Mâchoire d’acier à Port-Vendres.


Les nénuphars éteignent le soleil en absence,
Lumière intestine, saudade et pastels
La chaleur est une caresse
Qui s’étale sur le rivage bleu des nuages
Alors ainsi comme un défi
J’avale le coeur en même saveur
Soulagement solide enfin
Mirage automne comme soudain
Mille heures qui se couchent sur mon destin.

Et ils prennent leurs fusils, s’enlisent dans la gomme incestueuse, ils prennent le maquis, comme ils baisent, en compressant le fût de leur calibre. Ils s’éloignent en maugréant, ils s’éloignent en pas de deux. Deux fois par deux, trois fois par trois, quatre sur huit, et deux fois moins cuites, l’hiver est une fin d’heure et l’ivresse qui passe par les mots s’ironise dans le mal être. La chaleur arme mirage, y puise l’écorce du fer dans le feu des danses exquises, la chaleur y presse le cœur de nos palmures suintantes, la chaleur y brise les palsambleu anciens, et les divers calembredaines, brûle en méfiance sauvage, en rive mourante, les carcasses posés là, écartelées par le sable, par le bruit infesté du temps maître de l’avant.

La fenêtre de lancement est bien pauvre, étroite, et balance en mausolée les ridelles de l’avancée correcte. La cible est un néon, fauve du néant, qui s’oublie dans le clair du diamant posé là entre tes seins. Libre coup bas sur la transparence lunaire de ta peau, et qui s’embrase dans le palimpseste igné de mon regard.

Transparence de l’eau, fontaine, fontaine, comme elle coule là où libre est le sel. Et les rimes sur les fumées de l’errance, les mots glacés/glaçons que l’on repose sur le cercueil/prison. Murailles clandestines et les lions sur la ville, arrêtés par les tanks, armés de feuilles bleues. Agitant les cœurs comme ferveur. Palestine/Ivoirine le cœur de l’enfant toujours y saigne en innocence condamné.
Tomber, tomber encore, recueillir l’ivresse comme la plume, et la regarder décoller sur les ailes des damnés. Et l’épée que je traîne, ivoire même que j’étrenne, des envies qui m’entraînent, sur un chemin de traîne, loin du rail qui freine les wagons de l’oubli.
J’ai des caresses en sursis, et leurs larmes souveraines en otage. Pour en finir comme pour une mauvaise image, je referai une lettre, qui s’ajoutera à la précédente, une lettre qui s’étage en démo. J’y posterais ensuite dans le ciel, une lettre de souvenirs, rien qui ne resterait à vivre, mais des silences, car eux s’envoleraient facilement.

Je dépose sur le sel, des mots de soutien, des larmes figés comme des caresses qui n’auraient jamais souffertes de la douceur tranquille de ta peau. J’y ai aimé ce sourire, qui jaillissait comme le feu sur le torrent, mais si proche que le ciel soit, rien ne me permettra jamais de couper mon âme en deux. J’aurai aimé être ce fleuve livresque qui baigne les ombres chairs, mais les odes, les lais, les chants, jamais, bien chantés par ma voix de gauche, seraient funestes pour d’autres raisons. Un fantôme alors, dressé sur le pont de la calabraise, barque où le mat, se matte pour me laisser naviguer. La toile lourde et courte fragilise.

Un voile de requins qui repousserait
Vers les horizons lointains
Une toile de sequins robe à composer
Libérer ta peau de la chaleur de la laine
Poser l’urne et les cendres sur le sol
Souffler une fois ouverte sur le doux mélange
Et s’embraser comme si le temps reculait
Redevenir ce feu qui prenait nos chairs
Pour ne laisser là que nos tourments
Lais libérés de ces instants
Comme s’il n’existait plus de l’amour
Que des songes rapiécés
Une voile de sequins et mon cœur pour la fixer
Sur ta peau adoucie de mes cendres
Et par l’esprit qu’il me reste
Te mener jusqu’à Port-Vendres.

Lame lame et le feu
Qui de la forge éteint l’acier
Quid de la force qu’étreint mon cœur

Sur la lame,
Suit la larme
Suis-je en alarme
A chaque doigt que je dépose
Sur le coin de la table
Comme un domino
Tu poses un baiser
Sur le coin opposé de mon cœur
Inutile couleur, inoculée douleur
Chair qui rugit comme au délire

Lame lame et nous deux
Qui entame comme le vent dans nos sangs
Les pirates de l’oubli pourriront comme l’orage dans le temps

Larme larme et tout deux
Paresseux dans la nuit

Chaque regard comme hurlé
Se dépose sur la grille portée au feu
Fer rouge qui colore mon sang
Une autre ride sur ma chair
Pour y masquer ce qui me traîne en avant
Avant
Libérer les chaînes
Comme le souvenir de Madeleine
La toute première fois
Comme ruiné sur cette étoile
Station debout
Porte huit et tourne à droite
Couloir où reposer
Sur le sol, tout au long

Comme un câble. Enroulé.
Fœtus éclectique. Retomber.
Désirable mystère. Replier.

Sur cette fleur en songe les lunes qui briment en infortune, mes rires déjà brouillés, mes soupirs emmêlés. Une odeur psycho-active presque une douleur associative, un calme délice qui se déplace vers l’infini. Sur cette fleur mensonge, le parfum s’est dédoublé, les rêves, ceux qui brisent le temps quand on est seul sur le seuil, à l’ombre des deuils en barre, les rêves ont ce soir le goût de folie, et je tremble, chair en soucis songeant sans doute à se désincarcérer de mon cœur, de mon âme, de mon esprit sans doute, non pas sans doute, loin de tout, loin de là, loin d’aimer, loin du temple mais proche du mausolée. Désolé.
C’est ici la mâchoire que je tiens serrée, et qui m’empêche de tomber, et m’empêche de hurler, m’empêche de parler. Et retiens d’un charme, les larmes. Encore que, encore que, elles ne coulent pas sur mes joues, non, elles ne coulent pas. Elles ruissellent sur le papier, sur chaque lettre, chaque mot, qu’elles déforment, qu’elles décharnent, qu’elles brûlent, et que pourtant que j’essaie de retenir, mais, mais… je ne peux pas, je n’y arrive pas, c’est captif mon cœur, c’est prisonnier du moment que tombent les mots en falaise. En malaise. En fadaises. Et l’on me reprochera je le sais d’y mettre trop de feu, que la charge émotionnelle est intense. Je sais, je sais, mais qu’y puis-je, je me suis laissé capturer. Pas vraiment volontaire, non, pas vraiment désireux. Pas vraiment.

J’étale là mes soucis
Que faire que faire pour toi la vie n’est pas
L’ennuie mais la nuit qui s’enfuit
Tristesse maladresse
Pas de tendresse
La folie veut guérir mes plaies
Dominicales ombilicales stomacales et tant pis

Quid de l’acide plein la peau
Va brûler tous les maux
Et dissoudre tous mes os
Palmipèdes assoiffés
Rêves octuples cassés symboles enlisés
Crimes autres sphères méritées
Vaisselle porcelaine creusée sur le ciel de nos lits

Et puis en finir par se gaver
Novocaïne comme granulés
Voire même comme sucreries intestines

Derniers mots ?
Qui de nous sourit ? Qui de nous s’enfuit ?
Les parenthèses les sans soucis
Les meilleures ennemies
Les éternelles amies

J’espère je pleure je crie
Enfin parfois la nuit
Et ensuite frapper les tempes
Coups de poings
Arracher couper déchirer
Cette chair
Qui m’a blessé
Et trop marqué
Alors marquer de lignes rouges
Entrelacs de mon amour
Et revenir si peu blessé que je soupire
Seulement vraiment et tendrement
Qu’un dernier souffle imprime son cri dans cette litanie

Et j’aime l’idée de la fosse, de la fange, l’idée que le temps me mélange, que je finirai sûrement dans les eaux du Gange, en querelle. Des cendres sur le ciel, monter sur le sol, me laisser errer en terroir.

Caresser aussi les fleurs de plastiques, et tous les thèmes du mausolée du silence.
Inutile, comme le souffle, la caresse, les audaces, souvenir qui revient.
Soudainement mes pas, qui retracent, comme un autre chemin, en cadence, mille errances.
Et les lunes, revenir.
J’y retrouverai, mes larmes coulées, et les sourires là hauts collés.
Et je marche. Sous les soleils qui repeignent les images sur les murs, en ocre et même en or.
Et mes pas, y revenir, comme on hante un souvenir,
Et là où je me désespère, comme on dit.
C’est que le midi ne sait plus provenir que de l’oubli, une sentence, indolence.
Incohérence du destin,
Insolence
Qui me traîne, plus de pas
Qui me draine, entraîné sur les draps
Blancs de perle, sacré de vent mauve
Et l’oubli
Incidence comme un mépris, une cause indéfinie.
Et la fin
Comme faim
Enfin, de suite, fêlure de plastique, acidose en overdose, et mélange de fin de règne.

Pant 2004-11-10

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