme des éruptions dans nos coeurs, sans tendresse, mais avec le feu despotique de la passion, faisons fuir encore une nuit de confusion, prenons la fuite comme on prend son envol deux nuits. Un arrière goût de nulle part. Tard.

Angoisse lancinante, obsédante
ronge et lacère un ventre tourmenté.
Pris dans les mâchoires du doute,
Comment s’en sortir sans être déchiré?
Elle enfonce ses doigts glacés,
prend ses racines dans notre âme en peine
et à chaque battement de cœur
s’infiltre dans nos veines.
Il est trop tard.

Où va-t-on quand dans peut-être se niche un grand feu ?
S’entraider à rester
Comme on perd l’essence à se retrouver
Comme il faudrait mille nuits pour s’y ressourcer

Sensation amère d’être passé à côté.
On ne court pas après un train en marche.
La vitesse est indécente et nos coeurs malheureux
Ne lécherons pas languides les rails de nos langues natales
Prendre le suivant ne serait qu’illusoire.
Prendre le suivant ne serait que nuit noire
Bouche à bouche nuées
L’anxiété paralyse, fige,
nous laisse comme un automate dont on a perdu la clé.
Pensées embouteillées.
Il est trop tard.
Le chemin de fer au final ment
Et on se retrouvera encore fous dans le noir.

Le spleen impose sa cadence despotique.
Le remord, fidèle lieutenant tyrannique,
triture le fouillis de nos entrailles.
Longue complainte déchirante,
les sirènes jouent le jeu de la séduction.
Cessez vos mélodies larmoyantes!
Qui croit encore à vos tentations?
La morne réalité est plus puissante encore que la lyre d’Orphée
contre vos chants ensorceleurs.
Il est trop tard.

Comment apaiser cette confusion?
Prendre la fuite?
S’éprendre de suite
Mais fuir vers qui? Vers où?
S’aimer vers qui ? Vers nous ?
Vers un autre mirage, une autre utopie?
Vers un autre espoir, un autre périphérique fluide ?
Ou sombrer dans la folie.
S’y promener comme on nomme
Une courtoise aérienne
Plonger dans l’ivresse en espérant s’y noyer.
Pour l’ultime danse,
Dans une ultime chance
il n’est jamais trop tard.

Reprenons une fois encore nos masques noirs.

Thalie/Pant 2005

extrait d’
http://www.accents-poetiques.com/agorasv5/index.php?showtopic=2437

Laisser un commentaire

Fermer le menu
Creative Commons License