la mâchoire serrée…

Sur cette fleur en songe les lunes qui briment en infortune, mes rires déjà brouillés, mes soupirs emmêlés. Une odeur psycho-active presque une douleur associative, un calme délice qui se déplace vers l’infini. Sur cette fleur mensonge, le parfum s’est dédoublé, les rêves, ceux qui brisent le temps quand on est seul sur le seuil, à l’ombre des deuils en barre, les rêves ont ce soir le goût de folie, et je tremble, chair en soucis songeant sans doute à se désincarcérer de mon cœur, de mon âme, de mon esprit sans doute, non pas sans doute, loin de tout, loin de là, loin d’aimer, loin du temple mais proche du mausolée. Désolé.
C’est ici la mâchoire que je tiens serrée, et qui m’empêche de tomber, et m’empêche de hurler, m’empêche de parler. Et retiens d’un charme, les larmes. Encore que, encore que, elles ne coulent pas sur mes joues, non, elles ne coulent pas. Elles ruissellent sur le papier, sur chaque lettre, chaque mot, qu’elles déforment, qu’elles décharnent, qu’elles brûlent, et que pourtant que j’essaie de retenir, mais, mais… je ne peux pas, je n’y arrive pas, c’est captif mon cœur, c’est prisonnier du moment que tombent les mots en falaise. En malaise. En fadaises. Et l’on me reprochera je le sais d’y mettre trop de feu, que la charge émotionnelle est intense. Je sais, je sais, mais qu’y puis-je, je me suis laissé capturer. Pas vraiment volontaire, non, pas vraiment désireux. Pas vraiment.
Alors comme là je sens enfin poindre les vraies larmes, je vais pouvoir déposer les mots, et prendre un mouchoir. Et je me tais donc, c’est mieux pour tous. C’est trop lourd. Et c’est inutile.

Pant 2004-11-07

6 réflexions sur « la mâchoire serrée… »

  1. Pourquoi toutes ces larmes qui appartiennent au passé surgissent-elles se dimanche de novembre? coupable, inconsciente? devastatrice competénte et patenté !
    Séche les flots de l’intime et souri a ce qui vit et danse autour de toi.
    Tu es inquiétant, passionnant et si passionné, que les réponses sont difficiles hors de portée, hors champs. Ne cesse jamais d’écrire, il en va de ta vie de tes heures heureuses et de tout ce qui fait vasciller le quotidien d’un poete!

    Yassou
    lisa anna

  2. Ben, dis donc Pant, t’es pas gai ! Allons, enfant de la résilience, prenons-nous la main et chantons, courons ! Je t’envoie par courrier séparé un texte récent qui te montrera que tu n’es pas seul avec ces idées moroses :-))))

    A+ !

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