Archives de janvier, 2005
Unital 6
Ne sens tu rien venir.
Calendrier Verlaine coté janvier
Jaune de presse et de matière
On se ressemble cavalier bleu sur le papier
Et comme richesse la longueur néfaste d’un cimeterre
Plume céleste comme mise en orbite
Eclair de stress posé sur le lac océan de ma peau
Laisser croire que le sang rose pale dans ma bite
D’amarrage n’est que dureté avant lever de rideau
Sur le champ courbe marchand de migraine
Tu déposes
Une mise comme au cardan chargé de nos peines
Pour une dose.
Et ça surexpose.
Unital 6
P. 2005-01-15
Pant vu par Vynil05–dernière coupure
Avant l’orage ?
entrez donc, vynil05.
Mais ?
ah le décor vous gène ?
C’est à dire, vous n’êtes pas seul et…
je sens que l’acier de la lame que je porte sous la gorge de la dame
vous gêne plus que sa présence.
C’est peu de le dire.
non c’est beaucoup de vous recevoir avant l’homélie.
Homélie ? sacrifice ?
comment régler une dette, une offense ? ou encore comment libérer une âme du poids de la torpeur.
L’acier ?
je le préfère au gun, et la mort est une envie subite, que l’on peut donner comme recevoir.
L’acier à cause du sang ?
du geste, et du sang qui coule oui.
Mais cette femme ?
une image de ma libertée brisée, de ma vie gachée, des barrières infrangibles.
J’ai lu votre “fermer les yeux”.
et vous faites le lien ? mon dieu, il y aurait donc un esprit qui s’éveille, et nous ne sommes même pas encore à Séville.
Séville ?
oui, car vous allez devoir me suivre dans ma fuite ensuite, complice de fait.
Hein ?
de fait, j’ai dit, et la fête sera définitivement finie. pour toujours et à jamais. avancer dans le brouillard.
C’est plus de la littérature ça ! ni une interview !
comme vous dites. où commence la vie ? là où s’arrete la littérature ? même pas.
On peut faire une pose là ?
pour calmer vos tremblements ? je vous accorde sept minutes…
Vynil05 dernière coupure avec le poète webmestre assassin pant. 14/01/2005.(putain elle est où la sortie de ce truc de fou ??)
Ah! au fait, la suite c’est vous qui vous la tapez ! dans les commentaires, vynil05 commence à dérailler, donc je compte sur vous, un peu d’un terra ktivitré dans un monde de brutes, non mais !
Unital 7
Nous, les épuisés du désir
Portés par les larmes du dernier empire
Celui qui mène à nous même et au pire
Nous sommes des lames abîmées par nos délires
Et les cimetières sont pleins de nos cœurs
De nos rivières trop lâches, de nos douleurs
Que reste-t-il à clamer sinon nos peurs,
Nos envies de rire ou de mourir sans chaleur ?
Unital 7
P. 2005 01 14
Pant vu par Vynil05–3ème volée
Si on reprenait sur l’enfance et cette dernière formule ” Et voilà le clash thermonucléaire. nucléaire dans le sens de famille.” ?
pour dire ?
Dans le sens de guerre ?
dans le sens épais.
Mais nucléaire ?
la cellule, therme usée dans la psychologie et la psychanalyse.
Et thermonucléaire ?
à cause des radiations, trois présents, un seul reste. Ma soeur ayant quitté le foyer et n’ayant pas de fait la même sensibilité anormale que moi.
Donc quelque part envie de mourir, de sentir aussi l’effet léthal des radiations ?
ça apparait dans mes textes quelque part, la mort est proche de moi, de mes préoccupations. Je m’en soucie. Mais envie de mourir ? non, je ne pense pas, de ne pas être oui, mais pas de mourir. J’assumerai.
Sens du devoir ?
trop, dans un monde sans honneur.
Honneur?
vous voyez, vous ne reconnaissez même plus ce mot.
Bonheur ?
ne mélangez pas tout. être suffit, le bonheur est un concept à la con, plus fait pour les branlettes philosophiques que pour les vrais vivants.
Être ?
signifier. faire partie du tissage. et stop pour cette fois. je préfère aller boire un triple malt, que continuer à vous écouter. à+.
Vynil05 troisième passage avec le poète webmestre pant. 12/01/2005.
Gunter Grass
je viens d’acheter “les années de chien” et je craque. Alors je copie ici la notice de l’académie Nobel.
Günter Grass est né en 1927 à Dantzig-Langfuhr, de parents germano-polonais. Après avoir servi sous les drapeaux pendant la guerre et avoir été prisonnier des Américains de 1944 à 1946, il a travaillé comme ouvrier agricole et mineur, puis a étudié les arts plastiques à Düsseldorf et à Berlin. De 1956 à 1959, il a gagné sa vie comme sculpteur, graphiste et écrivain à Paris, puis à Berlin. En 1955, Grass est entré au «Gruppe 47», un mouvement contestataire à qui l’écrivain allait plus tard rendre hommage dans Das Treffen in Telgte («Rendez-vous à Telgte»). Il a débuté comme poète en 1956 et comme auteur dramatique en 1957. La grande percée internationale s’est produite en 1959, avec Le tambour. Ce roman picaresque et de formation, un ouvrage allégorique à la composition ample, porté à l’écran par Schlöndorff, constitue un panorama satirique de la réalité allemande de la première moitié du siècle et allait faire partie de «la trilogie de Dantzig», avec Katz und Maus («Chat et souris») et Les années de chien. Pendant les années 60, Grass s’est engagé dans la politique et a participé activement aux campagnes électorales en faveur de la social-démocratie et de Willy Brandt. Il a traité le thème de la responsabilité des intellectuels dans Anesthésie locale, Journal d’un escargot, et «la tragédie allemande» Les plébéiens répètent l’insurrection, et a publié des discours politiques et des écrits où il plaide pour une Allemagne délivrée du fanatisme et des idéologies totalitaires. On allait retrouver Dantzig, la ville de son enfance, et l’imagination narrative, vaste et suggestive, de l’auteur, dans Le turbot et La ratte, romans à succès qui critiquent la civilisation et reflètent aussi l’engagement de Grass dans les mouvements pacifiste et écologiste. Le pavé Toute une histoire, dont l’action se passe en République démocratique allemande pendant les années précédant et suivant l’effondrement du communisme et la chute du mur de Berlin, a suscité des discussions et des critiques véhémentes. Dans Mein Jahrhundert («Mon siècle») il fait un historique personnel, année par année, du siècle écoulé. En tant que graphiste, Grass a souvent été l’auteur de la couverture et des illustrations de ses œuvres. Il a été président de l’Akademie der Künste de Berlin de 1983 à 1986 et a été actif au sein de la Maison d’édition des auteurs et du Pen Club allemands. Il a reçu un grand nombre de prix, parmi lesquels: Preis der Gruppe 47 (1958), «Le prix du meilleur livre étranger» (1962), le prix Büchner (1965), le prix Fontane (1968), Premio Internazionale Mondello (1977), Alexander-Majakowski-Medaille (Gdansk, 1979), le prix Antonio-Feltrinelli (1982), Großer Literaturpreis der Bayerischen Akademie (1994). Docteur honoris causa des universités de Kenyon College, Harvard, Poznan et Gdansk.
Choix d’œuvres de Günter Grass en français
Les plébéiens répètent l’insurrection. Théâtre. Précédé d’un discours de l’auteur. Trad. par Jean Amsler. Paris: Seuil, 1968.
Le tambour. Trad. par Jean Amsler. Paris: Seuil, 1979.
Le turbot. Trad. par Jean Amsler. Paris: Seuil, 1961.
Les années de chien. Trad. par Jean Amsler. Paris: Seuil, 1965.
Anesthésie locale. Trad. par Jean Amsler. Paris: Seuil, 1971.
Journal d’un escargot. Trad. par Jean Amsler. Paris: Seuil, 1974.
Une rencontre en Westphalie. Roman. Trad. par Jean Amsler. Paris: Seuil, 1981.
Les enfants par la tête ou les Allemands se meurent. Trad. par Jean Amsler. Paris: Seuil, 1983.
Essai de critique 1957-1985. Trad. par Jean Amsler. Paris: Seuil, 1986.
La ratte. Trad. par Jean Amsler. Paris: Seuil, 1987.
Tirer la langue. Trad. par Jean Amsler. Paris: Seuil, 1989.
Propos d’un sans-patrie. Trad. par Jean Amsler. Paris: Seuil, 1990.
L’appel du crapaud. Trad. par Jean Amsler. Paris: Seuil, 1992.
Toute une histoire. Trad. par Claude Porcell et Bernard Lortholary. Paris: Seuil, 1997.Littérature
Günter Grass [Interview]. Lire, oct. 1997, p. 40-46.
Günter Grass en dissonance. [Lors de sa sortie en Allemagne, en 1995, «Toute une histoire» fit grand bruit. Le romancier s'explique sur la genèse et les enjeux de son livre.] Le Monde, 3 oct. 1997, p. i-ii.
Mannoni, Olivier, Un écrivain à abattre. L’Allemagne contre Günter Grass. Paris: Ramsay, 1996.
Pant vu par Vynil05–2ème volée
Une reprise.
sur mes chaussettes ?
Non,non, quelques précisions, genre analyse deuxième niveau.
Anna Lise ? je ne sais ce qu’elle en dirait. Mais allons.
“Les amies ?
Idem, et en plus, l’effort de se maintenir en vie, sans trop d’envies.”
Alors vous pouvez en dire plus ?
demandez moi d’abord à propos de l’amour, de l’amitié aussi.
Bien. L’amour ?
un fantôme, un concept que l’on croit comprendre, pour qu’il s’efface, dans un nuée féconde ou infertile. Pour faire clair, je parle sans arret d’amour, mais je ne sais pas ce que c’est, et je ne sais pas ce que c’est qu’aimer. Et je cherche sans cesse.
Ah. Et l’amitié alors ?
ça découle de fait de ma réponse ci-dessus non ?
Vous n’aimez pas ?
si surement, mais comment savoir si c’est vraiment de l’amour, y pas une formule prédéterminée qui te donne la réponse, un amourmètre.
En général on se base sur notre enfance.
justement, si le fond de mon problème était là, ça vous est jamais venu à l’esprit ? vous voyez une image paternelle ou maternelle dans mes textes ?
Maintenant que vous le dites.
tu parles d’un interviewer… va falloir que j’écrive vos questions bientôt.
Donc l’enfance ?
isolée. mais pas isolante malheureusement. Pour résumer en une formule simple: les cris sont des crocs pour une âme sensible. Vous rajoutez à cela une précocité certaine. Et voilà le clash thermonucléaire. nucléaire dans le sens de famille.
Je crois que l’on va arrêter là dessus cette fois ci, c’est assez fort.
ça résonne sans cesse dans l’éternité de ma carcasse, oui.
Vynil05 deuxième passage avec le poète webmestre pant. 11/01/2005.
Pant vu par Vynil05–1ère volée
Prenez place.
Si je le peux sans paraître plus petit.
Les anges n’ont pas de paupières.
Et les calamars non plus.
On commence l’interview alors ?
Comme vous dites, vous dites.
La peur du sauvetage ?
Une saumâtre parenthèse qui se brise toujours sur mes murailles.
Et les risques en otages ?
Oui, il est vrai que je suis partisan de l’élimination des risques. Sans émotions surannées.
Pas trop la grosse tête ?
Quelque part oui, et sur un petit corps, ça donne le résultat difforme que vous avez devant vous.
Les amis ?
Un cas de subsistance, et de substance.
Les amies ?
Idem, et en plus, l’effort de se maintenir en vie, sans trop d’envies.
La confiance ?
Tolérance au métier.
L’écriture ?
Un épanchement.
La vie ?
Un étanchement
Le repos ?
Une cellule capitonnée ou un quartier de haute sécurité, au mitard.
Votre présence multiple sur le net ?
Certainement une erreur, une trop grande faim. Qui aboutira a une autre très grande fin, je pense.
La poésie ?
Le mystère, la présence, et le dépôt rapide du besoin sur le papier. L’amour, le désir, et la mort, et le refus.
Le style ?
La forme délicate et définitivement brève du travail sur soi. Et le ciselage par choix.
Alors en gros, vision élitiste ?
Vouloir que l’homme grandisse et regarde les étoiles de plus près, oui. Après appelez ça comme vous le voulez.
Le pardon ?
Non un gun ou des roses.
En clair ?
Nettoyage éthique. Forme littéraire d’extrémisme peut être.
Vous définissez-vous comme fasciste alors ?
Si vous le dites, déjà vous le pensez. Et je m’en fous de ce que vous pensez, car là vous ne comprenez rien.
Vous voulez qu’on arrête là ?
Non, ça c’est vous qui le voulez, réflexivité de la pensée. Ne me prêtez pas les vôtres, j’ai assez des miennes, et en l’occurrence elles sont de meilleure qualité.
Mépris ?
Non, refus de perdre du temps. Je n’ai pas le temps. Et rien à perdre.
Merci pour votre franchise.
Je vous en prie.
Vynil05 en interview avec le poète-webmaster Pant.
10 janv. 05
Thomas Fersen-Monsieur
Sublime texte d’un chanteur décalé, et décalant. Maitre de musique et de la rythmique, de l’humour du texte aussi. Mais, pourtant là je m’y retrouve, un peu. Ou je le voudrais. un peu.Et je me plais à espérer un nettoyage éthique. Voilà je suis un fasciste, un extrémiste…
—
Monsieur.
Les passants sur son chemin
Soulèvent leurs galures,
Le chien lui lèche les mains
Sa présence rassure.
Voyer cet enfant qui beugle,
Par lui secouru,
Et comme il aide l’aveugle
A traverser la rue.
Dans la paix de son jardin
Il cultive ses roses;
Monsieur est un assassin
Quand il est morose.
Il étrangle son semblable
Dans le bois d’Meudon
Quand il est inconsolable,
Quand il a l’bourdon.
A la barbe des voisins
Qui le trouvent sympathique,
Monsieur est un assassin,
Je suis son domestique,
Et je classe le dossier
Sous les églantines,
Je suis un peu jardinier
Et je fais la cuisine.
Il étrangle son prochain
Quand il a le cafard,
Allez hop! Dans le bassin
Sous les nénuphars.
Et je donne un coup de balai
Sur le lieu du crime
Où il ne revient jamais,
Même pas pour la frime.
Sans éveiller les soupçons,
Aux petites heures
Nous rentrons à la maison,
Je suis son chauffeur.
Car sous son air anodin,
C’est un lunatique,
Monsieur est un assassin,
Chez lui c’est chronique.
Il étrangle son semblable
Lorsque minuit sonne,
Et moi je pousse le diable,
Dans le bois d’boulogne.
Le client dans une valise
Avec son chapeau,
Prendra le train pour Venise
Et un peu de repos.
Il étrangle son semblable
Dans le bois d’Meudon
Quand il est inconsolable
Quand il a le bourdon.
A la barbe des voisins
Qui le trouvent sympathique,
Monsieur est un assassin.
Je suis son domestique.
Vous allez pendre monsieur,
Je vais perdre ma place,
Vous allez pendre monsieur,
Hélas! Trois fois Hélas!
Mais il fallait s’y attendre
Et je prie Votre Honneur,
Humblement, de me reprendre
Comme serviteur,
Et je classerai ce dossier
Sous les églantines,
Je suis un peu jardinier
Et je fais la cuisine.
un beau soir de billet.
extrait du superbe post “les bouteilles à l’amer” de Marie
“C’était un jour de juillet le bleu du ciel et l’absence de nuage c’était de saison, rien d’extraordinaire à ce que ça sente l’air marin à plein nez et quoi de plus naturel quand on marche au bord de l’eau que les embruns salés de la mer se laissent transporter par le moindre souffle de vent, même le plus doux. Lui l’avait trouvé jolie, un tantinet hystéro mais son diagnostic n’était pas définitif, on ne pouvait pas étiqueter quelqu’un dès le premier rendez-vous, il était bien placé pour le savoir. Il l’avait donc trouvé jolie et peu importe son profil psychologique, son esprit dérangé, elle était baisable et toute prête à se laisser prendre.”
et mon délire textuel :
C’était un soir de billet textuel en absence de courage, j’ai regardé ce nuage, et cette brise lointaine apportait sur ses yeux de sel, un air marin, salé aux embruns. C’était un billet brun sensuel, qui me porta à sa rencontre. Elle n’était pas spécialement belle, non. Elle était spatialement jolie. c’est à dire que sa beauté éclectique remplissait d’un rivage électrique tout l’espace qu’elle occupait. Et c’est dans cette nuit textuelle qui vient, bordée d’un billet rouge, que le désir naquit, qu’il prit corps, qu’il se donna à prendre, et à tout, bien considéré. C’était un soir de billet bleu pareil que mon coeur avait déjà explosé, et que les quelques morceaux ruisselants étaient partis explorer quelques sourires.
C’était un billet de sel où j’ai laissé quelques baisers, pour elle.
P.
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