Pour suite

Assez des chiens saisir la torture. Lécher à leur place ce doux chemin qui mène à la croisée du monde. Mordre à belles dents, les lèvres que l’on ne me tend pas.

Torturer ? Nenni, juste faire rugir les feux du désir.

Vous vous dressez sur les talons, tendant chaque bout de doigt, de pied, de nez vers mon horizon. Ces pics me donnent le chagrin de l’escaladeur, le complexe de l’alpiniste, la hâte du grimpeur.

Vivement demain, que l’on tombe ensemble sur le sol de latex, rebondir ensemble sur les mausolées du destin. Chaque jour, il y aura du temps, jamais plus que jamais moins, et que s’envole les silences dilatoires. L’on se chevauche pour créer un nouveau monde, loin du frein des ondes, loin du frein de ce monde ignoble.

Y a des jours où on préfère crever, et c’est pas encore décembre, l’horizon ne fait pas encore naître ses cendres. Alors on se précipite l’un contre l’autre, avant l’avis de tempête, eh, idiot, c’est nous l’avis de tempête, c’est même nous la tempête.

Les souffles de vos désirs, curieux, s’ouvrant, comme vos jambes, sur le seuil de l’atlantique, je nage au cœur du temps, vers cet horizon créateur/volucompteur.

Torturer ? Nenni, juste faire rugir les feux du désir.

Faire saigner, pour le plaisir de vous baigner, de vous laver, de vous purifier, je sais d’aucuns me vomissent dessus, mais cette douleur est d’abord la mienne, pas plus forte que la perte d’un être cher, que d’un être de chair. Chacun est son otage, et chacun a en lui, un prisonnier enchaîné.
Alors certes je sais qu’il y a des guerres et des sentences. Parfois vous refermez vos jambes, vous me tournez le dos. Ce refus, n’est qu’une autre sorte d’acquiescement en fait, et je ne pleure pas longtemps de peine, la joie est son relais, vous le savez, je voue au cœur de vos reins une idolâtrie pour le moins excentrique.

Que voulez vous savoir ? Je sais que c’est curieux, certains penchent leur visage sur vos seins, mais moi aussi, mais pas que ça. Je sais que c’est étrange, certaines penchent leurs lèvres, langue offerte vers votre fontaine, mais moi aussi, et pas que ça.

Torturer ? Nenni, juste faire rugir les feux du désir.

C’est vous qui avez voulu porter ces chaînes, ne me regardez pas comme ça, le désir est trop fort dans votre regard, certes, mais je ne vous délivrerai pas.

Pant 2004.

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