Dans le dur,

Dans le dur,

Commence la conteuse,

et la « contemption » qui soulève la grille des mauvais genres. J’avançais libre et le vent sur mes pas, laissait des mots perler voire même percer mes poches, mes rêves et la seule ombre de mes désirs, les horizons sont ivres quand je l’ai croisée chantant sous une mélodie quelques mots entre ses lèvres.

« Malgré mes songes raboteux
que je taille à contre-fil
malgré mes mots versés
à grand fracas
dans l’étrangement vide
je suis toujours à côté
dans le dur inévitable
dans le noyau serré
sans issue. »

Tu ne me reviendras plus, j’ai pourtant aimé ces lèvres, j’ai voulu prendre ta douleur,
mais les maux ne vont pas sur le papier, seuls les mots contiennent encore des larmes, alors, c’est en rentrant chez moi que je me laisse haler, tes rages se sont incrustées bien loin sous ma peine, et c’est pour ça que j’ouvre la bouteille de pur malt, de pur mal. J’ai voulu prendre ta douleur, et ça brûle fort, trop fort, à l’intérieur. « je suis toujours à côté/ dans le dur inévitable/dans le noyau serré/sans issue. »

« Archéologie du verbe
des vestiges
des haillons de mots usés
les saisir encore
les presser les tordre
les tisser de mes veines
de mes parcours infinis
pour les monter jusqu’au chant. »

Effective.Ment. C’est dans les couleurs de l’alcool que sanguine l’ivresse colle aux murs tes mots et tes arythmies. Et comme c’est pas une bière sans faux col, « les presser les tordre/ les tisser de mes veines » les couvrir de mes veines ? Ô souffrance comme une avancée vers l’absence, les inutiles que tissent les brumes diverses de l’alcool. Et c’est pas dans mes chants, ni dans nos champs que l’herbe sera grasse après l’usage de nos mots. Boire au goulot ne fait que me brider le souffle, me briser la croupe, lesté. Et les couleurs que cela donne à mes baisers, tu t’en moques semble-t-il ? Sombre tilt, sur l’intérieur qui nuit. « les saisir encore/ des vestiges/ des haillons démos usées. » « half » sur le « pipe », je sais, je sais, les mots m’égarent et les vapeurs « scots » parlent plus fort que moi. J’ai comme la langue qui s’étouffe, comme le langage qui régresse, et qui se perd, et qui se vide, se vide à la vie, se vide à la vieille, et dans les « scots » se replacent comme quelques mots libres, libérés.

« Arrêt sur les ratés
sur le repos trop lourd
arrêt sur les naufrages
arrêt sur ce peuple d’errants
qui passe d’un songe à l’autre
toujours différent. »

Et c’est fou, en finir ainsi, « sur le repos trop lourd » tu t’effaces tu parles de face, tu
laisses aller les mots vers leurs thermes, que l’eau les corrompt, que l’eau les lustre, que l’eau les noie, et que dans cette eau de noyés, tu penses, je le sais, tu penses, encore m’enivrer plus fort, plus loin, tu veux me perdre, tu veux me lâcher, tu veux me chasser, tu veux me tuer. À la fin des mots, à la faim des maux.

Dans le dur,

Termine la conteuse.

Marjas/Pant—-original sur accents poétiques

http://www.accents-poetiques.com/agorasv5/index.php?showtopic=2290

2 pensées sur “Dans le dur,”

  1. trop beau quand vos mots se mèlent 🙂 bises à vous deux.

    => Marjas, m’étais inscrite sur le site pour te laisser un p’tit mot en particulier, mais semble que ça marche pas des masses. Faut croire que les admins ont eu peur de mes poèmes miteux et de ma prose morose….

    …pas important finalement mais un aveu à te faire….ben oui quoi,je rougis, je balbutie, je ….. j’ai égaré ton adresse :-/ scuse moi, mais à force de nettoyer tout ici, je retrouve plus rien :-)))

    enfin bref, moi aussi, j’ai eu comme les gosses envie de crier : « Boubou, reviens »

    je t’embrasse 🙂

    vi,vi toi aussi, gentil poète

  2. Bises à toi, Caly : merci d’avoir aimé ce poème à deux voix, un très agréable moment de partage avec Pant !

    Je t’écris par MP… « Boubou » a été accepté par les initiateurs du projet ! J’ai hâte d’écouter le CD où il n’y aura que 8 textes… Ou moins, car ils hésitent pour 2 autres contes…

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