Résolution. 2 Raison ?

Puttez ces maux que je ne saurais faire rimer,
Poussez les vers le déversoir,
Le mauvais coté du réservoir.
Puttez ces mots,
Coté club,
Coté fumoir,
Coté cigarillos.
Etonnez moi en sourire,
Saisissez moi en principes,
J’ai bien peur de ne plus rien vouloir,
J’ai bien peur de ne plus avoir peur,
Juste las,
Juste las d’être,
Las d’être là.

Longue mise en scène pour une scène prise en trop gros plan, je ne veux plus revoir le mépris, le travelling, le channeling. No soucies. Laissez couler le bateau, calfater de goudron et de merde, de souvenirs, de pus, et de laines dures. Voilà Bardot, esclave du possible, même pas de savoir mourir, où se cache dans nos cœurs la belle Marilyn, celle là est une femme, et on en fait plus. Le pole de la souffrance qui dans un lieu orienté asile du mystère laisse haler coté cœur les ridelles d’un soupir incertain.
J’ai passé la main, pas pris de ticket, passager clandestin, vie volé de l’assassin. Voile doté du poseur de mots. En cadence, plus d’espoir que l’on me laisse faire, ça commence à jaser, à causer dans les cœurs, et les violences intestines se mettent à sentir une odeur de moule et de purée saumâtre.

Alex, tu le sais, ces images ne sont que fortuites. Le stress et ma condition littéraire fait que ma folie, mes raisons n’en sont plus. Alors les pensées fugaces par instant, quand le trop plein ne laisse comme envie que de trouver le bouton stop.
Le silence, le repos, la quiétude, alors oui peut être le néant, peut être.
Prendre le dernier train, le laisser approcher, toutes lumières allumés, et sauter…

En fait rester pour quoi ? L’amour ? Oui c’est une bonne raison, c’est magnifique l’amour, c’est grand, mais c’est compliqué, c’est intense et souvent caché, c’est surprenant mais souvent dur à vivre à l’air libre. Et air libre ? Regardons de plus près cette qualité d’air, pollution, résidus voraces qui ne font que nous dévorer un peu plus.
Rester pour les amis ? Oui ils sont là, ils sont bons. Mais la qualité des relations suffit elle à faire autre chose que créer des liens ? Le lien est il suffisant même s’il est clairement nécessaire ? Alors nos relations ne sont elles autres choses que des mains tendues, des gestes fait les mains ouvertes, doigts offerts ?

Le grain d’une peau, une caresse, un soupçon de pêche, une tempête sculpturale qui laisse le pas à un cyclone scriptural, pour ça je pourrai continuer de vivre. Ivre effectif à toute autre réalité. Alors le réconfort est il juste un affleurement des sens, une exacerbation ?

« Millet ne pouvait le savoir-la science de son temps l’ignorait encore mais ce geste des Glaneuses est à l’oeuvre dès l’origine du temps, lorsque, après le big-bang, des particules aussi dénuées de valeur en leur isolement que les épis éparpillés sur la plaine se lièrent au gré des vents cosmiques pour former les premiers grains de matière, promesse de toute vie. A l’oeuvre aussi, le geste des Glaneuses au cours de l’évolution, quand les gènes par accident se croisent et que de leur alliance naît une force neuve qui défie les forces de la mort. A l’oeuvre encore, le geste des Glaneuses, à l’aube de chaque intelligence, quand les neurones, poussant en toutes directions leurs ramures, nouent au hasard leurs premières synapses, espoirs de fulgurance a venir. A l’oeuvre, le geste des Glaneuses, à chaque pas de notre quête quotidienne de connaissance, quand l’occurrence fortuite d’un fait en explique soudain une multitude d’autres, épars, jusqu’a cet instant, dans les confins isolés de notre conscience. A l’oeuvre toujours, le geste des Glaneuses, quand des inconnus d’aventure se rencontrent et que de leur improbable association résulte une entreprise plus vaste que la somme de leurs solitudes. A l’oeuvre enfin, le geste des Glaneuses, dans nos mythes les plus sacrés, où un mot suffit à conférer sens à l’insensé tourbillon des phénomènes qui terrorisent le croyant, Dieu au scandale de la vie, résurrection à l’horreur du néant. […] vivre c’est lier […] » Jean-Pierre Truong, dans le concile de pierre.

Centurion carcasse inutile, paumé dans une époque fébrile, qui n’a plus de repères, qui n’a plus d’opinion sur le temps, ni d’options pour dedans. Refermer la porte, alors qu’en fête elle est toujours ouverte, chaos énigmatique d’une solution acide.
Prendre le dernier train, ou ne pas laisser passer le premier, lutte fiévreuse de possibilités qui dansent dans ma cervelle. Des si, des non, des chaleurs, des glaces parfum figue. Famélique cet aspect de l’homme, je perds vraiment ma densité, ma consistance. Et surtout mon envie de poursuivre.

Cyclone, vainqueur des lenteurs inaltérables, cyclope serpent de métal qui fonce et me précipiterait dans un monde de silence et de repos. Hum, encore que c’est juste une conne d’idée, comment sait on ce qui se passe après ? C’est peut être bien pire, et comme je le sens, le silence et le repos n’existent pas.

Alors fureur, laisse toi aller, les actions ne valent rien, les regards se posent sur le néant, mais les soupirs ne viennent pas de l’innocent, non, le coupable est celui qui les mots manipulent. Et peut être que finalement entre les mots et l’amour je retrouverai la raison…

Pant 2004-09-12

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