Archives de août, 2004
Absence
Marie :
Blancs, tous blancs, seules leurs formes les distinguent les uns des autres dans la paume d’une main repliée.
Distribution.
Des doigts se serrent et se referment sur eux les privant de lumière. Dans un mouvement ralenti la main se porte aux lèvres, commence alors leur voyage. Ils s’entrechoqueront les uns aux autres en rejoignant une cavité humide dont l’ouverture se fait sans force et en silence.
Résignation.
Une fausse brèche au mutisme leur permettra l’entrée là où aucun mot ne sort plus. Ils s’engouffreront sans mal pour se désagréger libérant leur substance, infiltrant le sang, les sens, l’essence même que l’on croit évaporée dans l’expiration des cris qui ne résonnent plus.
Un petit rond lisse, un ovoide, un autre rectangulaire strié de quatre traits pour mieux le découper, celui là rythme la journée, quatre petits carrés métronome de l’angoisse . C’est le cachet indiquant le temps, une aiguille virtuelle marquant les tristes heures calmement avalées. Ce temps qui file en me laissant derrière, le petit carré blanc m’aide à le rattrapper, course incessante et vaine, j’ai envie de rester là, de le laisser filer, voir défiler ses heures sans qu’elles ne m’emportent plus dans un tourbillon qui m’indiffere …
Fatigue.
Assise derrière la fenêtre, mes cils comme des barreaux fins et droits se tendent sur mes yeux morcelant un paysage flou et brumeux. Je regarde le temps sec et aride jaunir l’herbe et plier leurs brins dans le sens du vent, la course des cumulo-nimbus qu’un oiseau blanc dépasse. Il disparait au loin, il ne reviendra pas.
Le soleil décline derrière les nuages et se couche dans les arbres qui se drapent d’une obscure parure, deviennent des ombres sans corps, leurs silouhettes se découpent à la lumière d’étoiles. Je ne vois plus rien.
Pas de couleurs, pas de pigments dans ces petits cailloux chimiques. Blancs, ils restent blancs comme pour annoncer que la neige a recouvert la terre, qu’il faudra du temps, peut être l’éternité pour qu’un jour le printemps eveille à nouveau la nature morte. Lisses, ils restent lisses pour effacer les traces, faire comme si, oui, comme si rien ne s’était produit.
Programmation.
Amnésie volontaire, on vide, on étripe, on éviscere la pensée hantée de souvenirs. On sèche les larmes et avec elle l’encre noire qui filait sur papier. On musele l’angoisse d’une camisole chimique et éphémère. Demain les mêmes flocons devant les yeux ouverts tomberont lentement dans la main qui se tend.
Absence.
Je ne vois plus rien, mes paupières sont fermées, la nuit a envahi les murs, les draps, la pièce, ma vie comme une vague qui ne connaitra jamais de ressac pour rejoindre son lit. Tout baigne dans l’obscurité, tout, mon corps est endormi, engourdi, mes paupières sont closes. Derrière elles ni rêves, ni cauchemars.
Silence.
Des secondes, des minutes et des heures: du temps. Du temps concentré dans trois petits cachets blancs.
Oubli…
Pant :
Question de sport, encore une pilule,
Une de plus,
Une de plus chère,
Une de plus lourde.
En un sens, rien encore,
Si ce n’est du sens en moins,
De l’essence d’être en plus
Question de réconfort
Gommer le temps, le malaise,
Le courant dans les nerfs,
La précipitation dans les artères
Oh lâchez les chiens, une bonne bière
Oh léchez les bien, une bonne bière et Valium trallalère
L’hiver pour un tranxène
Grande gueule à fermer
S’agiter trop, censuré !
Livide tu t’agites
Grande cause
Sinistre social dans ta chambre
Cynisme local à la chambre du maire
Censuré, avale !
Gommer l’homme, cacher la femme
Ranger la personne pour pas l’abîmer
Des fois, des fois qu’elle serve
Encore
Un jour
Un soir
Une femme dans un pieu
Un rôle à jouer, à simuler
Allez avale, cache toi
Un homme pour une fois
Qui ferme les poings
Sur un cachet
Sur un sachet
Ne veut pas manquer
Pauvre gars, tu es en manque
Alors pas manquer ce qui te manque
Désolant
Avale, cache toi.
Pant 2004
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Chacun de tes baisers est un clou de plus sur mon cercueil
Pant :

Les chants, la pluie, les ondes, eaux fluviales
Douceurs, odeurs, sentences finalistes derrière la fin de tout
Chacun de tes baisers est un clou de plus sur mon cercueil
Les orifices extrêmes dilatés par tes mains sans cesse
Brûleront de mille feux je n’en suis que le voisin
Chacun de tes baisers est un clou de plus sur mon cercueil
Chaque pas que tu fais vers moi est une tâche sur le sol
Et ces gifles des éclairs sur ma peau à cause de toi
Chacun de tes baisers est un clou de plus sur mon cercueil
Les chaînes et la Discipline loin de tout étouffer en nous
Eveillent des bruits somptueux que les larmes subliment
Chacun de tes baisers est un clou de plus sur mon cercueil
Halée de cuir et de peau mat sur noir de suie
J’ai le feu dans le sang cause du grain de cette peau
Chacun de tes baisers est un clou de plus sur mon cercueil
Acérées ces dents que tu pointes dans ma direction
Je préfère sans doute ces seins en pointes sur ma chair
Chacun de tes baisers est un clou de plus sur mon cercueil
Pant 2004 07 29
——–****——–
Nala :
Parce que tu ne me l’as jamais dit en face
Parce que tu préférais médire loin de mon oeil
Parce que tu crois que les mots ça se remplace
Chacune de tes lettres est une tache d’encre à mon recueil
Parce que tu ne m’as jamais aimée comme l’un des tiens
Parce que tu m’as condamnée dans ta tribu à être seule
Parce que tu crois que les chiens valent plus que les humains
Chacun de tes mots doux est une larme qui tache mon linceul
Parce que tu te retournes car tu sens que la fin approche
Parce que, dans ton délire, tu t’es leurrée que je le veuille
Parce que tu as toujours confondu remords et reproches
Chacun de tes baisers est un clou de plus sur mon cercueil
Mais aujourd’hui c’est toi qu’on enterre
Adieu grand-mère …
Nala 2004

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Pour suite
Assez des chiens saisir la torture. Lécher à leur place ce doux chemin qui mène à la croisée du monde. Mordre à belles dents, les lèvres que l’on ne me tend pas.
Torturer ? Nenni, juste faire rugir les feux du désir.
Vous vous dressez sur les talons, tendant chaque bout de doigt, de pied, de nez vers mon horizon. Ces pics me donnent le chagrin de l’escaladeur, le complexe de l’alpiniste, la hâte du grimpeur.
Vivement demain, que l’on tombe ensemble sur le sol de latex, rebondir ensemble sur les mausolées du destin. Chaque jour, il y aura du temps, jamais plus que jamais moins, et que s’envole les silences dilatoires. L’on se chevauche pour créer un nouveau monde, loin du frein des ondes, loin du frein de ce monde ignoble.
Y a des jours où on préfère crever, et c’est pas encore décembre, l’horizon ne fait pas encore naître ses cendres. Alors on se précipite l’un contre l’autre, avant l’avis de tempête, eh, idiot, c’est nous l’avis de tempête, c’est même nous la tempête.
Les souffles de vos désirs, curieux, s’ouvrant, comme vos jambes, sur le seuil de l’atlantique, je nage au cœur du temps, vers cet horizon créateur/volucompteur.
Torturer ? Nenni, juste faire rugir les feux du désir.
Faire saigner, pour le plaisir de vous baigner, de vous laver, de vous purifier, je sais d’aucuns me vomissent dessus, mais cette douleur est d’abord la mienne, pas plus forte que la perte d’un être cher, que d’un être de chair. Chacun est son otage, et chacun a en lui, un prisonnier enchaîné.
Alors certes je sais qu’il y a des guerres et des sentences. Parfois vous refermez vos jambes, vous me tournez le dos. Ce refus, n’est qu’une autre sorte d’acquiescement en fait, et je ne pleure pas longtemps de peine, la joie est son relais, vous le savez, je voue au cœur de vos reins une idolâtrie pour le moins excentrique.
Que voulez vous savoir ? Je sais que c’est curieux, certains penchent leur visage sur vos seins, mais moi aussi, mais pas que ça. Je sais que c’est étrange, certaines penchent leurs lèvres, langue offerte vers votre fontaine, mais moi aussi, et pas que ça.
Torturer ? Nenni, juste faire rugir les feux du désir.
C’est vous qui avez voulu porter ces chaînes, ne me regardez pas comme ça, le désir est trop fort dans votre regard, certes, mais je ne vous délivrerai pas.
Pant 2004.
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Vos gestes me blessent—ReMIX.
Comme réponse au magnifique texte de Lisa Anna, du même titre, mais vu du coté masculin. Mais pour une fois, je reste dépassé par la qualité de son texte, et mes mots sont bien en dessous, mais bon, j’arrive plus à améliorer. Ferai je mieux la prochaine fois ? là, las, la fatigue actuelle ne me permet guère plus.
———————————–
Les draps sont noirs comme la souffrance du monde, et les rumeurs qui sourdent de nos cœurs ne sont que pâles au rapport de cet éternel paradoxe. Harassé, je me dévore dans vos soupçons, me caressant de vos humeurs.
Votre corps est blanc, il est sultan, émir qui se voile comme une fille, non, une sultane, une sati, qui brûle vivante pour son amour. Un seigneur de fer blanc qui brille au levant, qui se pare de rose dans le soleil de l’aube, illustration d’un sommeil lumineux, d’une aura surprise, comme un de ces pochettes d’antan, ces délicieux cornets, de décors et de rubans habillés, et d’un trésor simple dans le cœur. Un anneau, une croix, un cercle d’amie, donnez moi ce cadeau là, ce havre gris pour un cœur gras.
Vos doigts sont gris, presque noirs, teintés d’obscur, ils ont erré sur ma peau lisse, sur ma peau salie de mes tracas, tous noirs charbon, tous sombres et miséreux, tous en attente, pas en détente. Noir de soupirs, oui cela salit, c’est indécent, tous les soupirs se déposent en couches multiples, j’attends de votre bouche et de vos mains, une douceur émerveillante et nettoyante, purifiant l’organe impur de vos talents, de votre amour.
S’il est un cri qui me supporte, c’est un gémissement qui vient soudain, quand je frôle indélicat mais si doucement, cette aine en attente, au havre voisin. Je vous regarde, je vous sustente, je suis une outre d’où coulera le vin, tout renouveau à chaque fois pour notre folle ivresse.
Approche infante, c’est l’innocence que je veux faire disparaître dans ces yeux là, c’est l’arrogance de ces seins dressés, que je veux faire ployer sous mes mains dévoreuses, qui telles les ogres de barbarie, souffrent de si foisonnante faim, qu’elle est sans fin. Folle et folie cette musique qui se précipite dans les flots de mon sang. Que soulèvement d’envie après une autre, je reviens encore et encore, puiser la sève de mon festin.
Approche distante, mathématique, équationnelle, sensationnelle, approche distincte, non à propos, multipliée, non divisée. Logarithmique comme matricielle, ainsi j’approche, c’est un calcul, c’est un segment, un vecteur, une cadence. Vous êtes douceur, non sans douleur, c’est aussi mon désir, qui vous déflore, non sans calcul, je le devine à votre sourire, jamais contraint, jamais atteint, le flot de désir, n’est jamais à subir, « hasta siempre », fier compadre, qui se soumet ? Encore et jamais, encore et à jamais.
Pas un Tango, pas une samba, non, un trémolo dans la voix, un flamenco, whisky soda, cuba libre, combat libre à livrer, pour un coup d’alcool, pour une sueur indécise/imprécise…alors je recommence, au garde à vous petit soldat d’amour, au garde à nous charmante soldate de ces beaux jours…
Ce n’est que vous, pas une autre, même quand je ferme les yeux, dans ma nuit vous êtes là, est ce une présence ? Est-ce une rémanence ? Je ne sais, j’ai tout oublié, enfin je ne sais plus, ai-je oublié mon nom, mes souvenirs ? Non je n’ai plus de non, plus que des acquiescements, des cris subits, altérés, poussés vers l’altérité de mes mains ; ai-je encore perdu mon identité ? Ne sais je plus où poser mes doigts, laissez moi faire, je veux bien faire, je veux surtout recommencer, mais ai-je déjà commencé ? Je ne sais plus, c’est un tourment, c’est ma mémoire qui se fait lasse, c’est mon corps qui prend toute l’énergie de ces instants, non, je ne sais plus, ce n’est pas mon corps, c’est le votre, qui prend mon souffle et me donne soif, si soif, que mon souffle s’enflamme, je le vois bien. Votre peau est sèche sous ma langue, elle me donne encore plus soif, cette chaleur me réconforte mais laissez moi plonger enfin dans l’ivresse de vos liqueurs. Ce souffle de feu, laisse la flamme sur cette femme, laisse le feu dans les recoins, dans les plis et replis. Havre de paix transformé en volcan, le feu, la lave, tout est soudain, mais je les sens vous arriver.
Trop de chaleur, éloigne moi, repousse toi, repousse en moi ce cancrelat, qui avide à l’infini, recherche toute humidité pour en refaire une source où nidifier. Racines, entre tes jambes, je veux semer une autre moitié de nos souvenirs, y renfermer, un peu de nos trésors, un rêve de silence or et noir, une caresse d’ivresse, une délicate et féline envie. Racines, lasse des tiges, tu te fais lianes, te voilà autour de moi, tout autour. Je ne vois plus où sont vos mains, vos dents, vos bouches, non je délire, encore que dans la folie de ces instants, vos bouches sont multiples, car il n’y a pas/plus de temps, pas/plus de tempo, on le recherche, on le reconstruit, on se dévore, on se sustente, on se décorpore, on s’incorpore, nouvelle armée, des « faites l’amour jamais la guerre », faites l’amour c’est une guerre, mais de guerre lasse tout le monde gagne, jamais de vaincus, jamais de vains culs.
Mais vous à l’inverse mon envie ne fait que s’enfler, elle est sortie de moi, elle s’engouffre dans vos Abymes, dans vos limbes, et le vent s’amplifie, c’est la tourmente pas les tourments, pas les affres, pas les détails, encore que le souffle est ce « ruah » qui créateur génère les désirs à chaque instant.
Votre peau est de pêche, de pêche comme le fruit, douceur si enivrante, qui légère à ma main, titille sans fin, ces quelques nerveuses terminaisons, mais, que nenni, je ne veux pas de terminaisons quand il s’agit de vous, je ne veux que des commencements, des temps gelés que l’on se vautrerait à réchauffer, des hivers secs allongés sur le sable, sous la peau de cette lionne que j’ai abattu, avant que vous ne m’abattiez avec ce sourire, ce soupir, cette enivrement foulé dans les poignets de l’indécence. Délit de plaisir, aucun ne dénie ce désir, nue sur le sable, je vous dévore, mes dents sont longues et acérées, elles aiment vos chairs, vos monts et décors, vos rives, et vos rivières, vos torrents et vos fleuves, et dans votre jungle, l’humide saveur se délivre en moiteur, la rive y est douce aussi, mais les parfums ne valent pas la saveur, ils sont au-delà du désirable, du souhaitable, ils sont fleurs bleues, roses et mauves, ils sont porteurs de chaleur et de vanille, de fraîcheur et d’ananas, de feu et d’orange, de glace et de passion…
De pêche comme maritime, vous êtes le cotre, la felouque, et moi allongé sur le pont, je regarde le mat qui se dresse fort et cette voile qui porte le vent et l’indolence, et la violence de la tempête, et cette brise qui se fait mistral, qui se fait tourmente ne m’enlève pas mes sourires, même s’ils se figent, c’est par l’effort. Ce doux effort qui se fait violence pour avancer dans la tempête, qui se fait souffrance et ne pense qu’à cette jouissance à venir. Je vois le but, c’est dans le noir, mais je vois les îles de Lérins, c’est en tendresse, déchirées les cotes se donnent enfin à mes rega rds, c’est délivrance, c’est perte de cadence.
De pêche comme le pêché, pénitente et soumise je vous vois avancer le regard, pénitente et soumise je vous vois baisser les yeux, mais, assez ! Ne regardez pas dans ces lieux là ! Point n’est besoin, fermez les yeux, folle ! laissez vos mains c’est une instance, laissez vos mains faire le silence,et casser le rythme de mon sang, ce sang qui frappe mon instrument, fait s’abattre entre nous, une symphonie en espoir, une ode à l’espoir, une chanson pour recommencer.
Pant 2004-08-28
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Ballons

des bulles
des idées
des couleurs
impressions sans douleur
idées roses
idées mauves
idées bleus et jaunes qui cavalent
qui s’envolent
en un mot
comme en dix mille
symboles de tous les mots d’amour
et des baisers portés par l’air chaud de nos bouches…
Pant 2004.
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4-Réalité.Oralité.Royalité
Réalité. Lorsqu’on avance sur une avenue, lentement, laissant la musique pénétrer doucement le corps, laissant les os résonner aux rythmes languissants des tressautements de la chair. Quelle est donc l’apparence de l’être, est il plus vrai quand il brille dans la lumière, ou est il encore quelque chose quand il est perdu dans l’ombre de la nuit obscure. En fait on retombe sur la question classique : « un bruit dans la forêt, s’il n’y a personne pour l’entendre, est ce encore un bruit ? » l’être par là même dans la pénombre est il encore quand rien ne l’éclaire, quand personne n’est là pour le ressentir ? En l’état Descartes dirait oui, car un être se pense et par là même se crée et est. La création se redéfinit à chaque instant et se perpétue elle-même dans cette action. Est-ce que cela veut dire qu’elle se suffit à elle-même ? Qu’elle récuse l’existence d’un esprit créateur ?
Oralité. Comme un cauchemar séduisant qui accorde sa primeur efficace à l’apparition de cette dangereuse lunaison. Et ce tango qui s’efface, qui nous délaisse, mais jamais complètement, non, il n’abandonne pas, il délaisse, et revient, pénétrant séducteur, accaparant l’être, ne laissant que le paraître sans intérêt. Oralité qui se perpétue dans le cri, tel celui de Munch, cri qui exorcise justement cette causalité d’être.
« Royalité ». Justement, cette musique, légendant les rivières sur mes os, marquant sa cadence sur les rives de ma chair, cette musique, abrite dans ma « royalité » une autre atmosphère. Sur cette avenue là, je cabriole, je roule, je saute en rythme, je suis une roue mystique, qui chante, qui se laisse jouir de l’instant. Et ce qualificatif normatif et néologisme de « royalité » d’où germe-t-il ? Dans l’espace de l’En Sof, il est une ombre royale. Dans cette ombre où la lumière danse depuis les origines, dans cette ombre, la musique y fait corps, et j’en suis sûrement un des instruments de jouissance. Dans cette ombre se cache peut être l’essence d’une autre réalité, une réalisation plus proche de l’être, plus proche du sens premier, une ombre où la lumière se cache en mon linceul, et danse sur ma tombe opaline. Une ombre où mes os sont sucre et miel, et où l’acacia m’est connu, et présenté, à une fête, et où l’acacia y est une dame fabuleuse qui porte en germe le parfum enivrant des plaisirs de l’être réalisé, « royalisé ».
Pant 2004
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Obispo- St pier- Mourir demain
une fois n’est pas coutume, je trouve cet assemblage de voix superbe, et le texte tres bon, et la rythmique excellente.

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Mourir demain
—————————-
Il y a ceux qui prendraient un avion
D’autres qui s’enfermeraient chez eux les yeux fermés
Toi, qu’est-ce que tu ferais ? {x2}
Il y en a qui voudrait revoir la mer
D’autres qui voudraient encore faire l’amour
Une dernière fois
Toi, tu ferais quoi ? … et toi, tu ferais quoi ?
Si on devait mourir demain
Qu’est-ce qu’on ferait de plus,
Qu’est-ce qu’on ferait de moins
Si on devait mourir demain
Moi, je t’aimerai… moi, je t’aimerai
Il y en a qui referaient leur passé
Certains qui voudraient boire et faire la fête
Jusqu’au matin
D’autres qui prieraient… {x2}
Ceux qui s’en fichent et se donneraient du plaisir
Et d’autres qui voudraient encore partir
Avant la fin
Toi, qu’est-ce que tu ferais ? … et toi, qu’est-ce que tu ferais ?
Si on devait mourir demain
Qu’est-ce qu’on ferait de plus
Qu’est-ce qu’on ferait de moins
Si on devait mourir demain
Moi, je t’aimerai… moi, je t’aimerai… Je t’aimerai
Et toi, dis moi, est ce que tu m’aimeras
Jusqu’à demain et tous les jours d’après
Que rien, non rien, ne s’arrêtera jamais
Si on devait mourir demain
Moi, je t’aimerai… moi, je t’aimerai
Est-ce qu’on ferait du mal, du bien
Si on avait jusqu’à demain
Pour vivre tout ce qu’on a rêvé
Si on devait mourir demain
Moi, je t’aimerai… moi, je t’aimerai
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Voyage
J’ai les mains sur le clavier
Et les touches se mettent à danser
Devant mes yeux tout se met à voler
Et les notes sur le papier
comme des souhaits, des envies de décoller
J’ai les mains sur le clavier
Et je cherche encore où se cache les mots
Rien ne tombe sur cet écran
De ce que je frappe à l’instant
Qui donc se permet d’écrire à ma place
Désolant là mes mots pour les rendre idiots
Qui donc est là devant cet écran
Qui habite ce corps enfin
Si je le croyais pas en moi
C’est de rire que je ponctuerai ces vers
Mais même de cela mon clavier ne veut pas disposer
J’ai envie de rire pour une fois
De saisir là les ires de ces baisers
De caresser sans tendresse ta peau tachée
D’encre isolée par l’acidité de mes pensées
J’ai besoin de partir en voyage
De laisser les rêves à un autre
De m’envoler sur ses ailes
De décoder jusqu’à ses lèvres
Un long périple au pays du Tango
J’y retrouverai mes roses
Et les couleurs riches du sang
Pant 2004
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3-Fragilité. Elle approche. Pierre.
Fragilité. Et les ongles qui cassent alors ? même s’ils ne sont pas griffes, ils désespèrent ma peau, et font couler mes larmes. trop de soucis et mes yeux pour parler, alors qu’en fait ils ne savent pas regarder.
Elle approche. Ses mains se tendent. Luz, elle est si belle qu’ici, c’est les étoiles qui tombent, et nos jambes qui tremblent. Mais quand elle veut prendre ma main, j’ai encore les yeux fermés, et je refuse.
Pourquoi? mes yeux ont envie de noir, pas envie de voir, et Luz tu m’es plus qu’un espoir, tu brilles trop. je ne veux pas sêcher mes larmes, juste les regarder couler. La fontaine est à l’intérieur, c’est pour ça mes yeux sont fermés.
Alors ma Luz, je ne veux pas de ta main qui brule, mon destin est sans fin, et mes chagrins sans colères. Retourner toujours le coté chaud, ne garder là que le froid, le coté noir, là où il n’y a pas d’espoir, car sinon ça veut dire qu’il faut être heureux.
Je garderai donc les yeux fermés, je ne veux pas te voir, je ne veux que vivre dans le noir. Les habitudes ne peuvent que me salir, ne peuvent que me souiller, alors je reste figé en attente d’une attitude à trouver, les mots pour tout changer. Mais c’est quoi les mots qui changent ? Luz ? toiler ta lumière et en tisser un suaire, un linceul de soleil pour ma tombe opaline, tu le veux ?
Je ne sais quoi trop rêver,
trop d’espace
je garde les yeux fermés
je ne sais
que dire ici que j’aimerai aimer
je ne sais pas
encore ouvrir mes mots
juste les fenêtres parfois
et laisser les volets tirés
je ne veux pas que Luz
toi ici, tu ouvres en grand
je ne sais ce que je veux cacher
mais mon coeur s’est voilé
je le veux caché pour prier
je ne sais comment démontrer
que la nuit est mon ange gardien
qu’elle cache mes limbes
dans les nuages de ses tenêbres
je ne sais comment expliquer
que je ne veux que trouver ce feu
qui consume toutes mes pensées
prière de ne plus exister
et toi Luz te voilà à mes cotés
alors que l’été tire à sa fin
que l’hiver me montre son chemin
Luz j’ai trop chaud dans tes bras
et je ne peux même pas te regarder…
Pierre. Il est au monde au moins lui, ce monde de pierre, que je ne sais même pas tailler, comme un sourire que faudrait faire émerger, alors que je ne sais que faire émarger des notes de sévices. A toi, Luz, et toi Luz , étoile Luz, princesse du berger, clair pas un coeur à moitié, mais une âme à dévorer avec la mienne.
Pant 2004.
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