1-Départ.Elégie.Coupable

Départ. Cloison qui ferme le col de tes rêves. Tout départ n’est qu’un transfert vers ailleurs et parfois nulle part. Nulle part de nous ne reste, et ce n’est pas ce félin qui se frottant à nous, nous câlinant, et chantant sur tous les modes des miaous « nous étions faits l’un pour l’autre », ce n’est pas ce chat Félix qui fera résonner les olas sur nos cœurs.
Tout s’efface. Les souvenirs se recomposent, se transforment, mais jamais ne se perdent.


Des traits d’encres sculptés par les mots
Des masques de sables aussi hauts que des châteaux
Et des lunes de ciel où il ne manque pas d’eau

Des calanques sauvages où le sel y fait défaut
Des places fugaces qui se déplacent dans un vent faux
Et mes doigts qui se plient en un poing, je suis un idiot.

Les mots, ceux qui se taisent, qu’on ne retrouve pas, que l’on cherche jusqu’à les cerner. Et l’enfer des maux, tous qui nous sentent si concernés, que l’on se terre dans un nuage, au centre de coton. Tout ces mots qui nous maîtrisent et parfois nous recomposent en une étrange parodie malhabile d’une symphonie élastique.

Elégie. Ode étrangère qui perdue dans les mystères du soleil, aveuglée par les ondes chaudes et moirées, apeurée par le ciel et sa lumière féroce, attendrie dans ses chairs par le sol sous ses pas ; se laisse coucher sur le sable, et se livre en trois tomes, à d’amoureuses tentatives, et à quelques écarts langoureux.

Coupable. De s’être laissé prendre aux doux filets de cette Arachné. Coupable. De s’être réveillé nu une nuit de pleine lune, essoufflé par le silence et la pénombre funeste. Aucun bruit, rien que les cistres, et les élytres qui se frottent et se refrottent. Tous nous sommes peints de la moiteur hormonale et des terreurs existentielles. La terreur, cette onde qui glace, qui perce les carcasses, qui éteint le feu et la flamme, ce souffle terrible qui balaie, qui s’engouffre où rien ne parait, où se termine nos écarts et nos délais de pensées, la terreur, celle qui coupe, qui sépare, qui me fait me racornir, presque disparaître. La terreur, cette peur de vivre, ou de ne pas vivre, de ne pas savoir, ni pourquoi, ni comment, ni ce qu’est « être », ni ce qu’est « aimer ». Se limiter à la connaissance du corps, ces tremblements, ces bruits de carcasse, la chair qui tape sur les os, qui s’effritent dans un torrent de larmes. Rien n’existe de sur que ce corps non subtil, matière imparfaite, qui colle comme un gant à mon imperfection céleste.

Pant 2004

2 pensées sur “1-Départ.Elégie.Coupable”

  1. Ah! je me demandais quand tu allais pondre quelque chose…Spleen encore? questionnement toujours? en tout cas j’aime beaucoup, et j’ai pas cherché à analyser, ni psychanalyser, juste se laisser porter par les mots et les images..maintenant attendre la suite. baisers salés Chris

  2. Spleen. je sais plus, je cherche où les mots me mènent. Mais disons que cette première chronique est dédiée principalement à Lisa-Anna, et à sa peine, que je connais un peu, et que je comprends un peu aussi, un peu car moi grand dieu merci je n’ai pas perdu d’amour célébré, juste mes parents, juste, drole de façon de le dire, ça fait mal aussi, oui, aussi, mais rien à mon avis ne vaut en peine et en douleur la mort d’un amant…

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