Francis Cabrel—-Tu me corresponds

Et voilà tout ce que je pense quand je lance mes mots.
P.

Sous la lune
quelques-unes
De mes pensées se défont
Elles m’échappent
Elles se drapent
Dans leurs manteaux de saison
J’imagine
Qu’elles terminent
Leurs courses au bord de ton balcon
On devrait correspondre
Puisque tu me corresponds

Que deviennent
Mes poèmes
Quand ils prennent l’horizon
Où partent
Toutes ces cartes
Qui se décrochent de mes cloisons
Certaines
Me reviennent
Un peu plus troublées que de raison
On devrait correspondre
Puisque tu me corresponds

Si je savais tourner autour de la Terre
Si je savais comment faire
Si j’avais ce don
Je me collerais contre tes volets de fer
J’y resterais tant qu’à faire
Pour de bon

Sur le fluide
qui les guide
Toutes mes pensées s’en vont
J’peux pas croire
Qu’elles s’égarent
Avant d’avoir trouvé ta maison
Je présume
Qu’elles y allument
Toutes les lampes de ton salon
On devrait correspondre
Puisque tu me corresponds
(1/2)
Je pensais tenir sous contrôle
Tout mon cortège d’envies
Mais je vois bien qu’à tour de rôle
Chacune d’elles s’enfuit
En longues portées de corolles
Qui partent pour leur plus beau rôle
S’enrouler à tes épaules
Comme tout ce que j’écris
On devrait correspondre

Si je savais tourner autour de la Terre
Si je savais comment faire
Si j’avais ce don
Je me collerais contre tes volets de fer
J’y resterais tant qu’à faire
Pour de bon

Sous la lune
Quelques-unes
De mes pensées se défont
Elles s’élèvent
Et mon rêve
À tes lèvres loin se confond
Quelle chance
Quand j’y pense
Je suis sûr qu’il danse à ton front
On devrait correspondre
Puisque tu me corresponds

5 pensées sur “Francis Cabrel—-Tu me corresponds”

  1. C’est souvent ce que je me demande: que deviennent mes papillons? Est-ce qu’ils volent jusqu’à la personne à laquelle ils sont destinés, est-ce qu’elles les attrapent, est-ce qu’elle a compris le message collé à leurs ailes bleues? Parce que si certain(e)s écrivent d’une manière « universelle » j’écris moi d’une manière très intimiste et mes mots sont toujours « à destination de ». On en parlait hier justement n’est-ce pas? La plupart des poétes dédiaient leurs écrits, leurs pensées (je pense à Musset là tout de suite (lol). Tous ses poèmes ou presque sont « pour Madame ou Mademoiselle untel ») Ecrire « vers » quelqu’un c’est partager un morceau de son coeur et de son âme, l’indicible, le secret de ses pensées. Alors partant de là on peut être pudique et ne pas vouloir coller un nom à un poéme, ou préférer le mystère, ou espérer être « entendu ». En ce qui me concerne, j’écris souvent pour des gens qui m’intimident donc j’espère effectivemnt « être entendue » sans forcémment expliciter, mais l’experience me prouve que c’est très aléatoire, la majorité des « inspirateurs » craignant de tomber dans la présomption. Donc, au final, mes papillons sont perdus…

    Chris

  2. Même s’ils se perdent les papillons volent et essaiment la lumière de leurs ailes . Ceux qui sont écrasés sous la croix renversée sur la terre et qui ont tant de mal à se lever le matin les guettent et étonnés s’en réjouissent

    Superbe le poème que tu as mis en ligne ce matin sur ton blog Chris

  3. Merci Simone (et bonjour! 🙂 ), oui si j’y réfléchis tu as raison: les papillons ne sont jamais perdus. Il y a toujours quelqu’un pour les attraper même si ce n’est pas « la bonne personne » mais au final quelle importance? l’important c’est la joie et la lumière que l’on donne…

    Bise Chris

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