A jamais

Elle avait des marques partout, son corps sage n’avaient plus de rêves, et des sentiments rien ne restait que la peur de vivre, et le désir de fuite, c’était sauvage, c’était saudade.

Il courrait depuis des jours apres elle, la coinçait dans des coins de rues, dans des chambres d’hotels, ne la laissait jamais seule en paix, mais toujours pleine de larmes et de coups.

Ah te v’la, coeur qui bat avant chair qui reçoit, dit il dans un demi sourire

Ce chien de salaud l’avait a nouveau coincé.

Elle se plaqua contre le mur de cette petite chambre insalubre, les neons voisins clignotaient dans un rythme sourd comme pour approuver la situation. les images des soirées précedentes petaient dans son crane défoncé par la peur…

Il se colla brutalement contre elle, lui brisant les levres avec un baiser des plus furieux et brutal.

-T’es sur que tu m’aimes pas ? avec tout ce que tu prends, pas un mot ? tu te le caches encore mais nous deux c’est pour la vie, lui cria-t-il dans l’oreille sa joue collé contre la sienne.
Le contact de cette chair honnie était pire encore que tous les coups qu’elle pouvait recevoir, elle en frémissait de honte et de rage mêlée.

D’un geste il arracha son corsage, dévoilant de la sorte un corps palpitant marbré ci et là de marques plus ou moins anciennes.
il prit a pleine mains ses seins et les serra jusqu’a ce qu’elle crie.

-oui, oui, va s’y laisse toi aller, souffla-t-il
absorbant dans sa bouche large un téton qui pointait de souffrance.

la bouche pleine, les mots venaient tout seul :
-tu sais des que je t’ai vu j’ai su qu’on était fait l’un pour l’autre, l’un pour l’autre repeta-t-il.

Soudain, un coup sourd, un corps qui tombe, lui.
Un coup de pied rageur mais froid deplace le corps.

Il était là, regard tendre, toute la compassion d’un homme qui peut aimer par un regard.

-j’avais le droit d’agir, depuis que je vous ai vu dans la rue toute a l’heure j’ai su que j’allais vous aimer, alors j’ai suivi, dit il maladroitement.

Dans la tête d’Anne le tumulte s’etait tu un instant, mais il renaissait avec ces mots;
– ça finira donc jamais, pleura-t-elle, c’est ce que l’autre m’a dit il y a huit jours, alors pourquoi encore, pourquoi ?
se laissant tomber par terre, son corps s’affaisse sans espoir…

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