Sous les chenilles, ma part d’ombre.

Comme en plus, s’ouvre l’autorité du corps, et là sur l’ensemble, en enfer, l’enfermement solidaire des nos atouts indélébiles. Comme en plus, sur la route les chars en quinconce, lâchaient les coups comme des bombes sur nos têtes nues solidaires. Comme en plus, sur les ondes, radio liberté se met à crier, et nos morts ensuite se lèvent pour la danse macabre.
Lourdeur, et la crinière du vent, et les maures, et les chiens, désormais. Et légèreté, crinière du vide, panthère, et soulignant le canal, l’eau qui y parvient lèche nos échines, démerol, démerol, applique le suif et la solitude comme ombre sur tes joues. Comme harmonie y a que ça à fuir, y a que le temps qui paresse, la violence les armes aux abois sur l’acier la lampe et les doigts, brisés comme l’os, comme la hampe, comme la hanche, et le vent du hautbois qui se ne fait plus, qui fuit, qui fuit, comme ta vie qui s’écoule, qui s’écoule.
Et la rumeur avide qui s’entretient, je voudrais t’y voir, c’est un joli festin, les lignes du destin qui se tracent au mitan de la nuit basse qui vient, j’aurai tant aimé, que tes sourires ne se tracent plus au sang, et ne pas entendre, et ne pas entendre, non ne pas tendre mes mains pour ne rien saisir. C’est comme en plus, c’est comme ça en plus, les moignons porteurs de ta tendresse me tournent autour, mais je me perds au fond, au fond, et j’entends les chars, sans faire exprès, sans faire exprès, je m’habitue à cette idée, et je m’alarme, je hurle à la mort, et la peur livide, la mort languide, se hisse à mon niveau, et les chars qui se repaissent déjà de tant d’idées, des autodafés, et moi, moi, comme seul acte à ma foi, rire devant les chenilles qui crépitent sur le sol de gravier.

Carl Jusek.

« Et la tristesse ma chair/ aube caressante/ fumées sur Prague/les chants, les mots de Liberté/ les envies, l’amour/ et la fin sous les chars/ la fin mais jamais la fin. » Anatoly Tchervenko

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