Double face…

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deux faces d’une même médaille non ? dit Jeanne
c’est comme ça à l’origine qu’une nation se construisait, sur des valeurs communes, mais des origines différentes. Alors tous ici nous avons eu un choix à faire, alors que tout un chacun ne choisit jamais, préférant le confort restreint de sa petite vie.
t’as déja vu ce vieux film « la traversée de Paris » ?

Léon opine :
oui avec cet acteur formidable Gabin ?

Jeanne confirme :
oui ce vieux bonhomme plein de force, tu te rappelles la scène dans un café où ils arrivent pendant leur traversée de Paris, ils entrent, et quelques pauvres types les regardent, et Gabin de s’exclamer :  » j’aime pas les pauvres, ces pauvres qui ont de petites ambitions, de petits besoins, de petites idées, qui donc sont petits ne veulent rien » bon je te donne ça en gros me rappelle plus trop, mais en fait ces gens dans leur minable petite vie, sans idéal de pensée, sans pensée même etaient les parfaits petits soldats de l’occupant, de la chair prete à denoncer, prete à se coucher. tu vois ?

oui, dit Leon, en quelque sorte c’est toujours pareil, peu sont capables de faire des choix, on sait pas pourquoi, nos histoires sont pas differentes de millions de gens, pourtant à un instant ça change de direction, et on se retrouve là, dans le reseau, dans le groupe de Dan, et on tuera sans pitié, et on recommencera demain encore, car nos idéaux ne peuvent plus se satisfaire de ne rien faire. c’est ce que je me suis dit des mon enfance, à un moment faudra que je fasse quelque chose, en rupture avec cette vie de soumission, cette vie d’oppresion.
alors sur c’est loin d’etre drole, loin d’etre confortable, loin d’etre jouissif, mais enfin il y a des choses à faire. et donc il faut des gens pour le faire.

Dan s’approcha de Leon et Jeanne:
alors on discute, c’est l’heure d’aller se coucher, demain sera une dure journée, on monte une opération, donc salle des cartes demain 10.00
mais on commence a 6.00 au stand de tir, Druc m’a trafiqué un peu mon M82, avec le sourire qu’il avait je pense que je vais avoir une surprise, et puis vous faut que vous validiez vos sequences de tir aussi, donc hop au pieu et à demain.

Bien Dan, dirent ils d’une seule voix, je sens qu’on va se marrer demain dit en souriant Jeanne.

[…]

Druc s’approcha de Dan. Alors commandant, vous êtes prêt ?
Dan releva la tête :-prêt ? Tu peux pas imaginer tout ce que je suis prêt de faire, dit il doucement avec un petit sourire acide.
-Bon pas de problème, vous allez aimer. Votre Barett je l’ai un peu modifié, avec des potes du Brésil, et les amis Tchétchènes, une modification qui change un peu les choses. D’une les munitions, on garde bien sur le calibre .50 mais technologie nanotech en plus, dit il avec un grand sourire lui.
Dan suivait ces explications techniques avec ennui, peu lui importait les moyens, le résultat seul comptait, avec un arc, avec un sabre, avec une hache, une massue même il ferait son office, et rien ne l’arrêterait, mais il se devait d’être diplomate avec les gens de son groupe, et il relança la conversation :- enfin, ils ont réussi à intégrer les nanotech ? Et pour quel résultat ?
Druc sourit content de son effet à venir :-eh bien commandant, ces munitions, dit il en montrant une cartouche qu’il tenait entre deux doigts énormes, génèrent automatiquement en liaison neuronale avec le tireur une sphère de destruction à l’impact, le dit impact pouvant être défini par la même liaison neuronale, ce qui veut dire, que le tireur se contente de viser et la liaison neuronale fait le reste, le tir en lui-même, la zone d’impact, devant ou en plein cœur de cible, et la sphère d’éclatement, le maximum de diamètre possible étant deux mètres de diamètre. Vous imaginez la scène commandant ?
Dan avait laissé ce manteau d’ennui derrière lui, son regard était maintenant vif, très vif même.
-Une démonstration Druc, je peux essayer ? dit il le regard tendu et la voix froide.

Toute l’équipe était là autour du terrain, Léon et Jeanne regardait, écoutait, attentif à ces petites choses qui pourraient peut être leur permettre de vivre un petit peu plus longtemps, un jour de plus, une semaine, c’est pas du luxe. Et des fois cela ne tient qu’à la quantité de destruction que tu peux apporter en période de crise, pas plus pas moins. Bien sur eux ils n’avaient pas accès à la Barett de Dan, c’était un modèle spécial, un cadeau d’un général US, qu’il avait croisé un jour à Bruxelles. Ce même général envoyait périodiquement au réseau des munitions à Dan, et d’ailleurs c’est par lui que Druc avait rencontré ces petits copains techniciens nanotech, et qu’on en était arrivé à ceci.

Pendant ce petit tour de scène, Druc avait accompagné Dan sur le pas de tir, lui avait montré la cible. C’était un camion à 1 km, du moins la première cible, la deuxième était un mannequin robotisé d’essai de tir prêt à être sacrifié à l’occasion. Dan prit sa Barett, l’équipa du chargeur que lui tendit Druc, et releva la tête vers Druc :
-Dis grand et ta fameuse liaison neurale ?
Druc lui tendit un patch, il lui colla sur la tempe droite, et lui dit : -Voilà liaison active, des que vous pointez l’arme la liaison devient active, et vous verrez dans votre esprit toutes les infos et les demandes sont prêtes à être données directement par la pensée, vous pouvez même tirer les yeux fermés maintenant commandant, et je vous dit pas pour le tir de nuit.

Dan s’allongea, se décontracta, comme toujours dans ces moments là, le froid tombait sur lui, il gagnait ses veines, et son esprit, et n’était plus qu’une machine implacable sans aucun ressenti. Il visa le camion, et dans son esprit deux questions rapides comme des idées apparurent : zone impact ? Devant ? Derrière ? Plein cœur de cible ? Taille de la zone d’expansion ? Il répondit dans un éclair et le coup partit.
Le camion explosa littéralement, Dan avait choisit une explosion en plein cœur de cible et la taille de la zone d’expansion était maximale, il y avait un truc immense dans le camion, le reste s’effondrant et explosant à la suite de la détonation.
Sur le pas de tir, c’était le silence qui régnait, un silence éberlué. C’était des gens de guerre, des combattants pourtant qui connaissaient le feu et son pouvoir destructeur mais là sur un simple tir, voir ça, les laissaient sans voix.
Dan changea d’angle directement sans respirer plus, et visa maintenant le robot qui partait en courant respectant son programme, la distance était toujours de 1 km, mais sur une cible mouvante c’était un peu plus délicat surtout avec un Barett qui était une arme lourde. Les mêmes questions apparurent dans l’esprit de Dan, il y répondit tout aussi vite, et le coup partit. Celui-ci fut complètement différent, même s’il avait gardé l’impact en cœur de cible, Dan avait choisi une zone d’expansion minimale, trois cm3, mais il avait visé la tête, et le robot s’effondra, sans plus de dégât apparent.
Le silence était toujours complet, mais un frémissement se fit jour,et les cris arrivèrent comme le vent vient en une bourrasque de hourras que rien ne pouvait retenir. Enfin une arme qui ferait peut être la différence, il était temps que la résistance s’en sorte un peu mieux, et qu’elle frappe un plus grand coup, avec ceci, les rêves les plus fous de Dan et du Groupe allait pouvoir prendre corps, et d’ailleurs Dan pensait déjà à cette prochaine opération qu’il préparait, elle allait maintenant prendre une autre ampleur.

P.

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