Archives de septembre, 2004

Face 1 coté sud


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Vos gestes me blessent—ReMIX.

Comme réponse au magnifique texte de Lisa Anna, du même titre, mais vu du coté masculin. Mais pour une fois, je reste dépassé par la qualité de son texte, et mes mots sont bien en dessous, mais bon, j’arrive plus à améliorer. Ferai je mieux la prochaine fois ? là, las, la fatigue actuelle ne me permet guère plus.

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Les draps sont noirs comme la souffrance du monde, et les rumeurs qui sourdent de nos cœurs ne sont que pâles au rapport de cet éternel paradoxe. Harassé, je me dévore dans vos soupçons, me caressant de vos humeurs.
Votre corps est blanc, il est sultan, émir qui se voile comme une fille, non, une sultane, une sati, qui brûle vivante pour son amour. Un seigneur de fer blanc qui brille au levant, qui se pare de rose dans le soleil de l’aube, illustration d’un sommeil lumineux, d’une aura surprise, comme un de ces pochettes d’antan, ces délicieux cornets, de décors et de rubans habillés, et d’un trésor simple dans le cœur. Un anneau, une croix, un cercle d’amie, donnez moi ce cadeau là, ce havre gris pour un cœur gras.
Vos doigts sont gris, presque noirs, teintés d’obscur, ils ont erré sur ma peau lisse, sur ma peau salie de mes tracas, tous noirs charbon, tous sombres et miséreux, tous en attente, pas en détente. Noir de soupirs, oui cela salit, c’est indécent, tous les soupirs se déposent en couches multiples, j’attends de votre bouche et de vos mains, une douceur émerveillante et nettoyante, purifiant l’organe impur de vos talents, de votre amour.
S’il est un cri qui me supporte, c’est un gémissement qui vient soudain, quand je frôle indélicat mais si doucement, cette aine en attente, au havre voisin. Je vous regarde, je vous sustente, je suis une outre d’où coulera le vin, tout renouveau à chaque fois pour notre folle ivresse.
Approche infante, c’est l’innocence que je veux faire disparaître dans ces yeux là, c’est l’arrogance de ces seins dressés, que je veux faire ployer sous mes mains dévoreuses, qui telles les ogres de barbarie, souffrent de si foisonnante faim, qu’elle est sans fin. Folle et folie cette musique qui se précipite dans les flots de mon sang. Que soulèvement d’envie après une autre, je reviens encore et encore, puiser la sève de mon festin.
Approche distante, mathématique, équationnelle, sensationnelle, approche distincte, non à propos, multipliée, non divisée. Logarithmique comme matricielle, ainsi j’approche, c’est un calcul, c’est un segment, un vecteur, une cadence. Vous êtes douceur, non sans douleur, c’est aussi mon désir, qui vous déflore, non sans calcul, je le devine à votre sourire, jamais contraint, jamais atteint, le flot de désir, n’est jamais à subir, « hasta siempre », fier compadre, qui se soumet ? Encore et jamais, encore et à jamais.
Pas un Tango, pas une samba, non, un trémolo dans la voix, un flamenco, whisky soda, cuba libre, combat libre à livrer, pour un coup d’alcool, pour une sueur indécise/imprécise…alors je recommence, au garde à vous petit soldat d’amour, au garde à nous charmante soldate de ces beaux jours…
Ce n’est que vous, pas une autre, même quand je ferme les yeux, dans ma nuit vous êtes là, est ce une présence ? Est-ce une rémanence ? Je ne sais, j’ai tout oublié, enfin je ne sais plus, ai-je oublié mon nom, mes souvenirs ? Non je n’ai plus de non, plus que des acquiescements, des cris subits, altérés, poussés vers l’altérité de mes mains ; ai-je encore perdu mon identité ? Ne sais je plus où poser mes doigts, laissez moi faire, je veux bien faire, je veux surtout recommencer, mais ai-je déjà commencé ? Je ne sais plus, c’est un tourment, c’est ma mémoire qui se fait lasse, c’est mon corps qui prend toute l’énergie de ces instants, non, je ne sais plus, ce n’est pas mon corps, c’est le votre, qui prend mon souffle et me donne soif, si soif, que mon souffle s’enflamme, je le vois bien. Votre peau est sèche sous ma langue, elle me donne encore plus soif, cette chaleur me réconforte mais laissez moi plonger enfin dans l’ivresse de vos liqueurs. Ce souffle de feu, laisse la flamme sur cette femme, laisse le feu dans les recoins, dans les plis et replis. Havre de paix transformé en volcan, le feu, la lave, tout est soudain, mais je les sens vous arriver.
Trop de chaleur, éloigne moi, repousse toi, repousse en moi ce cancrelat, qui avide à l’infini, recherche toute humidité pour en refaire une source où nidifier. Racines, entre tes jambes, je veux semer une autre moitié de nos souvenirs, y renfermer, un peu de nos trésors, un rêve de silence or et noir, une caresse d’ivresse, une délicate et féline envie. Racines, lasse des tiges, tu te fais lianes, te voilà autour de moi, tout autour. Je ne vois plus où sont vos mains, vos dents, vos bouches, non je délire, encore que dans la folie de ces instants, vos bouches sont multiples, car il n’y a pas/plus de temps, pas/plus de tempo, on le recherche, on le reconstruit, on se dévore, on se sustente, on se décorpore, on s’incorpore, nouvelle armée, des « faites l’amour jamais la guerre », faites l’amour c’est une guerre, mais de guerre lasse tout le monde gagne, jamais de vaincus, jamais de vains culs.
Mais vous à l’inverse mon envie ne fait que s’enfler, elle est sortie de moi, elle s’engouffre dans vos Abymes, dans vos limbes, et le vent s’amplifie, c’est la tourmente pas les tourments, pas les affres, pas les détails, encore que le souffle est ce « ruah » qui créateur génère les désirs à chaque instant.
Votre peau est de pêche, de pêche comme le fruit, douceur si enivrante, qui légère à ma main, titille sans fin, ces quelques nerveuses terminaisons, mais, que nenni, je ne veux pas de terminaisons quand il s’agit de vous, je ne veux que des commencements, des temps gelés que l’on se vautrerait à réchauffer, des hivers secs allongés sur le sable, sous la peau de cette lionne que j’ai abattue, avant que vous ne m’abattiez avec ce sourire, ce soupir, cet ennivrement foulé dans les poignets de l’indécence. Délit de plaisir, aucun ne dénie ce désir, nue sur le sable, je vous dévore, mes dents sont longues et acérées, elles aiment vos chairs, vos monts et décors, vos rives, et vos rivières, vos torrents et vos fleuves, et dans votre jungle, l’humide saveur se délivre en moiteur, la rive y est douce aussi, mais les parfums ne valent pas la saveur, ils sont au-delà du désirable, du souhaitable, ils sont fleurs bleues, roses et mauves, ils sont porteurs de chaleur et de vanille, de fraîcheur et d’ananas, de feu et d’orange, de glace et de passion…
De pêche comme maritime, vous êtes le cotre, la felouque, et moi allongé sur le pont, je regarde le mat qui se dresse fort et cette voile qui porte le vent et l’indolence, et la violence de la tempête, et cette brise qui se fait mistral, qui se fait tourmente ne m’enlève pas mes sourires, même s’ils se figent, c’est par l’effort. Ce doux effort qui se fait violence pour avancer dans la tempête, qui se fait souffrance et ne pense qu’à cette jouissance à venir. Je vois le but, c’est dans le noir, mais je vois les îles de Lérins, c’est en tendresse, déchirées les cotes se donnent enfin à mes rega rds, c’est délivrance, c’est perte de cadence.
De pêche comme le pêché, pénitente et soumise je vous vois avancer le regard, pénitente et soumise je vous vois baisser les yeux, mais, assez ! Ne regardez pas dans ces lieux là ! Point n’est besoin, fermez les yeux, folle ! laissez vos mains c’est une instance, laissez vos mains faire le silence,et casser le rythme de mon sang, ce sang qui frappe mon instrument, fait s’abattre entre nous, une symphonie en espoir, une ode à l’espoir, une chanson pour recommencer.

Pant 2004-08-28


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Ecchymoses

J’ai bien plus mal au corps maculé qu’au coeur déjà meurtri.
indigo et violet, bleus, couleurs vives s’étendent sur peau, virent au jaune pale quand la matière s’éloigne de l’artiste.Auteur du mal habile, tu joues de mille nuances sur la gamme d’émotions, tu peinds sur un fond couleur chair les formes de tes mains, chaque doigt est un pinceau oppressant qui dépose la violence encrée sous presse pour exposer un tableau polychrome.
Elle te sert servilement, tu la serres contre toi dans l’étau de tes bras, elle etouffe, sans maudire, de ces serres qui marquent ta signature dans chaque ligne et courbure de son corps planté là dans le creux de ton lit.
L’anatomie horizontalement étirée aux lanières tressées drues se tortille puis remue fébrilement à l’élan de ton inspiration.Elle se fait informelle.
Marques grenats, taches déployées du rouge vif au fushia s’amoncellent aux ébats.Coup d’éclat, coup de maitre qui fouaille sauvagement le relief trop marbré, coup fatal sans nuance.
Tu acheves ton oeuvre, la dernière touche s’impose en carmin au beau milieu des seins, une coulure de peinture dégouline sur le drap froissé, imbibe le blanc tissu qui reçoit la douleur de statue.
Regnera le silence, la nature morte restera accrochée des jours entiers au lit de ta chambre, sans souffle, sans mots, sans yeux, l’artiste aura fermé les siens à l’art triste qui l’animait hier et le prive aujourd’hui des carnations si chères à son coeur perverti.

Marie

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Je rêvais d’une danse, d’une éternité dans la balance, et nous voilà noyés dans la souffrance. Nous deux c’est comme une sale histoire, où la chair reste collée aux doigts et où s’oublie la fin la jouissance. Il était une fois dans l’ouest, dans l’ouest de l’enfer les cadavres ne portent pas leur beauté en bandoulière et les marques ignées sur ta peau ne rejoignent que les traces de feu qui brûlent mes artères.

On rêvait de douleur, sans anesthésie, de douceur sans rester au nid, mais jamais reste un linceul pour les abrutis, les males aboutis. J’avais appris les notions du bonheur, mais me manquait les leçons pratiques. Les risques las, d’en faire un peu trop. Comme lui. Mais moi je me serai saigné, pour ne plus rien sentir, pour ne plus provoquer.

Ma peinture sur peau, c’est de mon sang qu’elle serait née, lacérant aussi par lanières pour te vêtir mon torse et ma sérénité. Par défaut même plus besoin de ma virilité, sans conscience, ne laisserai jamais les hauts fourneaux, casser le coke sur ta chair, brûler en esthète oui mais en enfer, et pour ne pas avoir à le faire, c’est sous le train que ma chair irait se décoller, ainsi que ma tête apprivoisée

Je suis arrivé trop tard mais est ce en effet. Ton corps était presque froid. Mes paumes peinent à le réchauffer. Pourtant j’ai la chaleur, le feu, ce malin génie. Et ton corps même meurtri, reste un appel pour mon corps et une ode à mon cœur.
Aujourd’hui je pleure après des années sans saveur. Ma langue courrant marathon sur ta peau marquée, guérissant les thèses rougies, et parsemant sans cesse, ces quelques antithèses en matière de synthèse. Ravivant l’horreur en rouge écarlate, les vilaines fautes de frappe. Alors ce type ex, ce sale O qui ne connaît pas l’histoire et la transforme en décadence. Autre que lui, moi en sorte, connaissant l’aube et sa matière, resterait capable de transcendance, et de risquer la « décadanse ». Mais comment insuffler l’espoir ? En ambulance ? Même pas permis, j’arrive trop tard, restait le mépris, au défaut du hasard.

Et là si fort mon sang qui bat « Bam bam bam » et frappe sur mes tempes, reste t il au fond un effort, s’il est de mon courage de tout changer, je suis prêt à tous les dangers. Marie, Maria, loin de la mer, laisse l’eau couler sur tes lèvres elle vient de là haut, un délicieux cadencé haut sel, et loin de tout missel, mais là je vois rejoindre le cœur et l’aube, et je sens au fond de moi le transfert de vie qui se fait en souffrance.

Me voilà si ivre que je crie, me voilà hurlant si fort que je réveille l’avenir, et le porte à confusion. « Tu perds la moitié de ta vie pour la ranimer », j’entends le souffle de ces mots autant que je sens mon corps plier, mais quelle importance si je sens ta vie chaude sur mes lèvres. Je suis presque tombé, mais je vois du coin de l’œil tes yeux ciller, peut être ai-je gagné en perdant un peu de ma vie, de te ranimer, et peut être enfin aurai je le droit de t’aimer, s’il me reste assez de vie et de force.

Mais au moins avant de partir, j’aimerai t’embrasser, s’il ne me reste que ça, qu’on me le porte, jusqu’à la tombe, où même au-delà.
Ce baiser.

Pant 2004-09-21


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Vos gestes me blessent

Vos gestes me blessent, vos mains me parcourent et s’emportent je vous sens m’envahir, et graver sur le bord de mes lèvres vos messages insolents, confidences omniprésentes.
Notre bal mortel a commencé…
L’indécence de votre désir : goutte à goutte lent et froid, rythme des aveux singuliers, mes veines lâchent, vos espoirs me plaquent au murs, je sens mon corps s’effondrer sous la force de vos caresses.
Vous êtes glacé mon amour ! venez chauffer le bout de vos doigts, coussins de chat! je vous confie ma tiédeur, aussitôt votre petit cœur de caméléon se glisse comme un hussard au plus loin de ma chaleur, de mes couleurs.
Je vous attends, vous interroge, ce soir, ni verbe ni mot, croiser votre regard ardent et lumineux, étreindre la nuit qui portera votre voix. Vous êtes mon aube rare, mon jeu de miroir.
Vous espérez des cris, et des sursauts, ce soir, je vous offre mes plus grands silences, à vous mon plaisir muet.
Vous m’étoufferez pour me faire crier, la glace et le sel pour m’obliger à hurler, j’avalerai mon extase pour en inonder votre bouche et vos mains cette nuit n’aura qu’un cri: le votre; supplique magnifique! souffrance aiguë, incommensurable jouissance du plaisir annoncé, consommé, certitude déclarée fondue dans les nimbes de mon «absence». Votre rage, hôte de ma de jouissance, vacillera contre mes jambes que vous aimez si blanches, lianes sinueuses dans le terreau de votre corps.
Vos draps noirs, sont comme le sang qui me parcourt et me pare, l’orchidée sombre, s’attarde mi ouverte, demi éclose dans l’écueil de vos mains de centaure, vous aimez en froisser chaque pétale, vous assurer de mon obéissance, vous pourriez en presser l’infini breuvage maintenant, mais vous choisissez l’attente, vrai plaisir, ultime grâce des corps qui se sculptent l’un l’autre dans le manque.
Dans l’ombre : vos yeux, gouffres de fantasmes ! pillent chacun de mes délires … sous les grammes de mes soies votre souffle, me coupe de la nuit. Propulsé vers d’autres lumières, plurielles et cadencées, mon corps sans parole cherche un enchevêtrement définitif, une apnée magique.
Vous investissez mes reins comme le banc d’une église repos d’un ange avant l’attaque du guerrier!
Nous nous attendons, nous détachons, Rodin, Henner, Fromentin, nous guettent, les murs résonnent de l’improbable mélange des pastels, des sanguines, et de vos bras, passagers clandestins de mon corps nacré. Coquillage pour collectionneur d’algues et d’étoiles abandonnées, cadeaux d’un corps à cœur aux moissonneurs des grandes marées.
Qui connaît mieux qu’un pêcheur de hasard, la couleur des yeux des femmes coquillages ? couleur du néant, couleur de celles qui le regarde.
Le temps emprisonne les nuits d’amour, comme les larmes grenat de ceux qui préfèrent les ponts ou les rames glacées d’un quelconque métro…
Vos mains me touchent, vos mains me baignent et me douchent au milieu du plus désastreux vacarme organisé sur la planète, l’espoir de notre nuit se joue dans un écrin de douceur et de douleur, prenez moi dans vos bras c’est là que j’ai envie de voyager!
Votre peau sent le vent et l’orage, faites de la mienne, l’empreinte sombre de votre linceul, puisque mon amour nous partageons la même peur : la puanteur de la mort!
Plantés dans le corps l’un de l’autre, votre iris catalan, uni au de sang de ma vie qui fut bleu en son temps! se fige, vers l’obsédante image du dernier voyage, danse ultime, assaut final incontrôlable, le vent et le feu à en crever.
Vos mains se font plus rudes, violentes et fortes, m’arracher de votre corps me tuerait , je me laisse porter par votre peur et son étreinte, seul espoir d’une éternité contrainte.
Etendus, dans le silence d’une fusion insolite, vous me déchirez pour que le temps n’existe plus, pourquoi me rappeler à l’ordre ? votre désir m’inonde, la charge glacée de votre effort me propulse, à en perdre l’esprit, mon maître m’emporte vers la mort, loin dans le tourbillon de ses yeux de jais.
Souvenez-vous de “la tentation de St Antoine” de Gérôme Bosch,
envolons nous, loin de la vie sur le poisson géant de ce triptyque de perfection et d’hérésie.
La mort n’a plus d’odeur mon cœur, mon amour, ma douceur, vous aimez mon parfum depuis si longtemps, aujourd’hui voulez-vous vraiment en connaître le nom ?
Serrez-vous contre moi, et parcourons enfin sur notre animal ce monde qui nous exaspère.

LISA_ANNA


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Je veux plus revoir Paris.

Les rivières naines et larges
Si altière comme une image
Pas roturière dans le désir
Elle se pose en courant d’air sur mon ire
Et laisser perler là le plaisir

Etait ce une île
Plutôt Cécile
Ne sens tu rien venir ?
Les mots souffrants d’une étincelle
Allez savoir
Brûler
Ne laisse aucun espoir
Le long du cou

Etait ce une île
Plutôt un sombre désir
Ne sens tu rien venir ?
De cette mer coule trop d’eau
En vagues mystères au long cours

Aujourd’hui je pars pour une nuit de saveur
O lune morose ferme donc les yeux
Il est des plaisirs qui te rendent rousse au milieu
Alors contre toute attente me noyer dans tes yeux verts

Il était vrai ce courant d’air
Laissé par la chute lente de ta robe de lin noir
Qui tombant sur le sol et le sable
Fait une tempête de poussière qui masque ton cœur

Coté misère là je te laisse
Sol sol o soledad
Laisse mon cœur en sérénade
Il est trop tard il est trop tôt
Mais je préfère encore ne plus jamais boire d’eau.
Et mourir couché sur ce sable
Que ton corps à taché de la sueur de tes saveurs…

Pant 2004-09-16


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Résolution. 2 Raison ?

Puttez ces maux que je ne saurais faire rimer,
Poussez les vers le déversoir,
Le mauvais coté du réservoir.
Puttez ces mots,
Coté club,
Coté fumoir,
Coté cigarillos.
Etonnez moi en sourire,
Saisissez moi en principes,
J’ai bien peur de ne plus rien vouloir,
J’ai bien peur de ne plus avoir peur,
Juste las,
Juste las d’être,
Las d’être là.

Longue mise en scène pour une scène prise en trop gros plan, je ne veux plus revoir le mépris, le travelling, le channeling. No soucies. Laissez couler le bateau, calfater de goudron et de merde, de souvenirs, de pus, et de laines dures. Voilà Bardot, esclave du possible, même pas de savoir mourir, où se cache dans nos cœurs la belle Marilyn, celle là est une femme, et on en fait plus. Le pole de la souffrance qui dans un lieu orienté asile du mystère laisse haler coté cœur les ridelles d’un soupir incertain.
J’ai passé la main, pas pris de ticket, passager clandestin, vie volé de l’assassin. Voile doté du poseur de mots. En cadence, plus d’espoir que l’on me laisse faire, ça commence à jaser, à causer dans les cœurs, et les violences intestines se mettent à sentir une odeur de moule et de purée saumâtre.

Alex, tu le sais, ces images ne sont que fortuites. Le stress et ma condition littéraire fait que ma folie, mes raisons n’en sont plus. Alors les pensées fugaces par instant, quand le trop plein ne laisse comme envie que de trouver le bouton stop.
Le silence, le repos, la quiétude, alors oui peut être le néant, peut être.
Prendre le dernier train, le laisser approcher, toutes lumières allumés, et sauter…

En fait rester pour quoi ? L’amour ? Oui c’est une bonne raison, c’est magnifique l’amour, c’est grand, mais c’est compliqué, c’est intense et souvent caché, c’est surprenant mais souvent dur à vivre à l’air libre. Et air libre ? Regardons de plus près cette qualité d’air, pollution, résidus voraces qui ne font que nous dévorer un peu plus.
Rester pour les amis ? Oui ils sont là, ils sont bons. Mais la qualité des relations suffit elle à faire autre chose que créer des liens ? Le lien est il suffisant même s’il est clairement nécessaire ? Alors nos relations ne sont elles autres choses que des mains tendues, des gestes fait les mains ouvertes, doigts offerts ?

Le grain d’une peau, une caresse, un soupçon de pêche, une tempête sculpturale qui laisse le pas à un cyclone scriptural, pour ça je pourrai continuer de vivre. Ivre effectif à toute autre réalité. Alors le réconfort est il juste un affleurement des sens, une exacerbation ?

“Millet ne pouvait le savoir-la science de son temps l’ignorait encore mais ce geste des Glaneuses est à l’oeuvre dès l’origine du temps, lorsque, après le big-bang, des particules aussi dénuées de valeur en leur isolement que les épis éparpillés sur la plaine se lièrent au gré des vents cosmiques pour former les premiers grains de matière, promesse de toute vie. A l’oeuvre aussi, le geste des Glaneuses au cours de l’évolution, quand les gènes par accident se croisent et que de leur alliance naît une force neuve qui défie les forces de la mort. A l’oeuvre encore, le geste des Glaneuses, à l’aube de chaque intelligence, quand les neurones, poussant en toutes directions leurs ramures, nouent au hasard leurs premières synapses, espoirs de fulgurance a venir. A l’oeuvre, le geste des Glaneuses, à chaque pas de notre quête quotidienne de connaissance, quand l’occurrence fortuite d’un fait en explique soudain une multitude d’autres, épars, jusqu’a cet instant, dans les confins isolés de notre conscience. A l’oeuvre toujours, le geste des Glaneuses, quand des inconnus d’aventure se rencontrent et que de leur improbable association résulte une entreprise plus vaste que la somme de leurs solitudes. A l’oeuvre enfin, le geste des Glaneuses, dans nos mythes les plus sacrés, où un mot suffit à conférer sens à l’insensé tourbillon des phénomènes qui terrorisent le croyant, Dieu au scandale de la vie, résurrection à l’horreur du néant. [...] vivre c’est lier [...]” Jean-Pierre Truong, dans le concile de pierre.

Centurion carcasse inutile, paumé dans une époque fébrile, qui n’a plus de repères, qui n’a plus d’opinion sur le temps, ni d’options pour dedans. Refermer la porte, alors qu’en fête elle est toujours ouverte, chaos énigmatique d’une solution acide.
Prendre le dernier train, ou ne pas laisser passer le premier, lutte fiévreuse de possibilités qui dansent dans ma cervelle. Des si, des non, des chaleurs, des glaces parfum figue. Famélique cet aspect de l’homme, je perds vraiment ma densité, ma consistance. Et surtout mon envie de poursuivre.

Cyclone, vainqueur des lenteurs inaltérables, cyclope serpent de métal qui fonce et me précipiterait dans un monde de silence et de repos. Hum, encore que c’est juste une conne d’idée, comment sait on ce qui se passe après ? C’est peut être bien pire, et comme je le sens, le silence et le repos n’existent pas.

Alors fureur, laisse toi aller, les actions ne valent rien, les regards se posent sur le néant, mais les soupirs ne viennent pas de l’innocent, non, le coupable est celui qui les mots manipulent. Et peut être que finalement entre les mots et l’amour je retrouverai la raison…

Pant 2004-09-12


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Un peu de toi qui flotte dans l’air

Pant :

Je marche et le sol s’approche de mes doigts
Je tombe et le vent se moque de moi
Je tombe et le silence se fait tout autour

Une lumière au fond de tes yeux qui s’anime
Un soleil au coin de ma chambre pour une étincelle
Comme un peu de toi qui flotte dans l’air

Mausolée factice et délivrance
Fermer enfin le cercueil laisser libre l’air

Atome errant comme brisé au-dedans
L’amour est un joyeux tourment
Mon sang bout je me baigne dedans
Rêve qui empire, songe de vampire
Bataille funeste Iéna ou Ulm ou encore à faire
Triste affaire cigarettes
Contrebande pilotes naufragés
Enfants laissés tombés du ciel
Chutant en pluie délicate
Les têtes comme soumises
Et les sourires éclatants
« On arrive, on arrive, laissez le matelas derrière tous les ennuis,
Fermez les jalousies » disent-ils

Un soleil au coin de ma chambre pour une étincelle
Comme un peu de toi qui flotte dans l’air
Les cicatrices sur cette terre de nuit
Calendrier céleste aux belles endormies
Kawabata ivresse thé brésil odeur sensuelle
Rides au coin des yeux quand tu as le malheur de les fermer
Bleus ou verts noisette subtiles aux coins de gris
Jaloux de trop de choses pour ne pas revenir
Pas envie de partir
Parfum de toi, tes odeurs après soirée, tes ivresses renversées
Du calice de la beauté, situé aux horizons de la nuit
Comme un peu de toi qui flotte dans l’air.

Pant 2004-09-07

Nala :

Une odeur, une pensée, j’entre en notre sphère
Suffisant pour m’évader, apaiser mes colères
Mais pas assez pour me combler, me satisfaire
Comme un peu de toi qui flotte dans l’air

je t’aime d’imaginaire …

La bulle éclate, retour à la réalité amère
Cruel manque, besoin de m’envoyer en l’air
Me reste une vague impression d’éphémère
Comme un peu de toi qui flotte dans l’air

mon amour extraordinaire

L.D. 2004


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Remix-Cavale version Private Joker

Elle… marche dans la ville anonyme, flâne, garde les yeux au ras, du bitume, refuse les regards, s’interdit l’espoir : d’une rencontre, d’un sourire, d’un hasard, qu’importe. Elle connait l’humain, se sent trop bien seule : prendre le risque d’un échange de non-compréhension ? Inutile.

Les pas… qui guident vers rien, marcher au gré des envies, pas errante, pas perdante. Simplement marcher, encore, et penser encore… marcher, penser… marcher encore, penser encore… marcher, penser… encore… marcher, penser… cerveau à terre, pieds dans la tête… encore. Entendre les rumeurs de la foule autour, rien d’hostile, mais comme la vie, cette vie, tellement futile. Parfois, s’arrêter devant une vitrine, regarder le reflet, aussi en profiter pour vérifier que nul ne fait attention à toi… réflexe simple, prudence, instinct de survie acquis dans un reste d’autre vie. En jeans usé et vieux blouson, se vouloir invisible, pourtant savoir, sentir qu’on ne passera pas inaperçu. Trop différente, port de tête trop fier, démarche trop altière peut-être… mais un seul regard de ces yeux noirs découragerait les plus entreprenants, ces chiens.

Là-bas, à quelques pas, un homme assis, à même le trottoir, à ses côtés un chien, berger allemand. Regards tristes et doux. Et la pancarte “j’ai faimâ€?. Alors interrogation, on hésite. Qui a faim ? L’homme, le chien ? Alors de la main, tâter les quelques pièces dans la poche, se détourner, retourner au dernier shop de hot-dog, en commander deux, sans moutarde. Alors revenir vers l’homme, lui tendre la nourriture, une tête se relève, une autre s’abaisse : yeux se découvrent, échangent. L’homme, donne les deux sandwichs au chien, chauds. Les dents se découvrent, les sourires s’offrent. En sus, une clope et quelques pièces à cet inconnu… Puis après un geste de la main, éphémère moment, retourner à ta station destin.

Continuer ces déambulations. Poussière de ville. L’envie d’un verre se fait sentir. Mais dans les bistrots, les tavernes, partout le même film muet, humains qui gesticulent, grimaces, ridicule. Il faut s’imaginer entendre les rires gras, les blagues sur n’importe quoi, et sentir déjà les regards lubriques qui te détailleront dès l’entrée… L’envie se coupe, tarie : préférable de passer chemin, marcher encore, jusqu’à la prochaine fontaine publique, et là enfin assouvir cette soif.

Le soir tombe, lentement : douceur de l’été qui se charge de parfums, d’odeurs. Cuisines, benzines : faim… Tiens ?! Au loin, musique de foire, une grand’roue qui tourne, encore tourne, tourne encore. Et ces pieds, encore, t’y conduisent, dans le vacarme des manèges, les lumières de la fête. Un endroit où les angoisses se taisent dans le bruit, pour oublier qu’on ne sait où passer la nuit : ni toit, ni gîte… marcher encore, toujours, pour survivre.

Tu te laisses envelopper par la fête, te détends en écoutant les rires d’enfants qui, perchés sur les poneys, se prennent pour des cow-boys, tu souris en écoutant les cris de peur, un peu hystériques, dans les châteaux de l’horreur… Un paquet de frites, double sauce, mayo et anglaise te calera l’estomac… une terrasse, une bière. En vitesse vérifier d’un regard périphérique, nul ne fait attention à toi c’est ok, tous trop occupés à nager dans le bonheur.

Soudaine, une lumière rouge s’allume dans la tête, novae de peur : l’attention est relâchée, trop relax, vigilance endormie, vite se reprendre… Se lever ! Partir ! Fuir ! Loin d’ici.. de la foire… de la foule… loin de ce putain de bonheur.

Trop tard. Brutale, la main se pose sur l’épaule : éclair sombre, sec, manche d’uniforme bleu nuit… Matraque, képi : un regard mort, une voix atone… “Mademoiselle, vos papiers s’il vous plaitâ€?.

Le monde s’écroule : retour case départ, retour vers le noir… menottes au poing en combi vers l’amigo, passage obligé pour retrouver l’enfer des hommes.

Fin d’la cavale, fin d’la nuit : game over, fin d’partie
(pour elle : toi, reprends donc le cours de ta vie).

Private Joker


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Remix-Cavale version Pant

La poursuite n’est pas une suite, elle n’est qu’une alternative, un essai, un mot tracé, placé sur un instant, et un instant ça gèle, ça casse, ça se brise, et ça disparaît.
Elle marche, elle pose un pas après l’autre, se cachant derrière chacun de ses pas, tentant de disparaître aux autres, de flâner en elle-même, de se faire une déraison dans une raison, une apparition dans une autre dimension. Et les yeux sont loin, perdus, loin de tout espoir. C’est quoi l’espoir quand tout est désolé ? le ciel, les murs des maisons, les rêves des gamins. L’espoir de rencontrer un humain, se promener dans la cité comme le vieux Diogène dans son antique passé. Elle se plait à voir dans sa tête un homme qui lui sourit, c’est beau un homme, c’est beau un sourire, et cette alliance de l’homme et du sourire a quelque chose d’artificiel dans sa tête, l’image déjà se vrille, se disloque, et se colle sur une sorte de fenêtre de laquelle prismatiquement elle aperçoit l’extérieur qui lui nuit autant que la nuit emporte le vent du soir.
Elle perçoit les bruits de la cité autour d’elle, des bruits qui l’entourent, qui s’écartent, comme des voix. Oui si c’était ça, des voix, des êtres autour, des motivations, des ambitions, des actes, des déloyautés, des êtres dénoyautés, perdus en eux-mêmes, perdus aux autres, si lâches quelques part que leurs moindres actions perdent toutes les possibilités d’une possible rédemption. Ils se damnent ces bruits d’être, ils se brisent en mille morceaux comme les bruits qui les composent. Voilà, en fait, comme ils se composent, ils finissent par se décomposer, chairs inutiles autour d’un vieux tourment périmé.
Dans sa tête quand même, un ange veille, et surveille, et guette, et tente de suivre les événements comme il se doit. La fuite est un acte délicat, et les yeux que l’on croise ne sont pas tous neutres, il y a des traîtres, des vrais lâches, qui se transforment si facilement en pourvoyeur, à défaut de rester de molles choses et des pauvres voyeurs.

Elle a juste eu le temps de se vêtir d’un vieux jeans, et d’un vieux et antique cuir. Les ustensiles de l’unitaire ami de la survie. Dans sa tête encore, veille aussi un guerrier, un étranger au regard dur, qui utilise ses yeux noirs à elle pour distraire les rares passants qui la regarde, pour briser une avance, pour casser un geste, une amorce de contact. Efficace le bestiau, brûlé, et roussi, mais dur et sec. Il est fier aussi ce guerrier de chevaucher ce corps là, souple, élancé, un port de reine, une allure qui se remarque en temps ordinaire, voilà l’importance de la présence du guerrier et la fierté de son efficacité.

Là au bord du trottoir, un œil s’ouvre, un mot surgit : « faim » ; ce mot raisonne en mille lieux dans son crâne, fragilise le guerrier qui ferme les yeux, perd de sa présence, la jeune fille d’un sursaut d’être resurgit dans ces yeux là, et regarde devant elle. Un vieux type, crasseux, vêtu d’un loden trop court, trop épais, trop poisseux de crasse, et un chien, un berger allemand étique. Une pensée dans sa tête, qui a faim, qui ? le chien ? le vieillard ? Merde je ne suis pas présente, je loupe tout ce qui se passe autour de moi dans cette putain de réalité, je vais finir par me faire poisser. mais, un geste s’amorce derrière cette pensée rageuse, un vrai mouvement, une réalité non relative, un acte pur, elle se dirige vers la baraque a frites proche de là et commande deux hot-dogs avec les derniers soupçons de menue monnaie qu’il lui restait dans la poche. Elle revient vite vers le vieux et lui donne les deux sandwiches. L’homme aussi a ouvert les yeux, une pauvrette, une vraie femme, mais une pauvrette. Un sourire pur s’amorce, et ouvrant large la bouche, il s’écrie merci. Il donne ensuite rapidement les sandwichs au chien, qui timide est resté couché aux pieds de son maître, de son compagnon, de son ami. Et qui d’un coup de dents, avale la manne.
-Une sèche ? Lui demande-t-elle, et un geste de la main plus tard elle a déjà repris son chemin. Bon disons plutôt que c’est le chemin qui la reprend, et elle espère à toute force qu’il va bien vouloir la garder.

Ça fait un moment qu’elle déambule, remontant sans arrêt inutile cette longue rue. Et elle commence à avoir soif. C’est sur, c’est pas les bars, les tavernes, les estaminets qui manquent dans cette putain de cité mais… les cris, les odeurs grasses de sueurs, les mal lavés, les grimaces, les gestes sourds, et la violence de la foule, ça la paralyse. Tout se gèle en elle, les pieds d’abord, les mains qui se ferment en poings, et ses poumons qui se bloquent. Pour couronner le tout, la soif s’engouffre conquérante dans la débandade générale, elle s’impose, elle veut disposer, elle veut, elle veut.
Mais le guerrier n’est pas humain. Il sait quoi faire, et provoque, et indispose, et fait naître la souffrance. Et il penche le regard vers la droite, au loin. Une fontaine publique sur cette petite place. Il contraint le corps a obéir, et tout redémarre vers cette satisfaction annoncée, cette récompense aqueuse.
Le soir tombe derrière ses pas, lentement mais sûrement, l’été en douceur acquise se charge des parfums de l’événement. Les odeurs de la rue maquillent la prestance du soir, et affadissent l’odeur des lys. Les odeurs de cuisine, celles d’échappement des moteurs, tout se mêle, et voile en une brume funeste toute sa vigilance.

Une petite fête foraine siège là à deux pas. Des enfants, des enfants et des rires, des enfants et des poneys, et encore des rires, et des cow-boys, et toujours les rires. Ces rires sont là et consacrent le moment, sacralisent l’instant. Elle se laisse prendre au jeu de ces rires, elle s’ensommeille en souriant. Et d’ajoutent au doux rêve une envie de repas, une douce mousse, une blanche de Brugges, un instant de repos, un moment de paix, bercé par les rires de ces enfants. Se laisser aller un mince instant, hériter enfin du repos, garder le plaisir de l’instant, et le consommer en un ultime repos repas.

Mais les angoisses réapparaissent, ressurgissent en un éclair vif, effacent en un instant la présence des rires et des enfants. Où va-t-elle dormir ? Elle ne peut pas rester là, faut partir, loin plus loin, encore plus loin, ici tout est prêt, tout se referme. Elle se redresse, un mot résonne dans sa tête…fuir ! fuir !

Une main se pose rugueuse sur son épaule, et achève là cette fuite éperdue. Et là tout est perdu. Uniforme bleu, un képi. La fin. Liberté tu n’est pas réelle, tu n’est qu’un rêve, une envie, un espoir, et comme telle, tu es encore déçu, tu restes l’étincelle de la flamme que l’ordre établi s’empresse d’éteindre de peur de l’incendie de la vie.

Les menottes. Le camion. La porte qui claque. La violence de l’impact de cette porte renferme en elle toutes ses émotions. Et c’est le masque mort du guerrier qui prend définitivement la place. Le regard sombre et vide. Lui seul, harangueur de la violence et du tourment, vindicatif dans la haine comme dans sa contre action, lui seul est à même de dire la tête haute en arrivant : « Home sweet home », quand il rentre en enfer…

C’est la fin de la cavale…

Pant


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