Billet deuxième.

La beauté est ici très fraîche, et elle fleurit d’aise sur les décombres, les murs bas de décembre. Sur la bouche ça m’est égal, de vos bras si moignons que rigole la torture, que ricane le vainqueur, que s’écroule le vain coeur.
Si t’étais moche pauvre cruche, ça aurait pu vraiment passer, mais, même une triste putain se doit d’avoir des doigts lestes pour prendre en main l’objet du désir, ainsi que les billets qui l’anticipe.
Une vie, un baiser, quelques billets, une prison, voire un asile, un peu d’électricité, quelques fils, moult cris, voire même si dispositions des hurlements, du viol, de la chair, du sperme en tonneaux, non, un tonneau de la pute, qu’il ne reste qu’à vider par ses cris, qu’il ne restera qu’à remplir par ses orifices.
Et tristesse pauvre putain tu étais, pour eux, seulement pour eux. Même terroriste, même. Pour moi tu étais Sara, tu étais libre et belle, et souriante, et chanceuse, et amoureuse de la liberté d’aimer. Et voilà, pas de chars dans ce billet, pas de chenilles pour broyer nos chairs, mais du bris de nos âmes qui passe par la déchéance de nos coeurs et de nos corps.

Carl Jusek

« Sur nos voix de Liberté, tant de morts, de souffrances, la vie. Et les violons sur Leningrad, et les violons. Pleurant les vies, chantant l’aube qui nous attend, un jour prochain, lorsque finira la nuit » Anatoly Tchervenko.

Une réflexion sur « Billet deuxième. »

  1. Oui, Carl, la beauté est toujours d’une grande fraîcheur avant qu’elle s’affadisse des blessures en sillons gravés des larmes ancre noire à la mine usée … sur les trottoirs gris des soirs en berne où les espoirs s’éteignent aux réverbères blêmes et hurlant …
    c.

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