Iridium

Allez s’il te plaît encore un mot de plus de ta bouche
Des maux pour verser l’envers des eaux de ces fleurs Madrilènes
Et comme tes bras sur le bord bleui de la couche
Ne sois pas apeurée, laissons nous voguer

Que vous dire, l’amour ne me convient pas
A peine l’ai je aimé qu’il m’a trahi
Parure ou proie pour un oeil féroce
Une chaleur et un tas de chair pour son envie
Son désir et ses mots lourds qui tombent de sa bouche

Allez ne les crois plus, je sais moi que je t’aime
Et même si c’est désolant au regard de ton histoire
Si c’est compliqué, où sont-ils les vrais hommes qui t’ont aimés ?
Les mots comme des vocalises très peu pour moi
Le désir comme le cuir d’une valise usé et reporté à l’ennui et à l’envers
Non je ne peux qu’en mourir de chagrin

Allez ne les crois plus et enfin crois en l’amour
On ne sait jamais d’où il vient
Mais quand il existe c’est un trésor
Et mieux encore qu’être aimé pour moi c’est t’aimer

Que vous dire, l’amour ne m’a laissé que du chagrin
du malaise des coups non réclamés
Jusqu’à ce que l’orage me saigne
L’amour ne m’a apporté que des laideurs
Et m’a fait si peu aimer les hommes

Qui perd au travers de la chair son âme
Sinon le lion qui ne sait que boire et déchirer la douceur ?
Moi je ne sais pas ce qu’est aimer
Mais aimer je le sens quand il est là le moment
Et cela me suffit…

Que reste-t-il à dire ?

Pant 2005 03 16

8 commentaires

  1. pant dit

    Elle ?
    écrit sur la musique de Raphael, et celle de Thomas Winter et Bogue, d’une mélancolie contagieuse. Mais je conseille fortement leur écoute. Mais certes après la mélancolie colle aux mots.
    Toutefois il peut se lire à plusieurs niveaux. Déjà il s’adresse à toutes les femmes qui sont abusés par de tristes sires, et rencontrent peu ou jamais un homme digne.

  2. lisa-anna dit

    « où sont ils les hommes qui m’ont aimé? » combien sommes nous à nous poser cette question, ils sont dans un ailleurs envahi par leur propres tripes…Ou bien un dieu peu importe celui en qui l’ont croit vous les enlève comme pour vous faire comprendre qu’une fois la chance a résonné à coeur battants, et que c’est deja énorme
    Merci Pat’ je comprend ce texte et tous les mots qui vibrent.
    tendresse
    Lisa Anna

  3. marjas dit

    Ton texte a éveillé bien des questions… Aimer ? Etre aimé ? C’est essentiel, vital, comme l’air et l’eau, le pain et le sel… Nous passons notre vie à aimer ou à espérer être aimé. Certains réussissent mieux que d’autres, dès le départ. Certains sont aimés et n’en ont pas conscience…
    C’est l’origine de toutes les blessures, des replis, des cicatrices toujours vives, des départs brusques vers un ailleurs dont on ne revient pas… C’est… terrible !

  4. pant dit

    et aussi se poser la question  » c’est quoi l’amour ? »
    je sais pas, je tente, je loupe, je reprends, ça passe pas, les mots sont faux, l’amour en fait comme le dit Quignard c’est le silence qui étouffe le langage, alors putain à quoi sert un poète ? à quoi je sers ?

  5. caly dit

    Si l’amour est silence, le poète est le seul qui lui offre écrin de mots précieux, rimes de soie lègère et velours d’une chaleur à nulle autre pareille. L’amour paraîtrait bien pâle s’il n’y avait les poètes pour nous en faire rêver…

  6. Chris dit

    Je ne suis pas d’accord, Quignard se trompe. Si quelque chose délie le langage à l’infini c’est bien l’amour et son cortège de joies, de maux, d’excès, mais sans tout ça quoi? la mort, le néant. Alors je préfère aimer et en prendre plein la tête que de ne pas me mettre en danger et etre vide, absente à la grande vibration qui agite tous les êtres humains. Et puis les poétes ne « servent » pas: ils sont. Et dans leur « être » ils montrent un chemin à tous les autres, c’est un chemin de joie lumineux même dans les plus sombres odes. Tu es une étoile effondrée qui se concentre trop sur elle-même: expansive-toi, rayonne, ouvres-toi et cesse de te regarder avec le petit bout de la lorgnette. Parfois il faut cesser de creuser parce que tu es arrivé au bout de ce qui était « creusable ». « C’est quoi aimer? » je me suis posée la question, puis je me suis rendue compte que se la poser ne servait à rien, comme tu le dis dans l’un de tes derniers poemes « aimer il faut le ressentir » c’est TOUT. Et c’est l’essentiel.RESSENS!VIBRE!

Laisser un commentaire