GRIPPE OU REVE FANTASQUE

D’un songe d’un mensonge c’est un rêve entrevu
C’est trop simple ce monde qui me violente
Les arbres ont le regard d’un triste hasard
Les roses ont perdu comme leur âme de tant de regard

C’est pas un rêve c’est un système où les mots me cachent
C’est pas un songe ni un mensonge c’est un moyeu de la nuit où je cours

Les ombres sont belles au dedans, et les princes des futaies
Ont trouvé leur paix dans le sable
Tant de mensonge et leurs pieds sur la table
Tant de chansons, de lais, d’odes lancées au diable du vent
Qui souffle dans les déserts de l’ennui

C’est pas un rêve c’est un système où les mots me cachent
C’est pas un songe ni un mensonge c’est un moyeu de la nuit où je cours

Les elfes sont tombés sur moi caché dans un grand arbre creux
Mes jambes à demi emmêlées deux chaussons rouges dépassaient
Autour d’un feu ils m’ont invités à dîner d’un ragoût, de pain bis

C’est pas un rêve c’est un système où les mots me cachent
C’est pas un songe ni un mensonge c’est un moyeu de la nuit où je cours

Si c’était la nuit des ombres ont fleuris ,
Si c’était des ombres que ma nuit à mûri
Si c’était la suite de ma fièvre et d’envie
Si c’était ainsi que je me vois dans la peur de la nuit

C’est pas un rêve c’est un système où les mots me cachent
C’est pas un songe ni un mensonge c’est un moyeu de la nuit où je cours

Primitive c’est ma peur qui court dans mes veines
Primitive c’est l’équation de mon sang qui m’achève
Primitive au dedans de ma chair qui m’enchaîne
Primitive est l’action au dedans de mes fièvres

C’est pas un rêve c’est un système où les mots me cachent
C’est pas un songe ni un mensonge c’est un moyeu de la nuit où je cours

Grippe dans le vent qui me traîne
Grippe dans le temps, dans mon sang, dans ma chair en sursis
Grippe dans mes espoirs définitifs et affleurés par les larmes
Grippe dans mes mots qui me viennent sans suite sans esprit
Sans hargne mais aussi sans estime

C’est pas un rêve c’est un système où les mots me cachent
C’est pas un songe ni un mensonge c’est un moyeu de la nuit où je cours

Fièvre des motions de l’esprit
Fièvre de cet avenir qui s’enfuie
Fièvre de ce feu dans ma peau qui brûle mes maux mes délires
Fièvre qui brûle mes larmes les aspire
Fièvre qui saoule ma chair et exprime les onces d’or pur
Ces méchancetés de mes charmes

C’est pas un rêve c’est un système où les mots me cachent
C’est pas un songe ni un mensonge c’est un moyeu de la nuit où je cours

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