test-amant

Je regarde le soleil chauffer ma plume
Me noyant ainsi dans la douce chaleur
Du printemps
Mais j’écris noir
Le feu me brûle les os
A l’aube de ma vie il ne me reste plus rien
L’amour du père je ne l’ai jamais vraiment rencontré
Que dans les livres
D’ailleurs ces pères là me brûlent l’âme à rebours
Un jour ce que je croyais avoir enfin trouvé
Dans cet homme tranquille mais faible
Je le vois disparaître dans la raideur corpusculaire
De la mort
Chagrin, larmes. Non. ça ne se passe pas ainsi
Car mon élément à moi c’est le feu
L’incendie perpétuel allumé comme un rien
Par ma conscience pyromane
Pourtant il ne faut pas croire que je ne pleure jamais
C’est trop injuste
Je suis l’éternel réceptacle de ces larmes
Que je me verse
Horloge démente dont le balancier se constitue
De sentiments amers et déchirants
Plongé ainsi dans cette atmosphère de ma fin
J’en viens à considérer doucement la mort
Car comme tout un chacun
Je la choie, la conserve amoureusement aux tréfonds de mon âme
Donc haïssant ce que je me représente
Je ne pouvais plus croire en l’amour avec un grand A
Je n’y croyais pas. Maintenant non plus d’ailleurs

Mais j’aurais tant aimé pouvoir TEST-AMANTER.
 » Ci-gît me déclarant à haute et amère voix
Saint de corps et d’esprit
Et agissant hors de toutes contraintes
D’ordre matérielles, immatérielles et diverses
Je lègue à celle que j’aurais pu vraiment
Et très facilement aimer jusqu’à n’en plus jamais souffrir,
Mon assortiment complet de masques de circonstances,
Gaieté froide, pardon inconditionnel,
Tristesse infinie, mort à demie, rieur à tout jamais,
Mort de rire, et autres délires désespérés.
J’espère que tu sauras trouver le vrai
Celui que je n’ai pas eu le temps de te montrer,
Je lègue à celle qui ne s’est jamais laissé aimer
Tous les dons qui me restent,
Et qui étaient déjà pour elle de toute façon,
Tous les mystères d’amour que j’aurais pu crier,
Et tout mes souvenirs enivrants de ton visage
Souriant à mes blagues amoureuses
Je lègue à celle … qui sera toujours la même
Bercée dans son éternelle solitude par les mêmes rêves déments que moi
Toute ma collection de mots d’esprit,
Toute mon œuvre sur les mots d’amour
Inédits car refusés,
Et toutes mes larmes dessinées, qui concernent à elles seules
Les doux moments qui m’ont tant fait mal.  »

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