Réalité. Lorsqu’on avance sur une avenue, lentement, laissant la musique pénétrer doucement le corps, laissant les os résonner aux rythmes languissants des tressautements de la chair. Quelle est donc l’apparence de l’être, est il plus vrai quand il brille dans la lumière, ou est il encore quelque chose quand il est perdu dans l’ombre de la nuit obscure. En fait on retombe sur la question classique : « un bruit dans la forêt, s’il n’y a personne pour l’entendre, est ce encore un bruit ? » l’être par là même dans la pénombre est il encore quand rien ne l’éclaire, quand personne n’est là pour le ressentir ? En l’état Descartes dirait oui, car un être se pense et par là même se crée et est. La création se redéfinit à chaque instant et se perpétue elle-même dans cette action. Est-ce que cela veut dire qu’elle se suffit à elle-même ? Qu’elle récuse l’existence d’un esprit créateur ?

Oralité. Comme un cauchemar séduisant qui accorde sa primeur efficace à l’apparition de cette dangereuse lunaison. Et ce tango qui s’efface, qui nous délaisse, mais jamais complètement, non, il n’abandonne pas, il délaisse, et revient, pénétrant séducteur, accaparant l’être, ne laissant que le paraître sans intérêt. Oralité qui se perpétue dans le cri, tel celui de Munch, cri qui exorcise justement cette causalité d’être.

« Royalité ». Justement, cette musique, légendant les rivières sur mes os, marquant sa cadence sur les rives de ma chair, cette musique, abrite dans ma « royalité » une autre atmosphère. Sur cette avenue là, je cabriole, je roule, je saute en rythme, je suis une roue mystique, qui chante, qui se laisse jouir de l’instant. Et ce qualificatif normatif et néologisme de « royalité » d’où germe-t-il ? Dans l’espace de l’En Sof, il est une ombre royale. Dans cette ombre où la lumière danse depuis les origines, dans cette ombre, la musique y fait corps, et j’en suis sûrement un des instruments de jouissance. Dans cette ombre se cache peut être l’essence d’une autre réalité, une réalisation plus proche de l’être, plus proche du sens premier, une ombre où la lumière se cache en mon linceul, et danse sur ma tombe opaline. Une ombre où mes os sont sucre et miel, et où l’acacia m’est connu, et présenté, à une fête, et où l’acacia y est une dame fabuleuse qui porte en germe le parfum enivrant des plaisirs de l’être réalisé, « royalisé ».

Pant 2004

Cet article a 1 commentaire

  1. « L’En Sof » ? J’aimerais bien être réalisée,royalisé mais je ne suis que vidée, évidée, évidente…Tendres pensées mon ami-frère.

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