Archives de juin, 2004

Je suis né ?

Je suis né d’un espoir qui n’est jamais paru
Même pas désiré mais me voilà enfin
Aimer ma destinée aimer mes mains
Aimer mon cœur qui se reprend
Jamais trouvé ma place toujours étranger
Car étrange je mets les mots au service de mes maux
Mais pas question que je ne trouve pas question que je sache enfin à quoi je sers.
Seul sur cette terre mes pas me portent dans des lieux où je me désespère en tout.
Les gens que je croise ne sont que des gens, des étrangers à eux même, étaient ils désirés ?
Et au final ça change quoi ?
J’ai faim, je rêve, j’ai peur, mais sais je aimer ?
J’aime les concepts car peut être que je ne les comprends pas,
on aime toujours un peu plus ce qu’on ne comprend pas.
J’aime les gens, j’aime les femmes, j’aime la force, j’aime le courage que je n’ai pas, que je ne vois nulle part dans les gens que je croise.
Que du dépit, que du répit, que des épreuves de fuites, dès que le problème apparaît ils ferment les yeux. Tu sais, je le sais, nous le savons, mais souffrir n’est pas utile mais on le fait, mourir n’est pas utile mais il le faut, car tout finit dans l’ombre de mon cerveau, inutile toutes les calendes, toutes les histoires que l’on se porte.
Et au final pour quoi tout ça ? Des églises comme des havres de paix, des lieux de partages, des chambres isolées. Je ne vois que gens qui enfin, ainsi, ne prennent plaisir qu’à souiller, qu’à salir les espoirs maigres de ceux qui vivent. Des femmes ? Des hommes ? Des revenants ? Des revenus ?
Je suis né d’un espoir qui n’est jamais apparu
Je me suis fait seul, déterminé par moi-même, inoculé comme un virus à la vie, comme un microbe qui surgit. Je ne suis peut être pas d’entre vous, je suis venu peut être que pour une entrevue.
Mais tout dans cette vie me déçoit, les yeux bleus, les yeux noirs, les sourires qui n’en sont pas, qui ne sont que grimaces, qui ne sont que figurations désertiques d’un masque. J’ai faim mais rien ne me rassasie, j’ai peur mais de quoi ?
je suis né d’un espoir qui n’est jamais paru.
D’un père et d’une mère sûrement mais à quoi me suis préparé ?
les errances, les amitiés, les silences, tout n’est que pâle face à la solitude, l’éternelle solitude. Pas question, pas de questions, pas de sauvage en moi, rien qu’un page qui se retourne, qui se détourne, et qui veut s’en aller, et qui pourtant à les pieds gelés, et qui ne veut vous quitter, même si au fond il le sait bien, rien ne finira bien, avec des esprits si involontaires, si marqués par leurs propres ombres qu’ils ne connaissent que les pauvres lueurs d’un rêve de violence. La confiance ne sera pas plus à leurs cotés qu’aux miens, et je vais laisser là tomber mes mots, j’ai plus rien a dire, la saveur est trop acide ça me brûle trop la bouche, les vapeurs me font tousser, me font cracher, même vomir, et les larmes, les larmes ? je n’ai plus rien que des tremblements jusqu’aux os, ça me rappelle que je ne suis qu’un squelette, un étranger.
Je suis né d’un espoir qui n’est jamais apparu.
Je disparaîtrai purement ainsi d’un désespoir qui lui viendra me chercher. Ça finira mieux que ça a commencé alors, enfin je ne sais pas, je ne sais plus.



Plus un souffle, où sont les étoiles ?

je me souviens de la douceur de ses lèvres
quand je pleure j’ai encore le gout dans les larmes
l’eternité comme unique punition pour mes sens
j’ai refermé les yeux pour retrouver le gout de ses baisers
si demain j’ai encore des lèvres je les poserai sur la glace
afin de marquer là le feu de ce ferme et intense destin
que l’idée surgisse comme unique festin
mais le ciel est encore loin
j’ai retrouvé la faille dans mon chagrin
où est l’essence du temps et de Laura Gorne ?
quand je me passionais pour ses saveurs inédites

je me souviens encore de ses sourires
de ses baisers si longs dites
que l’unique rose image de cette soirée
est encore rouge et manque de souffle
car j’ai les lèvres encore refermées et serrées
comme mes bras enroulés tout autour
de toi l’aigle et le mince et froid autour

au milieu de l’orage il y l’espace pour mes baisers
j’avançais encore dans le vent bleu du matin
toi et moi seuls à moitié
tristes et nus les pavés se sont enflammés
et rechauffent les fruits de nos silences
fines et brunes incandescences
les voyages en dromadaire à l’omble
et pres des flammes
oh montre moi ta lune et mes caresses
sur les déliés de tes doigts somme fugace…

j’ai souvenir de mes rivières et de ses mains mêlées
au milieu des entraves il y aussi les pieds
du poete qui sourit et pleure parfois
mais les mots d’amour tous en beauté
libres délices se sont ce soir bien amadoués
et me voici presque gai enjoué et doué
une foi n’est pas coutume
et me voilà du poete j’ai endossé le costume

Pant 2004



Hors du sage 2

je refais ce texte sur la sagesse
car le premier personne l’a compris
je ne visais que cette pute de sagesse
qui glace les veines et ecarte sous les convenances
toute intrusion des forces de la passion simple
alors tant pis, c’est dommage, y a en qui sont parties
et qui ont pas compris
mais bon je n’ai pas d’excuse a faire
je n’en ferai plus
quand ceux qui comprendront comprendront enfin
que je ne suis pas un sage et que je dis aussi n’importe quoi
sans pensée derriere, et surtout que quand je veux ”la peau de quelqu’un”
c’est fait en direct live, en face a face et pas dans des nuances inutiles et
artistiques.

j’espere qu’aucune ambiguité ne subsistera sur ce texte.
ou c’est à desespérer…

macher les ombres et recracher
les sucs les chairs les remacher
je vomis sur toi tendresse
je crache sur toi sagesse

regarder immobile et tolerant ces deux là se battre
je vomis sur toi tendresse
je crache sur toi sagesse
maintenant je peux courir les séparer
et aussi frapper le plus méchant ou les deux

vouloir ne plus seulement aimer de loin
mais toucher ces seins et mordre ces lèvres si lourdes ourlées
je vomis sur toi tendresse
je crache sur toi sagesse
baiser pour baiser enfin
jouir pour soi enfin et rejoindre là ces frissons

ne plus user de ces mots d’usage
car ici c’est enfin hors du sage
je vomis sur toi tendresse
je crache sur toi sagesse
cracher, pisser enfin oser le faire et le dire
au devant de vos yeux d’enfants immobiles



Retrouver ma vie 2

retrouver l’impression d’être
comprendre aussi le regard de la nuit
suivre les enfants pour se perdre dans leurs jeux
construire des chateaux de sables pour les amoureux

une jonquille a cueillir et à tendre à ces doux yeux
elle agite ensuite d’un mouvement ses cheveux
bruns comme la nuit, ils me cachent le ciel
et je suis heureux, leur parfum est délicat et sensuel
du miel de la vanille et du lys
et je tombe enfin dans l’océan des délices
plaisirs simple
d’un homme hors du sage



Retrouver ma vie

Retrouver les mots qui comblaient mes nuits
Mes rêves l’enfer de la survie unique chance de ma vie
Quelques lambeaux de pluie et des haines
Quelques morceaux de chairs et de sourires
Quelques soupirs et aussi les mêmes souffles que mes nuits

J’ai tout oublié de ma vie passée
En une journée tout s’est enfui
Où est ma vie ? Mes rêves mes amis ?
Me reste que la nuit funeste mais tranquille car si vide
Je suis maintenant si seul que mon cœur est avide

Plus rien ne reste après cet accident
Qu’un corps vide et plein de bruit
Mais aucun homme derrière qui reconnaît
Les sons qui en surgit parfois
Je sens quand même quelquefois

Dans ces lambeaux mes songes déconstruits
Quelques images qui subviennent et frappent
Le décor démonté laissé là, cette scène qui a accueilli
A la fois mes amis et mes amours, mes tremblements et mes fureurs
Quelques images aussi animées que l’ombre qui se cache derrière
J’ai vu une fois son sourire, j’ai senti aussi cette fois là son parfum
Presque eu la mémoire de son corps mais tout s’est enfui à nouveau
Tout disparaît soudain qu’il ne reste plus rien
Q’un souvenir de souvenir d’un souvenir
Somewhere somewhere in summertime
Mais dans ces instants je pleure
Car je me souviens qu’il me reste ça : mes larmes.

Pant 2004-03-29



La semelle des mes pauvres idées…

La semelle de mes pauvres idées s’efface sous la peine
Acérée maîtresse aux yeux si bleus et au port de reine
Là comme je marche l’espoir en vous s’espace
Et de mes lèvres s’échappe un doux cri comme un spasme

La route chante sous mes pas comme je me tais
Sur ce silence je reconstruis mes paumes usées
La tête qui cogne sur le sol long et gelé
Sur cette plaine je ne veux plus saigner
Le fleuve rouge sombre encore au-delà
S’ingère en lui-même et disparaît
Pas de restes pas d’ombres que des souffrances ignorées

Qui fait couler mon cœur en peu de maux ?
En un fado sensible et si beau
Lhasa de ta bouche éclate la chair et la peau
Pour laisser apparaître l’homme nouveau
Mouiller les yeux les lèvres et l’ombre de tes mots

Mon cœur n’a pas assez
De laine pour se réchauffer
Sécher la peine et l’étoffe sereine
Maintenant taché d’ocre et de pourpre chaud

Bien au revoir bien au repos bien en semaine
Les flots dans l’Espagne se promènent dans la cité
Citer mes mots en traîne cette douce félicitée

Qui fait couler mon cœur en peu de maux ?
En un fado sensible et si beau
Lhasa de ta bouche éclate la chair et la peau
Pour laisser apparaître l’homme nouveau
Mouiller les yeux les lèvres et l’ombre de tes mots

Comme un esclave je pleure sous l’horizon
Pour ma souffrance qui n’en finit pas
Par pure mélancolie je m’y repose, je m’y soumets
En quel honneur, en quel sourire, je me sens si sale
Si faible si pauvre isolé dans mes mains quelques mots à frapper

Sur un clavier sur une table
Sur mon visage que j’aperçois
Dans la glace le matin pale
Encore du sang qui coule, et du malheur en trop
Miroir brisé pour la rime sèche mon sang sirop
Si épais qu’il colle aux bords de ton décolleté

Bien au revoir bien au repos bien en semaine
Les flots dans l’Espagne se promènent dans la cité
Citer mes mots en traîne cette douce félicitée

Qui fait couler mon cœur en peu de maux ?
En un fado sensible et si beau
Lhasa de ta bouche éclate la chair et la peau
Pour laisser apparaître l’homme nouveau
Mouiller les yeux les lèvres et l’ombre de tes mots
De ces larmes si belles qu’elles ont la forme des lys
En nombre délices qui éclairent l’ombre à nouveau

[…]

Pant 2004-03-28



Gravité 2++

A chaque fois vomir un peu plus
Rejeter jusqu’au sombre gout du plaisir
Lire ceci me rendra enfin idiot
Plus le dégout de perdre un instant
Saccager encore ces pseudo crises
Ces détresses incantatoires et décues
Sacrilège hivers qui s’abaisse si bas
Lourds les mots les suites les odeurs de l’ivresse
Et le fumet de ta chair moite et musquée
Seule liqueur que ma langue ivre veut lêcher…

**

Briser là, cette vitre, découper au tesson
Les veines bleues pliées dans l’ombre
Regarder Couler la vie ignoble salissure
Pour du rouge couleur en faire peinture
Une proie pour l’ombre
Un désir d’un ciel noir immonde
Faire des flutes avec tes os
Une danse macabre ensuite
Se laisser porter
Funeste assemblée
Une suite endiablée
Sexe à demeure raidi à ta mesure
Franchissant athlete ce rubis con
S’enfonçant altier sans illusion
Dans la moiteur musquée
Aveuglé par des désirs et surtout pas par des sentiments
Qu’il à laissé dehors, là y a que sa queue qui trime
Ne reste qu’une certaine odeur de crime
Des muscles déchirés, des lambeaux de péchés…

**

Ivresse incantatoire
Par les mots illusoires
Se laisser porter sans jamais rire
Dans l’ivresse et vers le pire
Rien n’est sans raison
Sauf mon coeur et ses illusions

**

Con vain moi Loana ?
Ta colère n’a pas le gout du subtil mépris
Bien timide cette diatribe
Je te vomis
Mérite que mon pieu dans ce rubis con
Jamais de sentiments pour une image unique et délavée
Qui n’est rêelle au fond que sur un écran ou du papier



Gravité

Toujours renaître plus beau
De peur de pas retrouver les mots
Ceux qui nous rendent nouveaux
Claquer ses mains dans la misère
Et laisser filer la merde qui coule de tes paupières
Lécher le sel ivre et le miel ainsi iodé de l’ombre de tes sourcils
Des perles des maux des tristesses des tresses des rêves comme on porte ses cheveux

You are a natural disaster

Frapper les touches l’une après l’autre et jamais se satisfaire des masques de la tendresse criminelle et insatisfaite
Les ombres ont gentillesses largesses et odeurs émérites calcinées de lin bleu
Et amères et âpres enfin de tout feux
Comme une seule inspiration futile comme un seul au monde immonde transfert

Convainc moi Loana tes larmes vont me faire crever de rire c’est pire
Réalité ou odoralité, ou odeurs alités, ou saveurs inexistantes car inexcitantes
Fil de fer souffert larmes amères enfer lumière brûler fermer les yeux plus de paupières
Convainc moi Loana tes larmes n’ont aucune saveur aucun espoir de résilience même nauséabonde

Convainc moi Loana c’est pas tes seins qui vont parler à ta place
Ton cul qui va prier ton audace,
Ta vie qui va creuser les rides dans la glace

Aucune raison qu’une femme se penche à ce balcon de mes idées
Aucune raison qu’elle sèche mes yeux et aimes le goût de mes larmes
Aucune bonne raison autre que celles que je pose sur l’ombre
Innocentées à Londres elles pleurent aussi sur moi parfois

Alors que suffit le ciel à la moindre gamine qui rêve de l’homme sans savoir
Le goût du désespoir, du moindre coût des regards du moindre poids des âmes
Alors à quoi rime les mots du poète une fois de plus une fois de plus
Trois fois trop rien il n’a aucun droit aucune cité aucune reconnaissance
Rien que l’inconscience des rêves et des mots la suffisance savoir aussi poser les mots qui tremblent dans le vent dans le ciel et retombent sans patience sur le sable mouillé de vos désirs nocturnes…

Y a pas d’échange pas d’utilisation pas de remise à nouveau
Pas d’histoire qui commence y a que de la souffrance
Une lumière qui baisse qui baisse les yeux
Et ferme les volets les yeux bleus langoureux

Plus rêver juste courir s’enfuir c’est pire
Crever les ballons les masques les furoncles les illusions
Gagner l’immonde le monde qui ronge le regard bleu des enfants

Pas regretter, pas regretter
Les bombes qui soufflent le feu dans ma gorge
Je fume je m’éclate je pète je rage
Pas un rêve une course une saga une pyramide mausolée idiote

Allez j’arrête là, plus la force de classer les armes, de les huiler
J’ai tout remonté, plus de tendresses à déposer, lubrifiant humide de rosée
Plus utile, hors service, or sévices… compris ?

Pant 2004-03-25



Tunique

mâcher les mots
et les ombres pleurer
tendre la corde
et me regarder tomber

le sol vient à mes pieds
unique habileté

écraser les corps sous la souffrance
et attendre les yeux levés vers le ciel
l’éternité en délivrance

rasoirs et lames en haine
lancer les larmes pour tout faire rouiller
les murs enfin s’écraser
les femmes regarder danser

la musique pour certains interdite
minables humains
voilez vous la face
cachez vous la peine
ignorance est votre vertu
celle du macareux couvert de glèbe

si geler le ciel cause la mort du peroquet
les larmes aussi
tout reste ok
les os pour le roquet

brume en carosse
pompe le coeur de la violence
évacuer là le sang qui coule
tarir là la rivière qui mène à Aqaba
ne pas en salir les ruines fameuses
et repenser aux couleurs roses des sables

Pant.2004.3.4