Archives de février, 2005
Rouges les couleurs de l’Amer.
A nos amours, comme blessures et nos écoeur-mentent, sans solitude, ineffables sans attitude. Je vois là des éclairs et des mots tardifs sur un seul motif, la peur.
Tu te rêves ma soeur, sans espérance, amitié de peaux collées l’une contre l’autre, non, plutôt, l’une sur l’aurore de l’autre. Oxygène comme sereine, lumière d’une respiration simple, comme des ruines qui jucheraient le chemin pourri dans cet escalier. Et nos chairs ?
Comme d’habitude, il resterait un esprit voir même un espoir, à en perdre les yeux. Fusion souveraine de tes humeurs et de mon sang, de mon impression sanguine, de ma flamboyante ivresse sauvage. Mêlerons-nous nos destins comme nos respirations absorbent nos raisons ? Et tu te vois ma soeur, et tu te, sensuelle comme image, pulpeuse en désirs, montre en silence, nue et cependant reine. Et nos chairs enfin en une noce cananéenne ?
A cet or, ne manquerait plus ma soeur de sang que tu sois morte, mais aucune de mes soeurs symboliques ne peut mourir, rien n’existe de toute façon, sauf l’espoir, et encore. rien n’existe, ni le temps, ni les sentiments, juste les émulsions vulgaires d’un Esprit glaireux qui se fait appeler Zeus, ou Dieu. mais il n’a aucun ami,et surtout pas l’amour, ni la Shekinah, car toute la violence latente du monde ne fait que l’écarter. Et sans les cartes du soleil, trouvée parfois à Marseille ou à Florence, il se meurt à l’infini.
Belle Florence, sans ces cartes, la connaissance n’est plus. Et Sub-Rosa. le Vrai but est là pas dans la vindicte de l’instant. J’essaie d’en rire même si je suis qu’un gnome, il n’y a pas de difformités sous la ligne rose. et la Rose de MM coule peut être dans mon sang, donnant saveur à l’ouvrage que je tente de construire. me souciant très peu d’être compris, même de mes amis.
Sub-Rosa.
Et dans quelle eau se cale ma chair, nos chairs ? Dans quelle onde se révélera l’amour ou le désir ? Sous la Ligne Rose ? Car il est vrai, il, ivresse, elle, est vérité, souple en sagesse. La nuit interdite où l’on ne pourra jamais crier nos joies. Pourtant.
j’ai trouvé la ligne Rose et pour mieux dire toutes les Roses sont mes soeurs, et toutes mes soeurs sont des Roses, même ma fille se prénommera Rose, d’ailleurs je la nomme encore une fois ici. Toutes ces Roses ne peuvent que rester dans le même jardin car le Jardin est fait pour Elles, c’est moi qui ne fait que passer, qui m’arrête parfois, et qui respire, et qui m’ébahis, et qui parfois aussi, trop assoiffé m’approche trop près à toucher, et voilà l’épine, et l’expulsion de la chair, dans le sens.
Sub-Rosa, peuplera comme les Peuls ma chair, et son silence se déchargera en moi. Caresser ensuite cette carnavalesque rime fragile c’est peut-être y retrouver la Joie de Vie. Car la Rose nous a touché, engendrant incompréhension et malaise, les mal heurs de l’humanité qui se croit, et s’imagine en action plus qu’en raisons, maître de la Rose ne peut que se piquer à Elle. Qui sait juste l’admirer aura en lui le parfum pour grandir et la Beauté dans les yeux et dans le coeur.
Trouverons nous quelqu’un pour porter le message, nous qui sommes attachés ensemble ? Nous ne voulons pas nous séparer, et la séduction passe au large, vers les femmes d’extérieur, et les amants délétères. Nous sommes les anges velus d’un peuple ridé, qu’importe la couleur, noir, jaune, bleu, nos peines, comme nos peaux, n’ont plus que la laine, et nos amours rouges écarlates comme souvenirs pour bâtir Demain.
Pant 2005 02 20
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Rotor
Jette tes yeux sur le ciel du lit
Épuise le col de ton sourire
Maudire l’instant pour mieux séduire
C’était un été 67 en plein soleil
Que la lune a surgi couleur sanguine
Alors peler le fruit en longues lanières
A vif
Creuser la chair et te regarder crier
Découper sang et quartier
Trop belle lame à partager
Laisse y tes doigts retomber
Es is korrekt ?
Encore une fois ?
Tu parlais de me faire fuir
Mais que feras tu sans moi, et sans bras
Jette donc ces yeux sur le ciel du lit
Ce sont les tiens
Les miens je te les avais déjà donné
Que sont ces mains que mon coeur enchaîne ?
Et le chalumeau qui crache maintenant sa flamme
Ton coeur ne le supportera pas
encore une fois?
Jette ces yeux sur le ciel du lit
Épuise le coeur de ta poitrine emmêlé
Je t’aime il est vrai tu es si belle à saigner
Poupée de chair
Comme amitié
Comme lune est l’autre ma chair
Comme chair est l’une
De mes moitiés
Hola police
Trop tard
Trouble et motard
Gestes affamés
Gestes infamants
Hola police
Trop tard
Pant 2005 02 19
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Feuille et acier.
S’il pleut de mes feuilles sur le sol quand je regarde d’icelles le vent souffler c’est le sel de la mer qui me parvient et tes pas, mobile-arbre sans feuille ne sont que des lumières sans age, de ces lumières qui ne m’évoquent que la peur des éclairs, du feu, et de l’acier qui brûle. Je me nourris de tes larmes comme de toute eau nourricière, j’aime la brise plus que l’autan, tout ce qui dans tes yeux me rend magnifique et vert.
Mais j’éprouve parfois le goût de l’acier, le goût de l’haleine roussie dans mon écorce. Lorsque la teinte se plante au tain. Voilà ces quelques mots pour moi, car qui parlera pour moi autre que mes feuilles intensifiées par ces mots.
Et qui parlera pour l’acier ? Comme sidérale, mère des tempêtes, l’audace est pour une fois, mêlée de l’obscurité de mes nuits. Prions pour que, de guerre lasse, la comète du hasard tombe, ou passe enfin dans l’ombre de mes impasses. M’extraire par le feu de la gangue, me faire rougir, me pousser un peu, pour que j’abandonne mes peurs, mes ruades intestines.
Qui parlera pour l’acier ? Gemme intestinale, fille du repos, la tendresse est pour une fois, Comanche et Cheyenne, môme dissimulant dans le silence l’étoile brillante dans la nuit. Communauté de plongée à St Prix, longeant la Liesse, me foutant bien du bonheur, j’arpenterai la coulée verte, emportant sur une carriole mes oublis et mes certitudes, les cognant les unes contre les autres, cherchant miracle pour les rassembler.
L’acier de mes pensées ou de mon coeur quand il gèle et vire au bleu l’acier de mes peurs, ou de mes désirs, quand ils sèment le temps; l’acier de ma peau ou de mes délires quand je ne cherche qu’un baiser…
S’il pleut de mes sourires quand le silence prend l’air de l’acier tempête
je pleure. Comme je peux, de tes peurs m’inspirer, regardant le vide de tes gestes
colériques, je porte la main au sel de tes lèvres à l’est de la branche majeure.
rien nulle part, autrefois, et la vie qui s’étage en silence comme par adhérence multiple et féconde.
Pant 2005 02 14
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Épithélium
Minimum croisée lune et sans épée
scooter énorme peut pas le monter
acier deux porches
moteur trois huiles conne remontée
ok quelle crève vie de salaud
acier long temps comme rue droite
ville morte larme j’ai trop chaud
ok qu’elle crève fille de Samos
Atropos comme père rive gauche de zéro
Rivière salée comme mère fleuve
droite ligne délires imités
minimum énorme je rechute
feuille de papier gaufrée
gomme futile avilie morte deux trucs
comme rêve un ou deux trois amis
gomme finesse je lutte atémi
j’veux te donner comme i drive
d’Évreux comme hargne moteur
prendre rue silence je baise
chair montagne arôme fraise quatorze
j’ai de la peine drôle d’hommage un samedi
samedi quatorze je baise
un deux trois tamis
mortaise vieux trucs
mère délire avinée
j’entends des voix zélés
je fais encore le même numéro
drôle d’appareil ignorant l’utile
comme un rébus pour remplir mes lignes
poissons-volants des disques au coeur du système
je sens que ma famille refait mes écrans
je suis le nouvel appareil je le sais comme toi
Pant 2005 02 13
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Blaise Cendrars

http://www.franceweb.fr/poesie/transib.htm
Extrait de la prose du transsibérien.
[...]
Pourtant, j’étais fort mauvais poète.
Je ne savais pas aller jusqu’au bout.
J’avais faim
Et tous les jours et toutes les femmes dans les cafés et tous les verres
J’aurais voulu les boire et les casser
Et toutes les vitrines et toutes les rues
Et toutes les maisons et toutes les vies
Et toutes les roues des fiacres qui tournaient en tourbillon sur les mauvais pavés
J’aurais voulu les plonger dans une fournaise de glaive
Et j’aurais voulu broyer tous les os
Et arracher toutes les langues
Et liquéfier tous ces grands corps étranges et nus sous les vêtements qui m’affolent…
Je pressentais la venue du grand Christ rouge de la révolution russe…
Et le soleil était une mauvaise plaie
Qui s’ouvrait comme un brasier
En ce temps-là j’étais en mon adolescence
J’avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de ma naissance
J’étais à Moscou où je voulais me nourrir de flammes
Et je n’avais pas assez des tours et des gares que constellaient mes yeux
[...]
Et pourtant, et pourtant
J’étais triste comme un enfant
Les rythmes du train
La “moëlle chemin-de-fer” des psychiatres américains
Le bruit des portes des voix des essieux grinçant sur les rails congelés
Le ferlin d’or de mon avenir
Mon browning le piano et les jurons des joueurs de cartes dans le compartiment d’à côté
L’épatante présence de Jeanne
L’homme aux lunettes bleues qui se promenait nerveusement dans le couloir et me regardait en passant
Froissis de femmes
Et le sifflement de la vapeur
Et le bruit éternel des roues en folie dans les ornières du ciel
Les vitres sont givrées
Pas de nature!
Et derrière, les plaines sibériennes le ciel bas et les grands ombres des taciturnes qui montent et qui descendent
Je suis couché dans un plaid
Bariolé
Comme ma vie
Et ma vie ne me tient pas plus chaud que ce châle écossais
Et l’europe toute entière aperçue au coupe-vent d’un express à toute vapeur
N’est pas plus riche que ma vie
Ma pauvre vie
Ce châle
Effiloché sur des coffres remplis d’or
Avec lesquels je roule
Que je rêve
Que je fume
Et la seule flamme de l’univers
Est une pauvre pensée…
Du fond de mon coeur des larmes me viennent
Si je pense, Amour, à ma maîtresse;
Elle n’est qu’une enfant que je trouvai ainsi
Pâle, immaculée au fond d’un bordel.
Ce n’est qu’une enfant, blonde rieuse et triste.
Elle ne sourit pas et ne pleure jamais;
Mais au fond de ses yeux, quand elle vous y laisse boire
Tremble un doux Lys d’argent, la fleur du poète.
Elle est douce et muette, sans aucun reproche,
avec un long tressaillement à votre approche;
Mais quand moi je lui viens, de ci, de là, de fête,
Elle fait un pas, puis ferme les yeux- et fait un pas.
Car elle est mon amour et les autres femmes
N’ont que des robes d’or sur de grands corps de flammes,
Ma pauvre amie est si esseulée,
Elle est toute nue, n’a pas de corps -elle est trop pauvre.
Elle n’est qu’une fleur candide, fluette,
La fleur du poète, un pauvre lys d’argent,
Tout froid, tout seul, et déjà si fâné‚
Que les larmes me viennent si je pense à son coeur.
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Daniel Darc –ET QUEL CRIME ?

Grand album que ce Crève coeur, et ce morceau est superbe, écho de mon coeur ou de mon âme, dans une errance subite ou définitive.
Et quel crime ?
Ais-je commis ?
Pour que tu
Sois partie
Et quel rêve
Ai-je trahi
Quel outrage
Que la vie
Tout au fond
D’un grand puit
Mon cœur flotte
L’eau croupit
Suis-je le gardien de mon frère
Son sang hurle de la terre
Accorde-moi le remord
Le désespoir et puis la mort
Et quel crime ?
Quel oublie
Pour que tout
Sois fini
Wagon gris
D’avant guerre
Je gémis
Désespère
Sommes-nous gardien de nos frères
Toi qui a fendu la mer
Nos peines trop lourdes à porter
Seule la mort peut nous sauver
Et quel crime
Ai-je commis
Et quel rêve
Et qu’elle crève
Des trains qui
Vont nulle part
Qui s’égarent
Au hasard
Etait-il gardien de nos vies
Le sol fertile à ouvert la bouche
Pour recevoir de leurs mains
Le sang de nos freres
Et quel crime ?
Et quel crime ?
Et quel crime ?
? ? ?
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Je m’en voudrais
Novembre
et les astres
tout ici
prêt à nous conduire au désastre
Et janvier est arrivé
et le ciel
d’acier rougie
laisse une sève acide au creux des lèvres
Ma chérie
sers nous vite un whisky et surtout un malt
Février
nous donnera peut être
une étroite faiblesse
mais si dieu nous gagne encore
laissera-t-il un pan de tendresse.
Novembre et ses astres
artisans du désastre
tous ici
nous avons pâli
Ma chérie
laisse assis-toi, je garde la bouteille
auprès de nous
Ceux-là m’ont appris
que la rage est brûlante
et que nos chairs ne veulent plus roussir
Je m’en voudrais
je m’en voudrais
de ne rien te dire tu sais
j’ai tué ma chair par deux fois
je m’en souviens
à chaque fois
je m’en voudrais…
Je me cache comme je peux
dans un ciel gris nuageux
il faudra bien un jour
que j’ai le courage
mais si seulement tu me faisais un coeur
pour guérir
celui-là, option naissance, ne sait que souffrir.
Je m’en voudrais…
Pant 2005 02 05
une réference ! :
PARIS LE FLORE
(Daho/Moxham)
De pleurs en frimes, Paris déprime, Saint-Germain s’illumine
Se fondre à la foule, dans la ville aux rencontres faciles
Je n’fais guère attention, les dessins qu’j'ai dans ces cartons
Sont mon unique passion
L’art est ma raison
[...]
Après minuit, Paris c’est fun, attablé, détaché
Regards lourds de sens et connivence pour qui cherche une main
Je n’attends vraiment rien, je viens pour y lire des bouquins
Artaud, Miller puis faut qu’j'aille
Trainer sans raison.
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Box
c’est quand il met les mots dans la boite
que s’envole le son figé hors du juke-box
à l’issue de l’erreintante soirée passée à la boxe
sa peau n’est plus que paresse en sueur
et la paleur du mouvement n’est qu’apparence et rumeur
il regarde aussi ses doigts qui dans les miens même s’emboitent
caméra sans lumière pour t’isoler
mauvaise affaire sale métier
il est sauvage ce faux courrier
presque trop sage c’est pour parler
tes lèvres musique aube noire et soirée
robe du soir tunique histoire suivra en matinée
et quand la lune noire saura se démêler
des horizons celtiques peut être même la peau déchirer
j’imaginerai cette audace nouvelle en dos nu encodée
camera sans lumière pour t’isoler
mauvaise affaire dans ce calendrier
tourner aussi la page de ce faux courrier
déjà trop sage pour mieux se retirer
dans l’esclavage ma peau s’est exclamée
redevenir libre sera mieux que ces squames
verrues muettes d’un navire de chair à caresser
sans rire de ma substance
ni de mes mauvaises et amoureuses distances
c’est quand il met les mots dans la boite
rivetée de clous comme d’un collier
que s’envole le son figé hors du juke-box
aciers bleu sel et misères reliés
à l’issue de l’erreintante soirée passée à la boxe
nuage de sang autour de ses poings refermés
sa peau n’est plus que sagesse en sueur
où fuira l’horreur que cet homme à causé
et la paleur de ce mouvement n’est qu’apparence et rumeur
pourtant ses mains de la chair abimée ont gardé l’odeur
et il regarde aussi ses doigts qui dans les miens encore s’emboitent
Pant 2005 02 03
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