La semelle des mes pauvres idées…

La semelle de mes pauvres idées s’efface sous la peine
Acérée maîtresse aux yeux si bleus et au port de reine
Là comme je marche l’espoir en vous s’espace
Et de mes lèvres s’échappe un doux cri comme un spasme

La route chante sous mes pas comme je me tais
Sur ce silence je reconstruis mes paumes usées
La tête qui cogne sur le sol long et gelé
Sur cette plaine je ne veux plus saigner
Le fleuve rouge sombre encore au-delà
S’ingère en lui-même et disparaît
Pas de restes pas d’ombres que des souffrances ignorées

Qui fait couler mon cœur en peu de maux ?
En un fado sensible et si beau
Lhasa de ta bouche éclate la chair et la peau
Pour laisser apparaître l’homme nouveau
Mouiller les yeux les lèvres et l’ombre de tes mots

Mon cœur n’a pas assez
De laine pour se réchauffer
Sécher la peine et l’étoffe sereine
Maintenant taché d’ocre et de pourpre chaud

Bien au revoir bien au repos bien en semaine
Les flots dans l’Espagne se promènent dans la cité
Citer mes mots en traîne cette douce félicitée

Qui fait couler mon cœur en peu de maux ?
En un fado sensible et si beau
Lhasa de ta bouche éclate la chair et la peau
Pour laisser apparaître l’homme nouveau
Mouiller les yeux les lèvres et l’ombre de tes mots

Comme un esclave je pleure sous l’horizon
Pour ma souffrance qui n’en finit pas
Par pure mélancolie je m’y repose, je m’y soumets
En quel honneur, en quel sourire, je me sens si sale
Si faible si pauvre isolé dans mes mains quelques mots à frapper

Sur un clavier sur une table
Sur mon visage que j’aperçois
Dans la glace le matin pale
Encore du sang qui coule, et du malheur en trop
Miroir brisé pour la rime sèche mon sang sirop
Si épais qu’il colle aux bords de ton décolleté

Bien au revoir bien au repos bien en semaine
Les flots dans l’Espagne se promènent dans la cité
Citer mes mots en traîne cette douce félicitée

Qui fait couler mon cœur en peu de maux ?
En un fado sensible et si beau
Lhasa de ta bouche éclate la chair et la peau
Pour laisser apparaître l’homme nouveau
Mouiller les yeux les lèvres et l’ombre de tes mots
De ces larmes si belles qu’elles ont la forme des lys
En nombre délices qui éclairent l’ombre à nouveau

[…]

Pant 2004-03-28

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