Da verde…

j’ai récolté quelques milliers d’invitations, quelques images pour aller avec, quelques étagères pour y déposer mes misères, quelques oreillers pour reposer mes messagers de pierre, quelques soucis antiques pour recoller la peine sur ma chair de bois.
Et me voilà parti à rire, comme un étranger, je regarde tous ces objets, et je me gausse de leurs courbes d’inexistence.
Ni vitesse, ni frontières, ni tendresse, ni délicatesse, aucune des images du classique, et je reste cet étranger. Comment supposer que ce qui est ici en dehors serait en soi ? Comment imaginer que ces objets soient autres choses que des images rémanentes ?

Alors j’ai tout récupéré, tout compilé, tout brisé en petits morceaux, pour en finir, et en faire une poudre fine à l’enfer comme envers. J’ai ensuite pris quelques moules d’acier lissé, et j’ai déposé la mixture mouillée d’eau salée à cuire dans un four posé non loin. Quelques heures plus tard et quelques milliers de comprimés blancs dans un grand bac de fer.

Et moi assis sur un fauteuil club, quelques bouteilles d’aquavit, et mes comprimés, et me voilà parti dans l’étincelle de la ré appropriation, du renversement vers soi.

Le temps lui même suffira-t-il ? J’ai déjà chassé les malaises pour faire ça sans trop d’aise, et laisser l’ivresse s’installer. J’ai trop d’images, trop d’inexistence, trop de flatulences cérébrales à exprimer.
Rien de prévu pour faire un homme, rien de prévu pour décoller l’expression sympathique qui y aurait résidé. C’est une mauvaise idée, comment ne pas l’écouter ?

Quelques riffs d’aquavit plus tard, quelques années noires, quelques araignées du soir, quelques soupçons d’envie d’espoir. Une sale mauvaise idée, comment ne pas l’espérer ?

Et le ventre plein, et la tête qui se fend, comme mon coeur, une sale mauvaise idée, comment ne pas déchanter ?

j’ai tout récupéré, tout recompilé, mais vais je y retrouver mes douceurs, mes candeurs, mes innocences ? Reste-t-il encore une fin pour calmer ma faim ? Et enfin retrouver les saints éléments pour me permettre de retrouver la recette de l’amour…ou de moi-même. Sans préférence.

P. 2005 03 09

Laisser un commentaire