La peur eiffel

L’escalier dans sa démarche vagabonde me promène dans cette nuit insane
Les mots sont si lents dans ma tête que le temps pète
Alors je regarde si fort vers l’infini que j’aperçois la nuit, ma nuit
Traverser les ombres molles et boire jusqu’à plus soif les fruits du désir
Perdre le fil du hasard et remonter la dignité vers le soir
Comme coucher la lune en soie dans ma main
L’œil dans le vague tout divague
Le charme infini d’une Romy ou d’une perverse Marilyn
Ce n’est que moi qui surgis dans le terrain vague de mes soucis
Persiste insigne les yeux levés vers Estelle
Ensemble on est comme qui dirait presque fous
Et les cauchemars dorés à l’or fin on avance au plus loin
Pour arriver jusqu’au bout de nos fantasmes

Les petites filles pas de chances les lumières sont éteintes
Et l’heure de rêver se manifeste par la révolution qui passe au maquis
Compagnons les murs de la résistance infime à vos désirs
Les murailles saumâtres de la lune infestée de nos souhaits
Et les visqueuses comparaisons iniques de ces intelligences malversées
Tout se traine à vos pieds au pas cadencé au pas de sourire au pas de raison.

J’attends le crash, le mausolée ouvert, le musée des ardeurs foraines
Des muqueuses parfumées de ces dames regarder couler les fontaines
J’ai bien appris ma leçon je deviens un vieux con pervers et odieux

Alors belle dame vous ne souriez plus je vous vois frémir
Pas de froid je le sais entre nous mais de ce feu obscur vous ne voulez
M’enfoncer dans la nuit à défaut de votre puit je m’en contenterai
Sans avoir regarder j’ai vu le dégoût sur votre bouche
Sans avoir fini je me soigne à tout rire
Offrant sans vergogne mes sourires aux passants

Je voudrai pas mourir sans salir tout mes péchés
Les brunir de toute cette merde qui couvre le monde
Et fait se gausser ces anges aux ailes noires de crasse immonde
Et moi alors ?
Je vois le sang qui coule de vos lèvres
Bâtir la rose de chair de votre souffle encore
Toujours gonfler jusqu’à la lie la matière si orgastique
Ne jamais rien laisser ternir l’arrivée de la jouissance
Et après tu me parles de confiance et de ces couleurs mauves ou roses

Corsage ivoire couleur d’espoir
Il est trop tard les masques et les fards
Vous porter jusqu’à ma bouche c’est louche
Rester seul plonger en apnée dans les hivers vifs si vifs
Que le goût se glace dans notre éternité solitaire
Comme toi j’ai droit de survivre à cet empire
Et m’étendre sur le grill comme ça
Me perdre les yeux dans le clair matin
Gâché par les ivresses en bas latin
Tu n’auras qu’un avant goût du pire de mes sourires
Des mots qui veulent rien dire
Poser là sur le glas de mes désirs laissés seuls pour les voir mourir mourir
Comme ça par regret par sadisme odieux tu n’auras qu’un avant goût
Prospère idée du matin grave et regarde tourner toute cette rythmique qui naît soudain
De mes refrains comme un nouveau goût de larmes acidulées et recouverts de toute la haine du ciel …

Pant 5-3-2004

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