à 7 heures

Goût de sang dans ma bouche, rien ne passe. Contrechamps, goût d’eau dans mon sang, mais pas de cette eau pure qui désaltère, non, goût insuffisant d’une eau pleine de terre et de poussière.

Le corps qui se refuse, qui veut s’enfuir, accompagner les ondes altérées de l’esprit, qui rôde, qui se libère, en chaise à porteurs comme en caravelle. Les voiles sont débordées, les âmes en dispositions de synthèse, au garde-à-vous factice, allumeuses débiles et racoleuses pour une vie en vitrine de sucre filé.
Fidélité à soi-même ou fidélité aux autres ? se tromper soi ou tromper l’autre ? Comment peut-on être fidèle à l’autre quand on se trompe soi sans vergogne ?

Goût de sang dans ma bouche, rien ne passe. Contrechamps, goût d’eau dans mon sang, mais pas de cette eau pure qui désaltère, non, goût insuffisant d’une eau pleine de terre et de poussière.

Alors marcher, en silence, s’accompagner du bruit sourd de mes pas. Paresse. chair qui s’ignore, comme ignifugée à tous les tourments, mais pas hélàs à toutes les tourmentes. Marcher vers toi, ou vers moi, ou encore vers un endroit qui se révèlera être un ailleurs, encore que, ailleurs n’est peut-être que le lieu éternel de toute méprise, et non pas ce refuge parfait que l’on cherche sans cesse. Ou que l’on croit chercher, un asile surement, ou un asile sur. Mais est-il enfin ce refuge où l’on aura le capiton comme armure ?

Goût de sang dans ma bouche, rien ne passe. Contrechamps, goût d’eau dans mon sang, mais pas de cette eau pure qui désaltère, non, goût insuffisant d’une eau pleine de terre et de poussière.

Alors rivère, ondulation, efficacité aux pas de la cité. Société de l’homme qui se rassemble parce qu’il croit se ressembler, alors que si Je est un Autre, il n’y a pas de ressemblance, juste une semblance. Sera-t-elle suffisante ou nécessaire ? sera-t-elle ignoble ou ingérable ? Goût de sang, sans tabac pour le masquer, goût de sang, sans chair à mâcher. Départ vers l’entropie, vers le roi Thanatos. heure programmée et abandon du paysan Eros aux chants du possible. Et toujours la première heure âpre au sommeil,à un après réveil. Et l’aube qui n’est même pas là, indisponible pour cause de refus. Que me refuse-t-elle cette mégère absente ? Une certaine qualité de chaleur, sans censure, sans usure, sans délicatesse. Une aube qui ne se prête pas au courant de mon coeur, qui ne se rend pas aux pilotes de mes mains, mais, qui punissant la grève, s’approche du ruisselet de mes ardeurs. Ah, mes ardeurs ! En reste-t-il trace ? au singulier, car ou se nicherait ici le pluriel, au singulier car je le suis, seul, et si singulier, singulier comme une ritournelle enfantine, une contine d’antan, d’autrefois, d’outre tombe. De ce terreau ancien, qui se fume en terroir, qui se corrompt en montagne, s’assèche au rigueurs de l’air. De ce souvenir premier du vagissement d’entre mes lèvres, et de ce rythme second de ce hénissement d’entre les tiennes. Désir ou réalité ? jouissance ou renaissance. Et puis comme l’heure s’envole, je vais faire de même, mais le sais-je encore ce lieu ou mes plumes vont me déposer…

P. 2005 01 29—-7.00

6 pensées sur “à 7 heures”

  1. Ouah !
    Mon humeur est chagrine, très… Mais la tienne, pire encore ! Et si cette morosité n’était pas partagée par des poèmes (ce dernier, celui que je commente, je l’aime !) que deviendrions-nous, Pant ?
    J’ai l’humeur chagrine parce que l’on m’a griffée fortement, sournoisement… mais, toi, pourquoi ?

    Amitié !

  2. si l’homme noir en haut du guet
    est celui qui psycho-pompe
    mon sang et ma sève

    alors je perds petit à petit
    ce qui est chair et en-vie

    Artaud, Miller et ?
    finir au coin du feu au paradis
    ou dans un gel fumant en enfer ?
    ou plutôt dans le tranquille néant.

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