Non désiré

Une vie, rien demandé, mais voilà l’enfant qui crie
Les années, les cris, l’alcool, les colères, les larmes
L’éveil des sens, l’éveil des pensées
Et encore la colère qui brise et les cris qui montent

Tant de fois je me suis soustrait à moi-même
Pour ne pas ajouter toute cette haine,
Cette violence dans mon sang
Qui aurait détruit aussi vite cet enfant

Mais enfant qu’est ce ? Ainsi des colères subies
Ainsi des vapeurs de haines entourés
Je suis tombé dans le roman noir a cinq ans
Tombé en chance dans l’imaginaire
Dans l’horreur écrite où se cache parfois des héros
Dans l’horreur écrite tout cesse quand on ferme les yeux
Quand on ferme le livre
Alors je suis resté dans les livres jusqu’au bout
Planqué derrière mes barricades
Toujours plus hautes, toujours plus hautes
Pourtant une fois, deux fois, mille fois
Encore vaincu je me retrouve au milieu des combats
Même pas un enjeu, plutôt la raison quelque part
La raison de la haine déclarée
Même si on aime son fils c’est peut être parce qu’on doit l’aimer
Froidement même si les soins sont de qualités
Infirmière plus que mère
Père agressé de jour en jour, se cache dans l’ivresse, tout au fond
Et voilà le décor planté, et voilà tous les maux qui se sont plantés dans mon cœur
L’enjeu, le prétexte, la raison de la guerre
Et voilà les rives de l’enfer
Quelques accalmies quelques trêves
Mais elles ne furent que brèves
Et l’éternelle lutte du pot de terre contre le pot de fer
Mais moi ce pot de terre je l’ai recuit aux feux de mes désirs
De mes colères, de mes désirs, de mes passions.
Terre est devenue pierre, pierre est devenu roc
Et là douze ans période néfaste me voilà mal
Cadenassé dans mon cœur, dans mon corps, dans ma tête
Tout était prêt d’éclater tout allait casser
Les rêves éveillés où je disparaissais rétréci en une unique boule moléculaire
Les battements de cœur qui s’affolaient qui faisaient trembler toute structure
Alors comme une boutade offerte par un camarade, comme une plaisanterie
Les mots viennent en renfort, et je commence à composer des bluettes, des pastiches
Des farces qui petit à petit deviennent force et obscurité
Qui commencent à purger mon âme et mon sang
Je commence à aimer le noir
Noir mon ami qui réchauffe mon cœur et étouffe la douleur
Cette soupape enfin crée je me permets de revivre un peu
Le trop plein peut s’évacuer et je peux rester humain
Enfin si je l’ai jamais été
Mais enfant ça non je ne connais pas, que dans mon regard sur les autres
Que dans mon regard sur mon fils
Voilà je vais arrêter là cette fois
C’est déjà assez perso, assez clair, assez lourd
Et si cela sort c’est qu’aujourd’hui c’est le dégoût qui m’anime
Le dégoût des gens, la perte de confiance, le retour en arrière sur cette enfance
Où je ne pouvais pas faire confiance, ou je ne pouvais pas aimer
Car les gens se haïssent, se testent, se détestent
Et moi j’ai mal, j’ai mal au cœur, j’ai mal en cette âme
Que j’ai eu du mal à construire
Et mon travail sur le net est une part de cette âme
Que l’on s’acharne à salir, à détruire.
Alors prenez plutôt un sabre, un couteau, une hache
Et que ça soit définitif ça fera moins mal…

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