La poésie pour moi

La poésie. Pour chacun il y a une définition, pour chacun les mots ont un sens personnel. Reste à savoir où je crois me ranger. Car voilà, faut toujours coller une étiquette, autrement, on vous en colle une, et bon c’est pas toujours heureux.

Le Spleen. Notion Baudelairienne parfaite, le Spleen est un reflet du blues qui naît à la même époque en d’autres lieux. Alors pour ceux qui ne comprennent pas la notion de Spleen, c’est à comparer avantageusement au blues. Enfin je pose ici que ce n’est que mon interprétation, somme toute très personnelle.

Alors je suis un poète Spleenien. Voilà quelque chose qui n’est pas original, car le poète par essence est souvent un cristal d’amplification de ses malheurs, de ce qu’il croit ses malheurs, et de ce qu’il extrapole comme malheurs. Le poète Spleenien est un prêtre de la souffrance. Il la cotoie, croit la connaitre, la chante sous toutes ses couleurs ( les différents tons du noir sont innombrables).

Souffrance image d’une rémanence ?

Je ne pense pas. Bien entendu que je ne suis pas ce personnage noir qui si l’on en croit mes textes aurait bien dû se suicider depuis longtemps tellement le malheur est lourd sur son pauvre petit coeur.

Littérature. Même si ça veut pas dire la même chose pour tout le monde, tout cela est fictif le plus souvent. Il ne baigne dans mes mots que d’infimes parts de la réalité. Affreux. Nous voilà donc en train de parler de réalité. Alors que ce concept le poète le récuse, le refuse. Voilà où vous me menez, habiles lecteurs. Je hais la réalité. Autrement je ne serai pas poète. je n’écrirais même pas, je passerais mon temps à la vivre sans hâte, pour en profiter, toute ma petite et belle vie. Mais je suis poète, donc j’assumerai cette mission qui m’a été imposé par le destin.

Incompris. Pourquoi l’analyse stylistique et grammaticale me poursuit elle encore quinze ans après mes études de français. Pourquoi ? Il y a toujours cette frange de gens universitaires pour la plupart qui intellectualise bien souvent malgré eux toute chose. J’ai la chance infime d’avoir échappé à ce carcan depuis longtemps, n’y ayant passé qu’un court instant, et de plus ayant toujours eu plus que du mépris pour ces professeurs qui voulaient à toute force me prouver que l’on pouvait avec une virgule après tel mot, et avant tel autre, qu’on pouvait savoir ce que l’auteur pensait et voulait dire quand il écrivait son texte. Quelle arrogance, quelle suffisance ils ont ces gens. Déjà que je ne me comprends pas plus que ça, imaginer qu’un intrus de l’éducation nationale pourfendra mon coeur et mon esprit sur l’autel de l’explication de texte m’horripile.

Ressentir, se laisser aller. Aimer, ne pas aimer. Voilà tout ce que je veux faire avec mes textes. Je n’ai pas de message, enfin pas de message intelligible, j’ai le message du coeur, et celui là, ne peut être reçu et compris que lorsqu’il y a résonnance. Il n’y a pas d’autre sélection. Il n’y a pas d’autres secrets dans mes textes, que quelques clins d’oeil à des amis, à des proches, à d’autres personnes qui m’ont marqué à un instant.

Voilà, pour moi la poésie, ce n’est que quelques mots que je pose, parce que je ne sais faire que ça. Ce n’est pas toujours heureux, mais ce n’est que ma part d’ombre, ma part d’existence. Alors il n’y a qu’une alternative: vous prenez, ou vous ne prenez pas. Et je ne vous détesterai pas plus pour autant. Le monde est vaste et je n’en suis qu’un grain de sable.

Bien à vous tous qui me lisez. Je ne peux dire qu’avec espoir vous y continuiez. Merci. Merci.

5 réflexions sur « La poésie pour moi »

  1. ce qui me flingue, c’est que des générations de profs ont ainsi dégoutés les enfants de la poésie.
    Et que ces imbéciles qui enseignaient n’avaient souvent aucune sensibilité poétique, le comble.
    Que l’on apprend pas à aimer les grandes oeuvres au fil de l’histoire de l’Art. On apprend une démarche pseudo psychanalytique qui est à chier. Et ne repose que sur des a priori sur l’auteur.

    Aimer, ne pas aimer, c’est naturel, c’est la vie. S’émouvoir, rester sec, c’est normal c’est la vie. Mais analyser l’oeuvre d’un artiste c’est le tromper à chaque fois, le violer.

  2. Oui, tu as raison…je comprends. Maintenant je comprends.Me faut toujours du temps pour avancer. Maintenant je peux me libérer de toutes mes chaines et voler sur les ailes de la musique et des mots..et cesser de chercher à t’analyser ;o)

    chris

  3. « Ses étudiants qui intellectualisent bien souvent malgré eux toute chose » : oui je déteste ces gens qui pourtant ont, un temps, été mes amis (mais je les fuis car leur présence et leus discours m’irritent au plus haut point). Ces gens-là poursuivent indéfiniment leurs études, ils m’énèrvent au plus haut point parce qu’ils ont refusé le néant, qui est pourtant peut-être le début de la vraie vie, de la vraie autonomie.
    Enfin bref, il y aurait beaucoup à dire là-dessus et je me suis arrêté sur ce passage de ta belle conception de la poésie. Bon, je m’en vais lire le reste.
    Merci Pant.

  4. Ceux qui professent dans la littérature sont hélas parfois peu amateurs de poésie, alors oui là comment veux tu qu’ils apprennent à leurs élèves à l’apprécier ?
    si on ne l’apprécie pas comment avoir envie d’aller plus loin ?
    Tu vas t’user à lire tout le site 😉

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