Poète

 » Un prêtre du songe qui rêve dans un entre songe
Un silence entier qui tremble dans ses mains nouées
Comme nos illusions sont belles
Un prince vêtu de soie grège
Qui court enflammé sous la lune
Et dès que le soleil paraît
Soie n’est plus que linceul sombre d’éternité
Ainsi vont nos mains
Ainsi se passent les mondes
Tu es riche le matin
Les silences sont pleins de ta musique
Nos roses resplendissent
Pleines de sang vermeil et de vie éternelle
Tu es pauvre enfin
Quand la blancheur est ton ennemi
Et que trop de lumière te fait trembler « 

La poésie est un vaste monde et se crée dans les multiples des multiples
Cent et mille c’est vaste pour nos pauvres cœurs
Mais au regard de l’infini que représente-t-elle ?
Cherchons ensemble la parole perdue
Cette part seule de divinité qui s’enraye
Dans nos raisons qui s’ennuient.
Et moi je pars alors en Queste de Monde
En recherche en moi-même
En fuite en delà
Voulant voir jusqu’à l’en deçà
Prendre la plume quand tu pleures
Afin que tes larmes ne soient pas inutiles
Prendre l’espoir en grippe
Quand je te vois en  » des-errances  »
Tout ça c’est vain si je laissais seulement ces mots là
Il faut entendre au-delà
Le son des maux dits mots

Malenconfort est le maître mot
Ici mon rasoir d’Occam
Mon épée de Dramocles
Au regard des âmes qui s’en décomposent
Au retour du monde en delà
Seules les épines de ma vie ont de la valeur
Seuls les interminables tarissements du réel me parlent
En quelques vains mots ces  » écrits-vains  » ne feront régner au large
Que paresse désèchée
L’intarissable saucissonnage du réel me conduit parfois dans des audaces rêvées
Les roses de mes jardins ne sont que de pâles reflets de mes souffrances-errances
Et ces épines ne font pas que me déchirer les chairs
L’esprit aussi est en jeu
Le perdre est l’inconséquence, le garder est l’autre versant d’un même masque
Nos devenirs peuvent se trahir et chacun ne rêvera alors plus qu’à de pauvres non-songes
Nos roses peuvent se flétrir et nos cœurs ne plus rien ressentir
C’est un risque mais le chevalier qui sommeille dans nos mots et qui parfois en émerge
Est un homme solide
Et il peut supporter beaucoup, s’il reste convaincu que le combat reste à nous
Et que la Parole enfin un jour sera retrouvée
Et que les mots seront alors enfin la création ultime, le Verbe, le souffle, et que ces mots feront s’envoler dans le néant les maux, et qu’enfin régnera lumière, enfance, et douceur, et que nature ne soit plus alors que roses rouges du désir unique de vie.

Voilà comment je vois ma mission. Mais quelle prétention au fond !

Mes mots ne servent qu’à faire rêver les cœurs, et à faire pâlir les larmes et les méchants

Et c’est déjà beaucoup.

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