Narcisse à découvrir et à lire derechef.

Voilà
C’est clair et définitif, j’ai pris une claque, une vrai de vrai, une qui vous chavire, vous renverse, vous chamboule, vous retourne. Car mon approche est claire, je juge ici l’écriture, le style, les mots, la manière de. Il en est d’autres des faits de vie joliment dit, d’autres aussi interessants dits de manière brute, sans fard, sans style, mais in fine la valeur du témoignage suffit et l’on excuse le manque de style.
toutefois si l’on veut reconnaitre une valeur littéraire au style « je raconte ma vie » moi je suis pour, tous les grands épistoliers du 18ème siècle ne sont que nos premiers bloggeurs. Alors assez de la vindicte des critiques qui refusent le nom de littérature à ces écrits. Ils le sont par force de droit dès que la forme rejoint le fond. Quand le style déclare, et se déclare, les mots et les maux prennent plus de force, frappent encore plus fort, claquent vraiment comme des coups. Et cela rejoint là, les écrits des journalistes les plus farouches, nos plus grands descripteurs du réel. Et rejoint de fait le fameux mot  » ma plume est plus forte que vos poings. » De fait, quand on lit Narcisse on le constate. De fait.

Je me balladais comme assez régulierement sur le site d’une ami Caly :
http://www.hautetfort.com/caly/ pour ne pas la nommer, et apres mes lectures habituelles des derniers posts, je suis un de ses liens , et je tombe sur son site : http://www.hautetfort.com/narcisse/

Lien qui est sur les miens maintenant.

Donc cette écriture est forte, claquante, électrique dans le sens d’un electro choc.

Je vais illustrer mon propos de quelques uns de ses mots, et les commenter bien sur.

« N’en déplaise aux beaux yeux fixés sur l’horizon que l’on veut propre et net je suis devenue quelqu’un à l’arrière d’une voiture, quelqu’un sur un trottoir. je suis simulactrice, je suis menteuse en scène pour hommes désabusés, je réalise ma réalité sans me salir des yeux qui viendront s’y heurter, je n’arrange rien et rien ne m’arrange, c’est ma vie, c’est comme ça, c’est moi, et je n’aurai pas honte pour ceux que je dégoute. Je ne me dégoute plus et ça, ça comme vous aimez le souligner, ça, c’est un pas de reine votre Altesse sur mon grand échiquier! »

C’est du style ça, hein ! les néologismes qui tombent comme le pic a glace dans basic instinct, parfait. Le sens de la formule est là aussi
 » je suis menteuse en scène… » image parfaite qui nait d’un jeu de mot.
La réalité est sordide ? non elle est vive, car celle qui la vit est plus que vive à cette vie. La réalité est pauvre ? non elle est sublime, car celle qui la vit sait la sublimer par son regard et son écriture.

« Qu’importent les regards en coin, ceux de travers lancés sur mes chemins de traverse.Qu’importe les « un peu de dignité ». Qu’importe la vision de beaux yeux attirés par la douleur blanche qui se ferment aussitôt quand le noir sans dimanche envahit l’écran, qu’importe! Qu’importent les saisons! Qu’importe la raison! Qu’importe votre jugement et celui des autres! Si je dois finir seule au dedans, sale dans votre dehors vous pourrez continuer de penser que vous vivez en occultant le gris d’un tableau dégradé vers un blanc auquel on veut tous croire. »

Rien de plus à dire, je me redirai. Les qualités sont les mêmes ici.
Si je continue de citer c’est pour le plaisir.

« Je suis vulgaire? Je suis populaire comme un livre de poche? Je suis mal inspirée? Expulsez moi! je me suis mal exprimée? alors barrez moi comme une phrase à rayer, mais barrez moi bien que je ne sois pas une rature de trop. »

Voilà qui à le trait définitif que l’on souhaite trouver pour une épitaphe. Ne changez rien Narcisse, votre fleur à de la qualité, elle n’est pas que porté sur vous, elle a parfum d’universel. C’est un parfum de femme, une odeur de flamme. A la fois caresse et claque. Car il faut bouger les humeurs parfois autour de soi pour continuer à vivre. il faut savoir secouer les âmes sages. Leur montrer que leur vie n’est qu’une face limitée de la Vie. Que la vie est multiple de 12 000, qu’elle est reflet de l’infini, qu’elle est plus forte, plus puissante dans la douleur et la souffrance, que dans l’innocence evanescente d’une âme simple qui ne vit pas. Car si elle n’a pas le regard et l’action universelle, une âme ne vit pas.

voilà, quelques mots pour montrer que je suis touché, que je suis frappé ( pas seulement dans le sens de fou notez-le), que je voulais là en parler pour ne pas passer comme un simple passant. J’ai voulu marquer le pas, mettre mon pas un instant dans celui de Narcisse. Je ne sais si elle aura apprécié ces mots. Je ne sais, mais il fallait que je les dise.
Pour moi
Pour elle
Pour Elle…

Pant 2004

ps: allez derechef éclater vos carapaces en allant lire son blog.
ce ps à valeur de prescription et ne sera pourtant pas remboursé par la sécurité sociale, mais qui s’en etonnera…

2 pensées sur “Narcisse à découvrir et à lire derechef.”

  1. bonsoir pant

    Touchée je le suis tout au fond de moi, c’est une reconnaissance, c’est un partage, et partager tout ça c’est beaucoup plus que tout. Je suis en larmes, touchée! touchée bien plus que ça! Je n’ai pas envie d’écrire merci ce serait déplacé et bien peu par rapport à mon ressenti, à tout ce qui emerge de moi ce soir. J’ai envie de vous dire…J’ai envie de vous dire tant de choses…qu’il y a des mots parfois, des regards, des secondes dans les yeux des autres qui marquent pour la vie, qui changent toute une vie, je ne vois pas vos yeux à vous, ceux de caly et bien d’autres, mais je ne vous oublierai pas!
    marie

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