Complainte pour un rêve d’étain.

Et les larmes de sang qui jouent le goutte à goutte
si j’étais fait d’acier c’est de ma main la rencontre
j’y refais le compte de toutes mes nuits sans lune
et ça ne s’arrête pas
j’y refais le compte de toutes mes blessures
et là je ne puis plus compter sur cette chair moite
et ivre au dessous
et ça ne s’arrête pas

Si j’enfilais les gants pour mieux encore cogner
et laisser toutes mes marques sur votre corps de brume
ce n’est que ma chair qui se ferait lumière
et ça je ne le veux plus
ma saveur d’aujourd’hui sera la déconfiture de vos nuits vaines et féminines

j’ai rêvé de vos bras mais je ne les veux pas
qu’en ferais je devant moi de ces mains qui se tendent
alors que je sais que rien ne saurait en dépendre
alors que je sais si bien
que votre rêve de moi s’éteint

si j’enfilais des gants pour serrer les poings plus fort
que j’aurai du mal, comment être plus grand quand on se rêve triste ?
comment se réveiller sans ces cicatrices ?

J’ai mis de suite la fièvre au placard de mes désirs déteints
J’ai mis de suite l’amour au rang des légendes urbaines
Et je crois en toi alligator magnétique
ton horizon métallique me poussera peut être un jour dans tes bras
se faire fumer comme on prend soif
comme une plume dans le gris des complaintes
dans le gris des complaintes.
Des complaintes.

2005 .P —————à la lisière du Vide
————————–un éclat au bord des lèvres

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